BAL TRAGIQUE À LA MAIRIE : 7 MORTS

C'est officiel : les 7 élus piollistes qui ont émis des doutes sur le budget ont été exclus de la majorité.

GRENOBLE LE CHANGEMENT, PREMIERS SUR L'INFO 

Nos lecteurs assidus étaient déjà au courant puis notre collectif révélait dans son article d'hier matin que la décision serait prise ce vendredi. Elle a finalement eu lieu un jour plus tôt, le groupe des exclus l'annonçant lui-même dans la presse.

7 ÉLUS EXCLUS DE LA MAJORITÉ

Anouche Agobian, Maxence Alloto, Pascal Clouaire, Laure Masson, Hakim Sabri, Barbara Schuman, Amel Zenati ont ainsi annoncé hier leur exclusion de la majorité. Eric Piolle leur retirera leurs délégations par arrêté ce vendredi, et les 7 tiendront ensuite une conférence de presse samedi. Leur tort : avoir exprimé des doutes sur le budget et la hausse d'impôts massive proposée par le Maire (alors même qu'ils ont voté pour au final !).

"ERIC PIOLLE BRISE L'ARC HUMANISTE"

Le titre du communiqué par lequel les 7 invitent à leur conférence de presse résume tout : "Eric Piolle brise l'arc humaniste". On ne peut que leur donner raison : avec 9 élus d'obédiences politiques différentes en moins dans sa majorité depuis le début du mandat, le concept de "NUPES à la Grenobloise" a bien mal vécu. "D'exemple" de rassemblement de la gauche en 2014 et 2020, image qu'il a d'ailleurs utilisé (sans succès) pour tenter de se faire élire candidat des verts à la présidentielle, Eric Piolle est devenu un repoussoir pour son propre camp politique. 

LE ROITELET NU

La vérité aura mis près de 10 ans à percer, ensevelie sous une montagne de communication et un système qui tient par la terreur, mais nous y sommes. Le roitelet Piolle est nu, plus isolé que jamais à cause de son autoritarisme (Il ne supporte pas la moindre critique de ce qu'Il a décidé), de ses mauvais choix de gestion (la hausse d'impôts historique après avoir explosé la dette), de ses choix idéologiques (la promotion du burkini qui, déjà, avait conduit à un vote différencié des 7 exclus). 

Le groupe "SaccageGrenoble" avait aussi anticipé le massacre...

UN NOUVEAU GROUPE D'OPPOSITION ?

Forcément, les rapports de force au sein du conseil municipal vont s'en trouver modifiés. L'option la plus probable est que les 7 exclus créent un groupe d'opposition, qui viendra s'ajouter au premier groupe d'opposition emmené par Alain Carignon, et aux oppositions d'Hosny Ben Redjeb et Olivier Six, de Lionel Picollet, de LREM et des socialistes. Il y aurait donc 22 élus d'opposition au total, contre 13 au début du mandat. 9 "nouveaux" élus d'opposition étant issus de la majorité Piolle (les 7 d'aujourd'hui + Hosny Ben Redjeb et Lionel Picollet). De quoi garantir des conseils municipaux encore plus longs et plus saignants pour le système à bout de souffle. Et de quoi espérer que les langues se délient encore davantage sur la réalité de ce qu'il se passe en interne.

MÉTROPOLE : L'EXÉCUTIF REMANIÉ ?

Mais les conséquences ne s'arrêteront pas à Grenoble. Car avec la bombe à fragmentation, que Piolle a lancé tout seul, les éclats lui retombent dessus. À la Métropole, plusieurs des 7 exclus siègent au sein du groupe UMA (le groupe Piolle) : il est peu probable qu'ils y restent, ce qui accentuera la déliquescence de ce groupe. Et il subsiste encore des Vice-Présidents piollistes. Or, Christophe Ferrari (PS repenti), en guerre avec le Maire de Grenoble, envisage une démission de l'exécutif complet pour se débarrasser de ces "encombrants" et faire réélire une équipe plus saine. Ce camouflet entérinerait la marginalisation des rouges/verts à la métro.

