STATIONNEMENT PAYANT : LA MUNICIPALITÉ À LA CHASSE AUX RECETTES

Le 6 novembre (contre fin septembre comme initialement prévu), la zone de stationnement payant s'étend à Grenoble. Derrière les justifications de la municipalité se dissimule aussi une méthode pour engranger des recettes. 

CHORIER-BERRIAT ET EUROPOLE CONCERNÉS

1460 sont concernées par cette décision dans le quartier Chorier-Berriat et à Europole. Ces places seront désormais classées en zone verte, obligeant ainsi les résidents à souscrire un abonnement pour garer leur véhicule près de chez eux.

LES ÉLUS SOURDS À L'OPPOSITION DES HABITANTS 

Les habitants n'ont pourtant pas accueilli cette mesure à bras ouverts. Loin de là. Lors d'une réunion de l'Union de quartier Chorier Berriat en mars, ils avaient largement exprimé leur désaccord, pointant l'absence de concertation. Pour l'inénarrable adjoint Gilles Namur (Verts/LFI), "c'est un sujet irrationnel que le stationnement" : donc il ne faut pas organiser de consultation ! Après le sujet des pistes cyclables qui ne se prête pas à la concertation selon eux, voilà celui du stationnement. Toutes les grandes problématiques du quotidien sont en fait exclues de la "participation citoyenne" que les Rouges/Verts revendiquent à longueur de temps.

Des habitants facétieux du quartier se sont amusés à recouvrir de terre un trou pour horodateur et à y apposer un panneau "un arbre ou un parcmètre"... L'union de quartier Berriat a indiqué que c'est une manière de « ridiculiser les raisons pseudo-écologiques invoquées par la municipalité […] alors qu’il ne s’agit en réalité que de remplir les caisses de la Ville au détriment des plus pauvres de notre quartier qui n’ont pas les moyens pour se payer un garage ». Source photo : Union de quartier Berriat.

L'HYPOCRISIE DU MANQUE DE PLACES

Les élus de la majorité justifient leur décision de passage en payant en invoquant le prétendu manque de places de stationnement pour les résidents. Argumentaire culotté de la part de ceux qui mènent tambour battant une politique de suppression des places. En moins de 10 ans, Eric Piolle a fait supprimer pas moins de 1200 emplacements en ville et le bilan s'aggrave encore chaque année. Soit quasiment l'équivalent du nombre qui passeront payantes en novembre !

LA DOUBLE PEINE POUR LE QUARTIER

Chorier/Berriat/Europole risque en plus d'être directement impacté par le projet de construction d'une nouvelle autoroute à vélo qui aboutira à une nouvelle suppression de places le long du cours, de la rue Pierre Sémard, de la rue du Vercors et en face de GEM. Moins de places et tout payant : mais ils osent faire croire que la décision est prise dans l'intérêt des résidents !

L'ILE VERTE VA PASSER À LA CASSEROLE AUSSI

En 2024, le stationnement à l'île verte suivra le même chemin pour devenir entièrement payant. Il n'y aura ainsi plus un seul espace de gratuité dans le 38000, au nord des boulevards. Il est tout de même intéressant de constater que le bastion que constitue l'île verte pour les Verts (ils y font de gros scores aux élections) est toujours le plus épargné par leurs décisions : ils auront bénéficié de la gratuité du stationnement plus longtemps, ils parviennent à faire reculer des projets de bétonisation... Le projet municipal d'abattre 15 peupliers rue Aimon de Chissé, sans raison valable, peut-elle changer la donne électorale ? 

GRENOBLE AU SOMMET DES VILLES POUR LE PRIX DU STATIONNEMENT

Cette extension de la zone payante n'est pas anodine du tout puisque Grenoble détient le triste record de ville la plus chère de France (hors Paris) en la matière. Eric Piolle est directement responsable de cette situation puisqu'il a relevé les tarifs en 2016 puis en 2022. Record pour les impôts locaux, record pour le stationnement : Grenoble a un temps d'avance pour le matraquage des ménages.

Grenoble, ville la plus chère pour le stationnement (hors Paris).

1,1 MILLIONS PRÉVUS POUR LES CAISSES DE LA VILLE

Il a bien sûr une raison bien plus prosaïque à cette extension de la zone payante : faire rentrer de l'argent dans les caisses de la ville. Dans le rapport d'orientations budgétaires 2024, la majorité municipale estime ainsi qu'elle engrangera pas moins de 1,1 millions d'euros grâce à "la hausse des recettes de stationnement payant prévues dans le cadre du projet d’extension" !

TOUS LES MOYENS SONT BONS POUR RENFLOUER LE TITANIC GRENOBLOIS

Pour donner un ordre de grandeur, l'augmentation massive d'impôts génère de son côté +44 millions de recettes. Les +1.1 millions pour le stationnement pourraient paraitre dérisoire en comparaison mais Eric Piolle est condamné à chercher de l'argent partout où il le peut : en mettant en vente des biens de la ville en catimini, en étendant le stationnement payant... Le "décalage" de la recette attendue pour la vente de Grenoble-Habitat (37 millions) handicape encore plus les finances municipales, mais il persiste toujours à refuser tout plan d'économies/mutualisation et prend des initiatives à la petite semaine qui témoignent de son absence de stratégie et de vision. Une gestion de canard sans tête. 

QUAND L'IDÉOLOGIE REJOINT LE PORTE-MONNAIE

La tentative de renflouage des caisses en matraquant les Grenoblois qui se garent ne fait ici pas trembler les Rouge/Verts, puisqu'ils sont précisément au cœur de leur idéologie anti-voitures. Au nom de cette idéologie (qui les détourne d'ailleurs de la source de pollution la plus nocive pour la santé : le chauffage au bois), ils se permettent tout y compris de tordre leurs vieux principes. Ainsi, alors que la municipalité méprise les caméras de vidéoprotection pour lutter contre la délinquance, elle en fait la promotion et l'utilise à fond pour... vidéo-verbaliser les automobilistes ! Forcément, 

pollution grenoble renovation
Le chauffage est la pire source de pollution mais la Municipalité mise tout sur la chasse à la voiture.

LE MATRAQUAGE DES GRENOBLOIS COMME SEULE MÉTHODE

Deux chiffres suffisent à résumer l'arnaque des postures de la majorité municipale sur ce sujet. Premièrement, le nombre de Grenoblois possédant une voiture n'a baissé que de 3.4% depuis Eric Piolle et malgré ses fermetures de rues, suppression de places de stationnement et hausses des tarifs, plans de circulation complexes. Et deuxièmement, la part des déplacements à vélo n'a augmenté que de 3 malheureux points (très très loin de la promesse initiale de la doubler). Les arguments écologiques à l'appui de l'extension du stationnement payant ne sont donc que de la poudre aux yeux, puisque manifestement cette politique de la contrainte constante ne fonctionne pas. Ne reste pour la municipalité que l'argument financier... qui témoigne bien de l'état catastrophique de la ville, réduite à chercher des bouts de ficelle en matraquant les Grenoblois pour équilibrer son budget. 

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