LES HABITANTS DU CENTRE DÉGOÛTÉS PAR LE SYSTÈME PIOLLE

De nombreux habitants s'étaient déplacés pour faire entendre leurs doléances.

Jeudi soir, l'assemblée générale de l'union des habitants du centre-ville a été houleuse pour les élus de la majorité. Les participants n'ont pas manqué de les rappeler à leurs responsabilités, sur tous les sujets. 

LES PIÉTONS EN DANGER DANS LE CENTRE

Le premier sujet abordé a été celui du manque de sécurité pour les piétons à Grenoble. Dans son introduction, l'union de quartier a rappelé que l'enquête menée par l'association 60 millions de piétons en 2021 révèle que le centre-ville est le premier lieu à problème pour les piétons en raison de la circulation anarchique des deux-roues (scooters, vélos, trottinettes). Plusieurs exemples de villes européennes ont été montrés, où les piétons sont réellement en sécurité dans les zones qui leur sont réservées. À l'inverse de Grenoble, où en 2019, Eric Piolle avait reconnu que la verbalisation est très faible mais qu'il "faut l'accepter, on ne peut pas faire autrement"... 

L'union de quartier a dénoncé la faible durée des feux... qui permettent à peine à une trottinette de traverser, donc imaginez pour un piéton !

APPRENDRE À "MARCHER SUR LE VERRE"

Les témoignages des habitants se sont ensuite succédés, confirmant le problème. Un habitant de Félix Viallet a expliqué qu'il doit "apprendre à marcher sur le verre", tant les rues regorgent de bris de verre des pare-brise et rétroviseurs fracturés. Son véhicule a par ailleurs été fracturé 3 fois en 2 mois : il a interpellé le Maire qui n'a évidemment pas répondu. D'autres habitants ont dénoncé la situation catastrophique de certaines rues, où les piétons ne peuvent se déplacer en raison des terrasses, et où la règlementation pour les deux roues supposés poser le pied à terre n'est pas appliquée. Le cas de la rue Bayard, piétonne sur le papier mais loin de l'être dans la réalité, a également été dénoncé. 

G. NAMUR : "GRENOBLE EST AUSSI PROPRE QUE N'IMPORTE QUELLE VILLE"

L'inénarrable Gilles Namur, adjoint à l'espace public, a été le premier à tenter de répondre aux habitants. Il a commencé par oser affirmer que la ville a pour philosophie « les piétons d’abord les vélos ensuite » (!). S'en est suivi un long discours où il a répété être d'accord avec tous les problèmes qu'ont soulevé les habitants, validant leurs propositions, mais usant du conditionnel quand il s'agit de les appliquer, ou rejetant la faute sur la métropole (où il siège dans la majorité...) : comme si la municipalité ne pouvait agir sur rien.

Gilles Namur lors de la réunion, visiblement ravi d'être là

"C'EST LA PHILOSOPHIE, JE DIS PAS QUE CA FONCTIONNE"

À propos des marquages pour traverser sur les zones 30, qui sont inexistants et mettent donc en danger les piétons, Gilles Namur a déclaré y être favorable (qu'attend-t-il pour les mettre en place ?). Il n'y en a pas car le piéton est supposé être prioritaire : "c'est la philosophie, je dis pas que ça fonctionne". Un bon résumé de 8 ans de Piolle, où on a eu droit à beaucoup de philosophie mais peu de choses fonctionnelles. Sur la rue Bayard, l'adjoint a expliqué qu'elle est bien piétonne malgré le non-respect quotidien car « il y a un panneau et on communique » : en Piollie, la communication se substitue au réel. La salle a commencé à s'échauffer, outrée de n'avoir aucune réponse concrète et en face d'elle un élu qui ne semble responsable de rien. Gilles Namur a rapidement perdu ses moyens, s'engageant dans un débat qui a dérivé et au terme duquel il a osé affirmer que, finalement, "Grenoble est aussi propre que n'importe quelle ville" (!) avant d'être interrompu en plein naufrage. 

