CHAMPIONNET : LES HABITANTS FRACASSENT G. NAMUR ET LA MAJORITÉ MUNICIPALE

L'union de quartier Championnet, présidée par Michel Voilin, organisait hier une réunion d'échanges sur différentes thématiques. Les nombreux habitants présents n'ont pas manqué de confronter les élus présents (Gilles Namur, Alan Confesson, Maud Tavel, Maxence Allotto), qui n'ont pas été capables de leur apporter des réponses.

PROPRETÉ URBAINE : "UNE VÉRITABLE PORCHERIE"

Le premier sujet abordé, celui de la propreté du quartier, a permis à de nombreux habitants de témoigner de ce qu'ils voient au quotidien. Rues et caniveaux mal voire pas du tout nettoyés, accumulation de déchets sous les terrasses et donc prolifération de rats, amas de feuilles mortes dangereuses pour les personnes âgées qui peuvent glisser en automne, mégots, déjections canines, dépôts sauvages... Un tableau à l'image du reste de la ville sous Piolle.

Aucun quartier n'est épargné

"EST-CE QUE NOTRE MAIRE AIME SA VILLE ?"

Les témoignages tous plus accablants les uns que les autres se sont succédés. Un habitant de la Place Condorcet l'a qualifiée de "véritable porcherie", précisant qu'il saisit régulièrement le "fil de la ville" pour signaler des déchets ou des tags mais qu'il n'a jamais de réponse. De nombreux autres habitants ont confirmé l'incapacité à obtenir des résultats en appelant le fil de la ville. 

Gambetta : des poubelles qui débordent

Un commerçant de la Rue Kléber a signalé que la rue n'est plus nettoyée depuis des mois. Lorsqu'il appelle le fil de la ville, on lui dit de rappeler mais rien n'est fait. "C'est ça être écolo ?" a-t-il interrogé.

"Je n'ai jamais vu la ville aussi sale", poursuivait un Grenoblois depuis 20 ans qui habite rue Lesdiguières. Il a, lui aussi, dénoncé la prolifération des rats, des mauvaises herbes, et précisé qu'en deux ans, sa voiture a été fracturée deux fois dans le quartier. « Est-ce que notre maire aime sa ville ? » a-t-il conclu.

Les incivilités du quotidien...

GILLES NAMUR : "DES DYSFONCTIONNEMENTS"

L'inénarrable Gilles Namur, adjoint en charge des espaces publics et de la fraicheur, a commencé sa réponse aux doléances des habitants en se plaignant "d'une charge" subie. Bronca dans la salle, résumée par un habitant : « si le travail était fait il y aurait pas eu cette charge ». 

C'est un Gilles Namur mal à l'aise qui a tenté de répondre aux habitants.

S'en est suivi un monologue laborieux de l'adjoint : il a reconnu "des difficultés" pour le ramassage des feuilles (évoquant la pluie, le COVID, des pannes de véhicules...), a expliqué que "les mauvais herbes c'est pas forcément sale", et que la ville a une démarche consistant à ne pas tout raser. Sur les dépôts sauvages, G. Namur s'est caché derrière le fait qu'il y en a "partout en France" et s'est plaint des "gens qui veulent pas faire 20 mètres pour aller à la poubelle". La ville tente de faire "des enquêtes, des dossiers" sur ceux qui s'adonnent à la pratique (avec le succès qu'on connait). Sur l'absence de réponses du fil de la ville, l'adjoint a admis des "dysfonctionnements". "On reste volontaristes" a-t-il conclu sa longue intervention ... sans jamais rien proposer pour améliorer les nombreux problèmes soulevés par les habitants.

TAGS : "ON FAIT UN BOULOT MONSTRE (...) ON ESSAYE DE FAIRE NOTRE TRAVAIL MAIS LA POLICE NE FAIT PAS LE SIEN"

Plusieurs habitants ont également interpellé les élus sur les tags, omniprésents dans le quartier sur les façades, les commerces, le mobilier. Mehdi Ben Fredj, administrateur de la page Facebook SaccageGrenoble et habitant du quartier, est intervenu pour témoigner de son expérience. Seul, il a réussi à identifier plusieurs tagueurs, en prenant même un en flagrant délit : "ce qu'un simple citoyen peut faire, pourquoi la Mairie ne le fait pas ?".

Les rues souillées de graffitis

"On a une difficulté avec les tags", a admis Gilles Namur. Se glorifiant tout de même : "on fait un boulot monstre". Boulot qui consiste à vouloir embaucher un garde-champêtre pour contrôler les tagueurs... mais la ville n'en trouve aucun à recruter ! C'est la seule chose que l'adjoint a proposé pour améliorer la lutte contre les tags. Il n'y parvient même pas, mais s'est tout de même permis de donner une autre leçon : « on essaye de faire notre travail mais la police ne fait pas le sien ». Ça ose tout.

"QUAND ÇA SENT PAS LA BIÈRE, ÇA SENT L'URINE"

... s'est encore plaint une autre habitante en pointant le manque de toilettes publiques. Pas de quoi impressionner Gilles Namur, qui a lu sa liste des toilettes, en citant boulevard Gambetta mais aussi à Albert 1er de Belgique (bien loin du secteur de l'union de quartier). Raté : ces toilettes n'existent pas ou sont fermées, lui ont sèchement rappelé les habitants.

