IMPÔTS : LE COURRIER MENSONGER D’ÉRIC PIOLLE AUX GRENOBLOIS

De nombreux Grenoblois nous ont fait parvenir le courrier reçu de la part d’Eric Piolle dans leur boîte aux lettres ces derniers jours, alors que les avis d’imposition de taxe foncière arrivent également.

PROPAGANDE SUR ARGENT PUBLIC

Ce courrier signé du Maire a vocation à défendre sa hausse d’impôts astronomique, largement décriée. Une distribution massive d’un document de propagande avec l’argent de la ville : cette dépense a de quoi courroucer encore davantage les contribuables.

Un nouveau courrier de la honte signé Eric Piolle.

ÉCONOMIES D’ÉNERGIE : LA MAIGREUR DU BILAN

La missive commence par vanter le fait que la ville a réalisé « jusqu'à 20 % » d'économies sur le chauffage des bâtiments publics cet hiver. On se rappelle effectivement du « plan de frugalité » mis en place, qui avait conduit les Grenoblois a supporter des températures descendant jusqu’à 9 degrés dans des gymnases en plein mois de décembre. Pas de quoi changer drastiquement la donne alors que la baisse massive de la consommation énergétique des bâtiments de la ville a démarré bien avant l’arrivée de Piolle aux commandes.

LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE A BON DOS

On retrouve ensuite la sempiternelle fable selon laquelle la majorité municipale augmenterait les impôts pour « aller plus loin pour le climat, la biodiversité et la solidarité ». L’argument mensonger matraqué depuis des mois pour endormir les Grenoblois qui ne se pencheraient pas trop sur les raisons de la hausse : c’est toujours plus vendeur que d’assumer que l’augmentation vise à équilibrer un budget catastrophique.

LE REJET DE LA FAUTE SUR LES ENTREPRISES ET L’ÉTAT…

Fidèle à sa stratégie de déresponsabilisation permanente, le Maire trouve le moyen de rejeter la faute de sa décision sur… les grandes entreprises qui ne seraient pas assez taxées et le gouvernement qui ne financerait pas assez les territoires ! « C’est pas moi c’est les autres » : quel que soit le sujet, Éric Piolle souffre d’une incapacité presque pathologique à assumer ses torts. Cette décision est pourtant bien l’unique fruit de sa mauvaise gestion des finances de la ville depuis près de 10 ans.

TAXE D’HABITATION : LA TARTUFFERIE

Dans la même veine, il fustige encore le gouvernement en expliquant qu’il n’a pas d’autre choix que de toucher à la taxe foncière puisque la taxe d’habitation a été supprimée. Formidable explication qui révèle bien la tartufferie du personnage : en parallèle, il ne cesse de s’abriter derrière cette suppression en expliquant qu’elle compenserait la hausse de la taxe foncière qu’il a décidé !

Le simulateur municipal de taxe foncière insiste pour que le propriétaire rentre le montant de son ancienne taxe d'habitation pour lui faire croire qu'il a fait des économies...

LA CURE D’AUSTÉRITÉ ÉVITÉE CETTE FOIS

Le courrier détaille ensuite, de manière évidemment biaisée, les trois options qui s’offraient à la municipalité. La première aurait été de maintenir le même niveau de taxe (alors déjà parmi les plus élevées de France) : « il nous aurait fallu alors réduire considérablement nos services publics dans nos écoles, nos maisons des habitant-es, nos rues, nos parcs, diminuer les plantations d'arbres, la rénovation des bâtiments publics, etc »… soit exactement ce que la majorité a déjà fait en 2016 avec son plan de « sauvegarde » qui n’était en fait qu’une violence cure d’austérité (désormais dénoncé par l'ex adjoint aux finances, Hakim Sabri). Quelques années plus tard, nous sommes à nouveau au pied du mur. Ce mensonge éhonté qui vise à faire croire qu’il n’y avait pas d’alternative a déjà été battu en brèche : le groupe d’opposition d’Alain Carignon a prouvé, propositions à l’appui, qu’un plan de réduction des dépenses de fonctionnement est possible sans sabrer les services publics essentiels.

Des affiches qui fleurissaient en ville pour protester contre le plan d'austérité en 2016 qui a abouti à la fermeture de deux bibliothèques. On pourrait également citer les piscines des Iris ou Vaucanson qui ont fermées et privent ainsi de nombreux Grenoblois de ce service.