MAUD TAVEL À LA RESCOUSSE

Face à la bronca de la salle contre Gilles Namur (comme à chacune de ses interventions en public), sa collègue en charge de la tranquillité publique, Maud Tavel, est venue en catastrophe à sa rescousse, pour expliquer que la ville y va "de manière prudente" avec la vidéoverbalisation et a créé une équipe de policiers municipaux en vélo. On est bluffés par une telle ambition. Coupée par un membre de l'union de quartier pour demander des actions concrètes contre les abus deux deux-roues, elle a répondu que « l’idée d’interdire n’est pas aujourd’hui possible ». Les Grenoblois élisent donc des élus qui ne peuvent rien faire. 

Maud Tavel vient à l'aide de son collège G. Namur, rélégué au piquet..

L'ARNAQUE DE LA "ZONE ZÉRO TAG"

Le second sujet abordé a été celui des tags. Le fléau est largement connu, il gangrène quasiment toutes les rues et toutes les façades. L'union de quartier a projeté plusieurs exemples, et a ironisé sur ce que Gilles Namur appelait "zone zéro tag" dans un article du Dauphiné Libéré : un secteur qui s'étend de la gare au centre, et qui porte très, très mal son nom. 

La "zone zéro tag" : le concept n'existe que dans la bouche de Gilles Namur, surement pas sur les façades.

"CHAQUE ANNÉE LES MÊMES PROPOS"

Les habitants ont fait part de leurs ras-le-bol, détaillant les rues particulièrement touchées, évoquant pêle-mêle la fresque qui détaille le prix de la drogue à Hoche, ou encore les 28 000 euros de frais de nettoyage de tags partagés entre 8 copropriétaires d'un immeuble. "Il y a une culture du tag à Grenoble plus forte qu'ailleurs" a reconnu Gilles Namur, avant de rappeler ce qui existe déjà (la brigade anti-tags) et que tout le monde connait, de se défausser sur la police nationale alors que la municipalité ne fait pas le minimum pour les aider, et sans rien proposer de nouveau pour améliorer la situation. Excédé, un habitant a dénoncé le double-langage municipal qui promeut le street-art avant d'en déplorer les dérives, et un autre a vivement protesté contre une "réunion inutile, où on entend chaque année les mêmes propos sans aucune avancée". 

LA SURPOLLUTION DES ÉCOLES

Troisième sujet : la surpollution des écoles du centre. En début d'année, une étude révélait que 7 écoles grenobloises dépassent désormais les 30 µg/m3 de dioxyde d'azote (N02, polluant émis par le trafic routier), mettant en danger la santé des enfants. Et ceci en raison du plan de circulation, imposé par Eric Piolle en 2017 et qui a abouti à la fermeture d'Agutte Sembat notamment. Annoncé comme une grande solution à la pollution liée au trafic automobile, ce plan aura fait augmenter l'exposition des habitants du secteur Aigle-Championnet-Bonne-Hoche-Centre aux particules. Michel Voilin, Président de l'Union de quartier Championnet-Bonne-Condorcet-Hoche, et Jean-Pierre Gambotti, de l'Union de quartier du centre-ville, ont donc lancé une interpellation citoyenne (que vous pouvez signer ici) pour rouvrir à la circulation automobile le couloir de bus du Boulevard Agutte-Sembat dans le sens sud-nord et ainsi "dépolluer" les écoles du centre en lissant le trafic. 

Récapitulatif de l'étude sur la surpollution des écoles, projeté lors de la réunion.

