« QU’ERIC PIOLLE VIENNE SLALOMER AU MILIEU DU DEAL »

Un nouvelle pierre à l’édifice des critiques d’Eric Piolle par les acteurs de la vie grenobloise. Anouchka Michard, dirigeante de la Papothèque, a publié un coup de gueule adressé aux élus de la majorité municipale et en particulier au Maire. 

UNE STRUCTURE UNIQUE EN SON GENRE AU COEUR DU LYS ROUGE

Située au coeur du quartier Lys Rouge, la papothèque est une structure d'économie sociale et solidaire unique en son genre en ce qu'elle propose divers services, qui vont de l'accompagnement pour les démarches administratives à la distribution de colis alimentaires en passant par divers ateliers ouverts aux habitants du quartier. On peut également s'y rendre pour simplement prendre un café. Rapidement, elle est devenue un lieu de vie incontournable, notamment pour les personnes âgées du Lys Rouge, remplissant une mission intergénérationnelle nécessaire dans un quartier en déficit de services. 

La Papothèque et Anouchka Michard, qui anime la structure.

LA MUNICIPALITÉ ET ACTIS TENTENT DE L'ASPHYXIER...

Modèle souple, évolutif, et innovant qui ne rentre finalement dans aucune case, il y a là une source d'inspiration pour réfléchir à de nouvelles formes d'action sociale pour les quartiers en difficulté. Trop hors des clous pour la municipalité Piolle, qui aura tout fait pour asphyxier la Papothèque et lui faire mettre la clé sous la porte. Locataire d'ACTIS, elle a connu des difficultés pour payer son loyer notamment suite à l'épisode COVID. Et plutôt que d'être accompagnée, la structure a été poursuivie sans ménagement avec avis d’expulsion, recours à la force publique par ACTIS (présidée par Elisa Martin, l'ancienne première adjointe devenue Députée, et auparavant par Eric Piolle), et n'a récolté que mépris et menaces à peine voilées de la majorité municipale qui lui reprochait... d'être soutenue par l'opposition et notamment par Alain Carignon ! Formidable aveu : si la Papothèque avait pu compter sur le soutien de la majorité, elle n'aurait pas eu besoin de celui de l'opposition.  

LA MÉTROPOLE À LA RESCOUSSE

Ce bras de fer avait fait grand bruit dans les médias, y compris nationaux. Finalement, la Métropole par l'intermédiaire de sa Vice-Présidente Laetitia Rabih était intervenue pour sauver la Papothèque en reprenant le bail pour laisser une chance à ce modèle unique. Mais l'incompréhension et la stupéfaction demeuraient face au comportement des élus rouges/verts dans cette affaire : dans un quartier en proie au deal, au recul des services publics, à la paupérisation massive, pourquoi s'acharner de la sorte sur une structure créatrice de lien social et d'apaisement ?

L'arc humaniste en pleine action.

BALAYER TOUT CE QUI EST INDÉPENDANT

Ce qu'il s'est passé en fin d'année avec le Plateau (à Mistral) et la Cordée (à la Villeneuve), deux associations d'éducation populaire reconnues et solidement implantées dont le conventionnement avec la municipalité a été rompu sans ménagement, apporte finalement une réponse. Le système Piolle n'a que faire des habitants des quartiers populaires, qui ne sont à ses yeux qu'une rente électorale dont ils instrumentalisent la paupérisation : et pour ce faire, ils ne supportent pas que des structures et des associations indépendantes puissent déployer leur action. Tout doit être contrôlé pour pouvoir être récupéré. 

"JE NE SUIS PAS COMME CEUX QUI ONT DES SUBVENTIONS DE LA VILLE"

Plus personne n'est dupe de ce fonctionnement. Et Anouchka Michard, dans son billet posté sur sa page Facebook, le rappelle bien. Elle rappelle ainsi en préambule qu'elle n'est pas rémunérée pour l'action qu'elle mène au Lys Rouge. "Je ne suis pas comme ces dirigeants d'asso légitimés qui gagnent des salaires confortables chaque mois, ou ceux qui ont des subs de la Ville". Elle rappelle également que le lieu vit grâce à tous ses bénévoles. Et c'est bien cette indépendance qui déplait à la majorité municipale.