16% POUR ÉVITER LA MISE SOUS TUTELLE

La deuxième option aurait été d’augmenter la taxe de 16% pour permettre « un maintien du niveau de service public ». Dit plus clairement, cela signifie éviter la mise sous tutelle, comme l’avait révélé le conseiller exclu de la majorité Lionel Picollet. Il faut bien mesurer où nous ont conduit 10 ans de Piolle : après les emprunts massifs portant la dette à un niveau record et le violent plan d’austérité, il a à nouveau conduit la ville au bord de la tutelle du fait de l’absence d’engagement de réformes structurelles. La situation se répétera demain si il persiste à refuser de s’attaquer aux dépenses de fonctionnement qui paralysent la ville.

25% POUR SURVIVRE JUSQU’À LA FIN DU MANDAT

La troisième option, celle retenue donc, est une augmentation de +25% (en réalité +32% avec la revalorisation des bases). 44 millions dont une bonne partie pour éviter la tutelle, donc. Le reste sert à acheter un peu de répit à Éric Piolle et à repousser au prochain mandat d’autres hausses d’impôts éventuelles si aucune réforme n’est menée. En faisant passer la douloureuse cette année, au creux du mandat, il fait le pari que les grenoblois l’auront oublié aux prochaines élections municipales dans un peu moins de trois ans.

+33.2% d'augmentation au total.

LE « BOUCLIER SOCIAL ET CLIMATIQUE » SIGNIFIE… EMBAUCHER PLUS

Le courrier remet en avant la fable d’un « bouclier social et climatique » qui est en réalité soit du vide soit habillé d’éléments déjà prévus avant la hausse. Il explique que ce bouclier consistera notamment à… embaucher plus d’agents ! Le poids de la masse salariale est un des facteurs qui conduit à la hausse d’impôts mais la majorité municipale compte l’aggraver. En outre, plus d’agents ne signifie pas un meilleur service. Sous Alain Carignon, la masse salariale représentait environ 20 points de moins dans les dépenses de fonctionnement que sous Piolle (sans même parler des créations de postes supplémentaires à la métropole). Les Grenoblois qui ont connu les deux périodes  peuvent témoigner du fait que le niveau de service rendu s’est considérablement détérioré par rapport à l’époque malgré cette explosion des embauches !

ALIMENTATION : UNE « INITIATIVE » POUR CAMOUFLER LE RENONCEMENT

Autre mesure mise en avant : le lancement d’une « initiative de sécurité sociale de l'alimentation pour faciliter l'accès à des produits locaux ». Cette « initiative » était étudiée avant l’augmentation d’impôts. Rien n’est évidemment acté et elle n’engage que ceux qui y croient (la municipalité a tenté de faire monter la sauce, sans succès, en créant et pilotant un comité qui voulait faire croire que les quartiers réclament une telle mesure…). Et pendant qu’il discourt, Éric Piolle a complément manqué le coche du développement de l’alimentation locale en refusant les propositions de fermes urbaines massives à Allibert et à la Bastille proposées à de multiples reprises par le groupe d’opposition d’Alain Carignon.

TARIFS SOLIDAIRES : LA CAROTTE POUR FAIRE OUBLIER LE BÂTON

On retrouve ensuite l’arnaque des « tarifs solidaires » (une très légère baisse pour quelques foyers très précaires), ici pour les cantines et les fournitures scolaires… à l’horizon 2024 (donc aucunement sur les impôts de cette année). Une carotte un peu facile après avoir augmenté les tarifs du périscolaire lors du précédent mandat (ainsi que ceux des piscines, du stationnement…).

LA FAUSSE GRATUITÉ DU MUSÉE

Autre argument mensonger : celui selon lequel l’augmentation d’impôts permettrait la gratuité des musées. L’adjointe à la culture, Lucille Lheureux, avait elle-même concédé qu’il n’y a pas besoin de la hausse pour ce faire. D’autant plus que c’est une gratuité en trompe-l’œil : les expositions temporaires, celles qui attirent le plus grand monde, ont vu leur tarif multiplié par 2 !

"Nous n'avons pas besoin d'augmenter les impôts pour faire la gratuité" avait affirmé Lucille Lheureux dans Le Petit Bulletin. Ce qui n'empêche pas Eric Piolle d'affirmer que la hausse servira pour cela dans son courrier...