"JAMAIS JE N'AI CONNU UNE VILLE AUSSI AGRESSIVE À TOUS LES NIVEAUX"

"Monsieur le Maire, qui veut être Président de la République est en train de détruire la ville" a ironiquement lancé une habitante. D'autres ont rappelé que le boulevard Gambetta, la rue Hoche sont devenus "horrible" avec le nouveau plan de circulation. Le directeur du collège de l'aigle ne pouvait être présent à la réunion, mais a envoyé un mail qui a été lu à l'assemblée : il y dénonce l'augmentation de la pollution de l'air aux abords de son établissement, les nuisances avec notamment un bar à proximité jamais contrôlé, l'absence de contrôle de la circulation anarchique qui met en danger ses élèves, et a conclu : « jamais je n’ai connu une ville aussi agressive à tous les niveaux ». Alan Confesson, adjoint de secteur, a tenté d'expliquer que tout va bien malgré ce que constatent les habitants. Il a notamment expliqué que la pollution au dioxyde d'azote à Grenoble a baissé... mais il lui a été sèchement rappelé qu'elle explose les seuils définis par l'OMS pour la santé des habitants. 

Alan Confesson lisant scrupuleusement ses éléments de langage.

AUCUNE AMBITION POUR LUTTER CONTRE LA POLLUTION DES CHAUFFAGES

Ne goûtant pas à la propagande municipale, un habitant a rappelé que c'est le chauffage au bois qui pollue le plus et émet les particules fines les plus nocives, et non la voiture. Les élus ont bien été obligés d'approuver, vantant la prime air-bois mise en place par la Métropole pour changer de système de chauffage. Un dispositif en réalité sous-doté, compliqué et peu utilisé. Gilles Namur a estimé que les chauffages au bois non-performants concernent 2000 foyers Grenoblois : en 8 ans, ils n'ont donc pas été capable de s'occuper d'aider ce faible nombre à changer de système de chauffage pour améliorer la qualité de l'air. 

Le chauffage est la pire source de pollution mais la Municipalité priorise la chasse à la voiture.

NUISANCES SONORES : AUCUNE AVANCÉE

Le dernier sujet abordé a été celui des nuisances sonores, notamment nocturnes. Là encore, plusieurs témoignages ont pointé le fait que dans certaines rues, le bruit s'éternise jusqu'à 3/4h du matin avec des groupes alcoolisés (qui jonchent la rue de déchets et d'urine par ailleurs...) et reprend vers 5/6h avec les camions poubelles. Une catastrophe pour le confort de vie et la santé des Grenoblois, contre laquelle la Municipalité n'a rien à proposer si ce n'est la refonte du règlement des terrasses qui ne règlera rien car ne sera pas plus appliqué puisqu'ils mettent trop peu de moyens pour la répression et le contrôle. 

Le bruit, première source de nuisances. Un fléau que de nombreux Grenoblois subissent.

"ON EST DÉGOÛTÉS"

Un couple de jeunes s'est exprimé pour exprimer sa déception, confirmant que toutes les tranches d'âge sont impactées par la dégradation du cadre de vie grenoblois. Ils rêvaient d'habiter dans le centre-ville, de participer à une vie de quartier dynamique, et se sont donc endettés pour acheter dans le centre. Cruelle désillusion : "on est dégoûtés", ont-ils conclu en témoignant des nuisances répétées qu'ils subissent en centre-ville.

ERIC PIOLLE VEUT ÉTOUFFER LES UNIONS DE QUARTIER

Les réunions des élus se suivent et se ressemblent : les habitants, excédés, font remonter tous les problèmes que nous ne connaissons que trop bien, et qui sont soulevés à chaque conseil municipal par le Groupe d'Opposition Municipale (Brigitte Boer, Chérif Boutafa, Nicolas Pinel, qui étaient présents à cette réunion, ainsi qu'Alain Carignon, Nathalie Béranger, Dominique Spini). Les élus répètent le même discours à chaque fois, refusent de se saisir des propositions souvent très concrètes des habitants et restent enfermés dans leur dogme. Jamais rien ne ressort de ces réunions. Loin de se dire qu'il faut faire évoluer les pratiques municipales, Eric Piolle préfère "casser le thermomètre" en étouffant le CLUQ et les unions de quartier, qui sont devenus le réceptacle des colères des Grenoblois, au profit de "citoyens indépendants" plus facilement contrôlable. Pendant ce temps, aucun des problèmes de Grenoble n'est résolu... et la grogne monte.

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