CONSEIL MUNICIPAL et INSÉCURITÉ: UN THÉÂTRE D’OMBRES

« Les oreilles d’un ancien maire de Grenoble devaient siffler à répétition «  relève Jean-Benoit Vigny dans le Dauphiné ( 6/11/18 ) en rendant compte du conseil municipal de lundi. Alain Carignon a en effet été la cible d’Eric Piolle, secondé comme répétiteur par Matthieu Chamussy , ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie locale, mais bon signe pour l’alternance . Les grenoblois mesurent de plus en plus qu’ils auront le choix entre l’immobilisme d’élus sans véritables différences entre eux et le changement disruptif dont la ville a un impératif besoin.

3 HEURES SUR L’INSÉCURITÉ ET AUCUNE MESURE !

Le Conseil municipal a … parlé 3 heures de l’insécurité à Grenoble et n’a annoncé aucune mesure pour la combattre. Ce qui n’empêche pas le contentement de soi. Les grenoblois ont eu droit aux coups de menton d’un Eric Piolle : « je ne laisserai pas le territoire être cari­caturé  « ; Le meilleur moyen d’éviter la caricature aurait été d’empêcher la montée inexorable de la délinquance. Mais pourquoi donc sous son mandat depuis près de 5 ans celle-ci a augmenté entre + 20 et +40 % par an ( partant d’une base Destot très haute) ? Pourquoi sous sa municipalité, Grenoble est-elle devenue la première pour les agressions violentes et pour les vols à la tire pour 1000 habitants ? Il n’y aurait aucune ( ir)responsabilité municipale dans ces faits ?  Les anti-phrase d’Eric Piolle sont toutes faciles à démonter. Elles exrpiment toutes l’envers de la vérité.

Y.MONGABURU (Verts/Ades):  LES VICTIMES CONFONDENT «  LE RÉEL ET LE VIRTUEL »

Si les étudiants , les entreprises, les consommateurs désertent Grenoble  est-ce dû à cette « caricature » ou à ses résultats ? Il s’est trouvé un Yann Mongaburu (Verts/Ades) pour expliquer que «  la confusion entre le réel et le virtuel est le meilleur outil de propagation de la haine »  et personne pour lui répondre. La municipalité juge les chiffres établis sur la sécurité comme relevant du « virtuel » et ceux qui demandent de s’y attaquer comme utilisant des « outils de propagation de la haine « . il est immédiatement question de » populisme «  – le gros mot- que ceux qui récusent la réalité font grossir démesurément.

La “majorité” municipale, Yann Mongaburu en tête, dénonçant le simplisme et l’outrance , se faisant juges de la morale, des élégances, eux qui ,avec Raymond Avrillier et le « systéme Carignon » sont évidemment les rois de la nuance, de la subtilité et de la prise en compte de la complexité. On rigole.

COMMENT GRENOBLE EST PASSÉE DU TOP DES MÉTROPOLES à UNE BANLIEUE à PROBLÈMES?

Personne ne lui a demandé, non plus, pourquoi depuis 2015 ce chantre de la transparence a supprimé la publication des statistiques de la délinquance dans les transports en communs. Pourquoi parler des choses qui fâchent ?

De son côté Jérôme Safar ( PS repenti) s’est fait porter pâle par un discours qui s’occupait de l’image de la ville – comme si les élus n’y étaient pour rien – de crainte d’être renvoyé à son propre bilan. Le jeu local consiste à durer en passant entre les gouttes. Pas à traiter les problèmes.

Mais il faudra tout de même expliquer un jour aux Grenoblois comment on est passé d’une ville dans le Top des Métropoles – synchrotron, Musée, Europole,autoroute Grenoble-Valence…- à cette banlieue à problèmes de Lyon ou tout s’effondre, d’abord la valeur des biens appauvrissant tout le monde. Ce serait le buzz? Mais pas MM Destot, Safar et Piolle ?

POUR M.CHAMUSSY «  IL N’Y A PAS DE SOLUTION «  et CEUX QUI EN PROPOSENT SONT DANS «  L’OUTRANCE « 

Il s’est trouvé un Matthieu Chamussy pour se joindre à la horde aux abois, ramant tout de même,  pour estimer « qu’il n’y a pas de solution miracle » ce qui va impressionner la délinquance et la faire reculer. Pour lui ceux qui proposent des solutions concrètes  (suivez mon regard) sont dans «  l’excès, la caricature, l’outrance, misent sur les instincts les plus bas. «

DÉLOGER LES DÉLINQUANTS, REQUALIFIER LES QUARTIERS , SIGNALER LES ÉLÉMENTS de TRAIN de VIE : « L’OUTRANCE « 

Ainsi déloger les délinquants condamnés pour trafic, logés dans le parc social, plutôt que banqueter avec eux,  est un « excès » . Réserver un immeuble pour protéger des policiers, mettre en place un PC opérationnel 24h sur 24 ou bien signaler au fisc les éléments de train de vie dans les HLM , accorder la gratuité des transports aux policiers, CRS, stopper le bétonnage et la ghettoïsation, requalifier les quartiers par l’installation des administrations municipale et para-municipales n’est-ce pas miser sur « les instincts les plus bas « ?