A. CARIGNON : "UNE MUNICIPALITÉ À LA DÉRIVE"

Le groupe d'opposition présidé par Alain Carignon a réagi hier à cette annonce d'exclusion par communiqué. "Désormais à la tête de la majorité la plus faible de l’histoire de Grenoble, Eric Piolle se replie sur un noyau dur, fermant la porte à l’intérieur. [...] À l’heure où ses amis politiques réclament un référendum au plan national, on voit mal comment il pourrait refuser de consulter les Grenoblois sur les alternatives à son budget qui conduit Grenoble dans l’impasse, repoussant de quelques années l’inéluctable faillite. Cette municipalité à la dérive et son Maire Roitelet n’ont  plus aucune légitimité pour imposer leurs diktats".

Le communiqué complet du groupe d'opposition.

LE REPLI SUR SOI À L'INTÉRIEUR...

Il y a bien un double phénomène de repli. D'abord en interne, avec un système de plus en plus resserré et opaque autour d'un quarteron d'adjoints sectaires et de décideurs. Avec une grande brutalité dans la méthode, comme l'avait dénoncé l'ancien "deuxième cerveau" Enzo Lesourt. Mais aussi avec une forme d'autoritarisme et de refus de la moindre remise en cause (aussi légère soit-elle), de tout débat démocratique y compris au sein de la majorité, qui conduit à écarter des élus qui osent exprimer un très léger désaccord avec Son Eminence.

... ET À L'EXTÉRIEUR

On constate l'accélération de ce repli également dans les relations du système avec l'extérieur. Nous évoquions ce phénomène en début de semaine, avec l'exemple du lac baignable à la Villeneuve ou de la piste cyclable cours Jean Jaurès, où les adjoints ont complètement méprisé les remarques des habitants. Rebelote avec le Comité de Liaison des Unions de Quartier, qui remonte au créneau dans le Dauphiné et dénonce une modalité de subvention imposée par la ville qui est illégale, en plus de créer des lourdeurs administratives (la ville reverse des subventions aux unions de quartiers qui doivent ensuite les reverser au CLUQ, alors qu'un versement direct serait plus simple pour tout le monde). L'adjointe Chloé Pantel ne s'embarrasse pas de mettre les formes : elle assume une "décision politique" (alors que le système niait jusque là toute idée de règlement de compte politique) et assène : "le Cluq a encore fait une demande de subvention pour 2023. Il peut continuer, mais nous n’accepterons pas. […] Elle recevra un avis négatif". Voilà qui est clair. Les interlocuteurs de la ville, habitants comme associations, étaient jusqu'ici baladés de dispositifs en dispositifs, de réunions en réunions, et les élus faisaient au moins mine de s'en préoccuper. Signal fort du raidissement du système et de son repli, ils ne font même plus l'effort de faire semblant et éconduisent tout simplement tous ceux qu'ils considèrent comme ne roulant pas pour eux.

UN TOURNANT QUI ACCÉLÈRE LA FIN

Nous sommes indéniablement à un tournant de l'histoire de Piolle à Grenoble. Avec cette exclusion massive, il s'interdit tout retour en arrière et entérine le fait qu'il ne remontera pas la pente. Le déclin amorcé du Piollisme s'accélère, et ce nouvel épisode confirme que le Grenoble de demain se construira sans lui. Les "plaques tectoniques" municipales bougent et continueront de bouger d'ici les prochaines élections, à mesure que chacun prend conscience du bilan Piolle et donc de ce qu'il conviendra de ne pas reproduire en matière de méthodes et de gestion. Certains avancent déjà des solutions et esquissent une autre voie d'avenir pour notre ville, à l'instar d'Alain Carignon et de son groupe. La suite s'annonce passionnante, et notre collectif ne manquera pas de continuer à vous en rendre compte. Mais d'ores et déjà, les Grenoblois peuvent constater que tout n'est pas perdu. Au contraire. L'espoir renait à mesure que les lignes bougent. 

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