DÉPLACEMENTS : LES PIÉTONS OUBLIÉS

Après cette première partie houleuse, le débat a porté sur la vie quotidienne et notamment les questions de déplacements. Un habitant du Cours Jean Jaurès a témoigné de la peur qu'il a pour ses enfants face au danger des vélos et trottinettes qui ne respectent pas le code de la route. Plusieurs autres habitants sont allés dans son sens, témoignant de leur colère de voir la police municipale se balader en VTT mais de ne pas la voir contrôler les usagers qui mettent en danger les piétons et notamment les plus vulnérables. D'autres ont évoqué les rodéos urbains incessants qui les empêchent de dormir, Boulevard Foch et alentours. "Multiplier les pistes cyclables ne règlera pas les soucis de non-respect du code de la route", a conclu un habitant.

La recrudescence de ces nouveaux véhicules sans encadrement conduit à de nombreux accidents... parfois mortels

"QU'EST CE QUE VOUS PROPOSEZ CONCRÈTEMENT ?"

Alan Confesson, adjoint au secteur 2, a tenté de noyer le poisson dans une longue intervention qui, une fois de plus, ne répondait pas au sujet. Il a expliqué qu'il y a des habitudes nouvelles avec les trottinettes etc., et donc qu'il faut travail de sensibilisation et de réaménagement, qu'il faut "identifier des points de conflit d'usage". Comme si il découvrait le sujet après 8 ans de mandat, alors qu'il est remis sur la table dans toutes les réunions de quartier. Personne n'est dupe : « qu’est-ce que vous proposez concrètement ? », s'est exclamé un habitant au sein de l'assemblée, où l'agacement de ne pas obtenir de réponses était de plus en plus palpable à mesure que la soirée avançait.

Alan Confesson venu dérouler le catéchisme municipal... sans convaincre personne

NUISANCES SONORES : "C'EST DEVENU LA CHIENLIT"

Troisième sujet évoqué, la santé environnementale. Avec de nombreux témoignages à propos des nuisances sonores dans le quartier, qui terminent à 2h du matin avec la fermeture des bars (avec les terrasses, "c'est devenu la chienlit" a déploré un riverain d'un établissement ouvert tard) et recommencent à 6h30 avec le ramassage des ordures. Un habitant s'est également plaint du chantier rue Desaix, une nouvelle opération de bétonisation qui réveille les voisins au marteau-piqueur à 6h30. Sur ce sujet comme sur les autres, pas de réponse des élus.

Le projet immobilier rue Desaix : la bétonisation se poursuit

HOCHE : "LE QUARTIER DES DEALERS"

Le témoignage le plus poignant a sans aucun doute été celui d'un habitant de hoche, proche des larmes. Il a longuement détaillé son quotidien dans « le quartier des dealers » tenu par des bandes qui menacent, font des rodéos toute la journée, du bruit toute la nuit. Il a pris l'exemple de la nuit de samedi à dimanche dernier, où il a assisté à une tentative de meurtre : une jeune fille projetée à terre par un violent coup de pied d'une racaille, qui a ensuite tapé dans sa tête "comme dans un ballon".

À Hoche, la situation ne date pas d'hier

ELISA MARTIN / MAUD TAVEL : LA CONTINUITÉ DANS LA NULLITÉ 

Cet habitant a précisé qu'il alerte la ville depuis des années. Elisa Martin, adjointe à la tranquillité publique en 2014/2020, lui avait expliqué que la ville allait essayer « de faire des aménagements » pour résoudre la situation. Puis Maud Tavel qui lui a succédé en 2020 lui a promis pareil. Bilan en 2022 : 0 aménagement, aucune action, et des habitants abandonnés au non-droit.

Le manège nocturne quotidien à Hoche

Alan Confesson a tenté de défendre l'indéfendable, en commençant par une remontrance très malvenue vue l'émotion de la personne : « on vous entend très bien arrêtez d’hurler », a-t-il lancé témoignant de sa grande humanité. Des habitants très choqués lui ont signifié qu'il avait devant lui « quelqu’un qui souffre », à qui « on promet des réponses depuis des années ». « Je peux vous garantir qu’il y a des interventions régulières » a-t-il osé affirmer, évoquant "l'aller-vers les jeunes en difficultés". Une réponse déconnectée, sans jamais prendre en compte la situation très concrète exposée devant ses yeux... avant de vite botter en touche en passant à un autre sujet devant des habitants excédés. 

L'insécurité jusque devant l'ancienne CCI

NAMUR OSE ENCORE ACCUSER SES DÉTRACTEURS DE FAKE NEWS

La réunion s'est conclue par un vif échange autour de la pollution de l’air. Plusieurs membres de l’Union de quartier ont réexpliqué, chiffres à l'appui, que les relevés de particules fines préoccupants sur certains axes et devant certains établissements scolaires sont liés au plan de circulation de la municipalité qui a déplacé la pollution de l'air. "Vous trafiquez les chiffres" a lancé Gilles Namur, adepte de la méthode : lorsque la réalité contredit son idéologie, il hurle à la fake news. Malgré un exposé très argumenté de plusieurs habitants, il n'en a pas démordu.

Grenoble est bien en retard sur les autres villes pour la baisse de la pollution

UNE DOULOUREUSE CURE DE RÉALITÉ

Cette réunion n'aura apporté aucune réponse à ceux venus en chercher. Les élus, si arrogants dans l'entre soi confortable du conseil municipal fermé au public, ont vécu une douloureuse cure de réalité face aux problèmes de la vie quotidienne d'habitants de plus en plus excédés par l'immobilisme municipal. Pas sûr que le système Piolle ne se remette en question pour autant.

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