Ne rien faire évidemment c’est miser sur rien. Mais c’est méconnaitre l’aspiration des grenoblois de tous les quartiers qui n’en peuvent plus , et pas seulement du centre ville comme la société civile l’a constaté samedi à Villeneuve.

DES MARIE-ANTOINETTE MODERNES

Le Conseil Municipal de lundi a été transformé en théâtre d’ombres. On y a vu des hommes faire les avantageux, affecter avec provocation de voir ce que les autres ne voient pas, croire ce que personne ne voit et rejeter ce que tout le monde voit. Ils détricotent Grenoble selon leur fantaisie, comme des Marie-Antoinette modernes, bricolent des mots autour de leur idéologie pour faire barrage au réel. La revendication de l’ordre et de la sécurité les exaspère car ils ne conçoivent pas l’aspiration à la liberté d’aller et de venir en paix. Ils pensent couvrir la demande de sécurité de leur tintamarre grossier , par des initiatives périphériques, des occupations du temps de cerveau disponible. Ils exaspèrent d’autant plus les grenoblois.

L’HÔTEL DE VILLE EST DEVENU UN CAMP RETRANCHÉ

Les élus solidaires entre eux ont transformé l’hôtel de ville en camp retranché , protégé de la population censée se tromper de ville. Mais leur touchante unanimité ne fait que renforcer la demande de changement. Plus personne – hormis une poignée d’idéologues et de bobos hors sol- ne désire que Grenoble poursuive dans cette voie.  L’engagement de plus en plus important de membres de la société civile de tous les quartiers, de toutes les conditions témoigne d’une vague qui se lève et va emporter tous les tenants de ce désordre établi.

LE SEUL QUI AFFRONTE E.PIOLLE : Guy TUSCHER ÉLU AVEC LUI

Au conseil municipal de lundi il ne s’est trouvé qu’un opposant pour affronter Eric Piolle en face et ce n’est pas un hasard : Guy Tuscher était membre de sa liste, de sa majorité, il en connaît donc toutes les roueries, les tromperies, les mensonges.  Seul il a » mis le feu aux poudres » selon le Dauphiné , Eric Piolle lui demandant d’abréger, ulcéré qu’on lui rappelle ses engagements trahis. « N’ayez pas peur de la démocratie » lui a lancé Guy Tuscher tandis que le Maire, qui en abuse lui-même comme chacun sait,  l’invitait à  « enlever vos œillères«  ( !) .  Lui refusant même une modification du compte rendu du conseil municipal précédent alors qu’il voulait que figure  “Madame Martin interrompt sa réponse et profère des propos inju­rieux à l’encontre du con­seiller et de son groupe.”  . Elisa Martin les avaient en effet traité de “cons”. Il s’agit toujours de refuser de reconnaître les faits. « Le vote est lancé Monsieur Tuscher, vous n’avez pas la parole. »  l’interrompit donc Eric Piolle tandis que Guy Tuscher ne renonçait à rien : « C’est scandaleux, j’ai demandé la parole avant le vote, on verra ça à la vidéo. ».

PERSONNE POUR DÉNONCER LES MÉTHODES AUTORITAIRES

Il ne s’est trouvé personne au conseil municipal pour s’insurger contre ces méthodes autoritaires pour faire taire l’opposition. C’était bien le point d’orgue de cette espèce de consensus mou , d’échanges de services, de connivences et d’embrassades qui est la caractéristique de la classe politique grenobloise. Peu ou prou les élus ont cogéré la ville , ont figuré ensemble dans des majorités et ne peuvent donc remettre en cause les fondamentaux. M.Chamussy a fermé les yeux 15 ans sur cet agent trouble qui protégeait M.Destot et J.Safar de toute incursion judiciaire et concentrait les tirs sur Carignon. Il reçoit les pouvoirs de Piolle et Mongaburu pour voter 54 délibérations à leur place à la Métro, bénéficie de leur confiance. Ce n’est pas à Guy Tuscher qu’Eric Piolle et Yann Mongaburu donneraient leur pouvoir…

LA MAJORITÉ JOUE DANS UN DÉCOR DE CARTON-PÂTE

Triste fin de partie pour ce qui reste d’une majorité municipale délabrée dont E. Piolle a prononcé lui-même la mort dans ” Libération” indiquant qu’il se présenterait avec une” nouvelle équipe”. Mais qui va encore le suivre? Son raidissement et son refuge dans l’outrance verbale sont les signes supplémentaires de sa totale déconnection. Avec ses supplétifs il joue dans un décor de carton-pâte et ne peut plus affronter les grenoblois. Du goudron et des plumes l’attendent avec tous ceux qui se seront compromis avec lui.

 

 

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