 

"J'AI VOTÉ POUR CE PROJET HUMANISTE, J'AI PRIS UN ARC EN RETOUR"

"Assez de batailler corps et âmes dans cette machine à broyer des initiatives populaires. Femme de convictions de gauche, j'ai voté pour ce projet humaniste, participatif en 2014, je me suis pris un arc dans la gueule en retour. En proposant l'initiative Papo, visiblement j'avais mal compris le projet humaniste pour le quel j'avais voté". Anouchka Michard rejoint ainsi la longue liste, qui s'allonge chaque semaine, de ceux qui comprennent avoir été floués par les promesses piollesques.

"QU'IL VIENNE SLALOMER AU MILIEU DU DEAL"

"Monsieur E. Piolle n'a qu'à venir passer ne serait-ce qu'une journée sans cravate aux Lys Rouge Mistral bénévolement et on en reparle. Qu'il vienne déployer son arc humaniste, slalomer au milieu du deal pour écouter ses  administrées qui en pâtissent. Qu'il sorte de son bureau pour venir se rendre compte des réalités". Il est effectivement assez facile de s'en prendre à la Papothèque, quand dans le même temps, à quelques mètres, on laisse prospérer une véritable zone de non-droit (une de plus à Grenoble) où les dealers font la loi, contrôlent les allées et venues et maitrisent l'espace public. 

"ESSAYEZ AU MOINS DE NE PAS NOUS NUIRE"

"Je suis sincèrement épuisée de m'en prendre plein la gueule par ceux qui sont sensés déployer l'humain. Nous sommes tous épuisés. Non pas par nos missions, mais par les batailles avec vous pour exister, nous faire une place, pour être légitimés, respectés et continuer nos missions dans ce lieu. Si vous ne pouvez pas aider, essayez au moins de ne pas nous nuire, en nous fermant des portes de ceux qui essaient nous aider" conclut-elle sa publication. La voilà, la réalité de cet "arc humaniste" : non seulement ils ne sont pas aidants pour ceux qui oeuvrent chaque jour à faire de leur quartier un lieu meilleur, mais en plus ils leurs mettent des bâtons dans les roues. 

LA PRISE DE CONSCIENCE DES GRENOBLOIS

Cette prise de position de la part d'acteurs importants des quartiers populaires n'est pas anodine. Ce n'est pas la première, sans aucun doute pas la dernière, mais celle-là est particulièrement symbolique puisque la Papothèque est l'une des dernières structures de services au coeur du Lys Rouge, quartier honteusement abandonné. Collaborateurs qui partent, élus de la majorité qui le fuient ou qui sont exclus, responsables associatifs remontés : "l'arc humaniste" prend chaque jour qui passe un peu plus de plomb dans l'aile. Cette prise de conscience quant à la réalité des méthodes Piolle est amenée à s'amplifier. 

POUR UNE POLITIQUE DE LA VILLE AMBITIEUSE 

Le bilan Piolle pour les quartiers populaires est catastrophique. En près de 10 ans de mandat, combien de personnes ont été sorties de la précarité ? Dans combien de quartiers la gangrène du deal a-t-elle reculé ? Qui peut sérieusement penser que le quotidien des habitants s'améliore à coups de démantèlement et/ou municipalisation des services, ou de budgets participatifs pour installer des gadgets qui ne changent rien à la vie ? La politique de la ville ne peut pas se résumer à subventionner toujours les mêmes associations sans suivi des résultats et à remettre des coups de peinture sur les facades des immeubles. Des initiatives nouvelles comme la Papothèque doivent être encouragées et accompagnées. Et il est temps de mener une politique globale pour revaloriser les quartiers : expulsion des dealers condamnés logés dans le parc social, réintroduction de mixité avec l'implantation de services municipaux et d'activités économiques, aides pour l'accession sociale à la propriété, vraie politique de lutte contre l'insécurité, propreté de l'espace public... Autant de propositions portées par le groupe d'Alain Carignon. Autant d'occasions manquées pour Eric Piolle. 2 mandats pour rien. 

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