DÉPLACEMENTS : LA GRANDE ARNAQUE

Un volet du courrier est également consacré aux déplacements. Eric Piolle sort de son chapeau... "la gratuité des transports début 2024 pour les personnes les moins aisées" ! La promesse originelle de gratuité pour tous a vécu. Cette opération a tout de la mesurette de comm', car le nombre de bénéficiaires de cette gratuité ciblée ne pourra qu'être extrêmement faible vu l'absence de marges de manœuvres financières de la ville (et du SMMAG, surendetté après 6 ans de gestion Piolle/Mongaburu). La majorité promet également "une école du vélo pour toutes et tous". Nous rappellerons simplement que malgré des millions d'euros en infrastructures (critiquées par les experts du sujet) et une très grosse communication, la part modale du vélo a progressé de 3 maigres points en un mandat pour péniblement atteindre 7%. ll serait surtout temps de s'attaquer sérieusement au développement des déplacements piétons, qui peuvent encore progresser. Concernant les transports en communs, qui peuvent aussi progresser alors qu'ils stagnent depuis 10 ans, la dette Piolle/Mongaburu au SMMAG oblitère pour l'instant toute vraie possibilité de développement.

Les parts modales dans la Métropole.

INCAPABLE DE GÉRER AUJOURD’HUI, PIOLLE PRÉPARE 2040 !

Parce que Piolle ne serait pas Piolle sans parler de l'avenir à l'horizon de plusieurs décennies, que ni lui ni personne ne maitrise, il affirme également que la hausse d'impôts permettra de "préparer Grenoble pour 2040 et en faire une ville zéro carbone, végétale, où l'on vit bien, où l'on vit mieux". Pourtant, c'est bien en 2022 que Grenoble est devenue première ville de France (hors Paris) pour les ilots de chaleur, fruit de l'urbanisation excessive. Et en 2023, c'est bien le même qui persiste à s'attaquer à de grands arbres (comme à l'île verte) bien plus utiles pour lutter contre le réchauffement et pour le captage du C02 que de petits plants qui mettront des décennies à arrive à maturité s'ils survivent. La politique de bétonisation à outrance que mène la municipalité aggrave en fait le réchauffement et nous éloigne de l'objectif de neutralité carbone en 2050. Et ce ne sont pas quelques maigres "Places aux enfants" qui changeront cette donne.

LE « CHANTIER DU SIÈCLE »… DÉJÀ PRÉVU

Enfin, le courrier ose même évoquer ce qui est qualifié de "chantier du siècle" (!) : les rénovations de la Villeneuve, du Village Olympique et de Mistral. Des projets engagés longtemps avant la hausse, massivement financés par l'État et la Métropole bien plus que la ville. Et surtout, des millions et des millions d'euros engloutis pour refaire des façades alors que derrière rien ne change, et que la poursuite de la même politique d'habitat et du logement laissera ces quartiers toujours terriblement paupérisés.

A. CARIGNON : « LA TARTUFFERIE D’ÉRIC PIOLLE »

Dans le Dauphiné Libéré d’hier, Alain Carignon prend la parole pour rappelle la vérité sur la situation de la ville et contrecarrer la propagande piollesque : "ces décisions ne résolvent rien : les dépenses de fonctionnement grèvent l’avenir et produiront les mêmes effets. Sans réformes de structures, avec une dette colossale, il faudrait appeler de nouveaux impôts après 2026. Jamais le fossé entre les prétendus prophètes de l’avenir lointain et leur calamiteuse gestion du présent n’aura été aussi profond". Il rappelle par ailleurs que l'opposition a déjà formuler de multiples propositions pour stopper la dérive.

Intervention d'Alain Carignon en conseil municipal à propos de la hausse d'impôts.

DES ÉLÉMENTS DE COMMUNICATION POUR ENDORMIR 

Ce courrier n'est au final qu'une accumulation d'éléments de langage qui mélange des projets déjà prévus sans la hausse d'impôts et le verbiage habituel sur le changement climatique, carte joker facile pour tout justifier, alors que la réalité est bien plus sinistre : la ville est essorée et les grandes envolées sur Grenoble en 2040 ne visent qu'à faire oublier l'incapacité de l'équipe en place à s'occuper du présent. Plus le temps passe, plus les discours d'Eric Piolle se confrontent durement au quotidien que vivent les Grenoblois. 

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