CENTRE VILLE DE GRENOBLE : LA COTE D’ALERTE

L'annonce de la fermeture du cinéma historique et emblématique de la rue St-Jacques, le 6 Rex, sonne comme un hallali du centre ville. "Les 6 Rex est un cinéma populaire. Il a vu défiler des milliers d’adolescents, d’étudiants, de familles attirés pas des prix défiants toute concurrence, qui ont rendu le grand écran accessible même aux petits budgets. (...)  C’est une triste nouvelle pour Grenoble, qui perd l’un de ses commerces historiques. Ceux qui font l’âme d’un centre-ville" écrit Clémence Beyrie (DL du 13/3/24).

La dévitalisation et la paupérisation du centre de la Métropole sont à l'oeuvre et l'extension de Grand Place comme l'arrivée de Neyrpic à St Martin d'Hères accélèrent le terrible mouvement. La caserne de Bonne est en danger.

RUE DE LA RÉPUBLIQUE : UNE CHAINE À BAS PRIX

La rue de la République rénovée a considérablement baissé en gamme : restauration rapide, Nespresso remplacé par "Normal" une chaine à bas prix. Pas loin de HMA du même type. Trois grenoblois maintiennent le niveau de la rue : les chocolats Bonnat de Marie-Ange et Christian Burdet, le traiteur Rouge  le "Chardon Bleu" et la Maison Lombard . Ces quatre adresses anciennement implantées, solides, symbolisent le type de commerces qu'on espère trouver en centre ville. Ceux qui font la différence en qualité de produit et de services avec à leur tête de vrais professionnels.

LA RUE THIERS A PRÉCÉDÉ LA DÉCONFITURE

Les grenoblois sont atterrés par le nombre de rideaux baissés dans toutes les rues commerçantes de la ville, des rues  qui prennent le chemin de ce qui est arrivé à la rue Thiers, autrefois l'une des plus attractives et prisées. Les paralysies engendrées par des travaux successifs non maitrisés, non coordonnés (tram, voirie, cours Berriat) ont entrainé sa mort. 

Désormais la rue de Bonne, la première piétonne dans l'histoire de Grenoble est atteinte : "Brigitte", le magasin de Bijoux s'en va. Chevignon est en liquidation.

On annonce le départ de boutiques rue Dr Mazet, l'une des dernières haut de gamme de la ville : Mage, Pirot, Sandro qui rejoindrait Neyrpic. Zara serait remplacé.

LA FERMETURE AU GRÉSIVAUDAN EST CATASTROPHIQUE

Partout c'est le même lamento même si, heureusement, des niches résistent ici ou là. Mais le départ des locomotives et la paupérisation générale font beaucoup de mal. Les coups portés au marché Sainte-Claire par exemple sont catastrophiques. La fermeture de l'accès au Grésivaudan a entrainé des baisses de chiffre d'affaire. Ici aussi l'ancienneté et la solidité de certains permettent de tenir. Mais elle compromet l'avenir.

LE COMMERCE SUPPORTE LA VOLONTÉ DE DÉCROISSANCE

L'incohérence et le manque de moyens affectés à la piétonnisation du secteur Notre-Dame / Sainte-Claire démontre que la municipalité n'a que faire de l'attractivité et du maintien du commerce en centre-ville. On dirait qu'elle veut favoriser la décroissance en la faisant porter sur le commerce de centre ville qui générerait trop de déplacements.

KFC N'EST PAS BON ICI, MAIS ACCEPTABLE AILLEURS !

Mais en parallèle elle a laissé passer Neyrpic et ses 24 000 M2 de surfaces commerciales supplémentaires et a décidé l'extension de 5000 M2 de Grand Place où trône KFC qu'il a bloqué angle avenue Alsace-Lorraine/Cours Jean Jaurès, créant une horrible friche commerciale qui défigure le centre ville depuis deux ans.

E. PIOLLE CRÉE UNE FRICHE COMMERCIALE EN PLEIN CENTRE VILLE

L'absence de prise en compte de l'esthétique, de l'image - des vitrines taguées et souillées depuis deux ans avenue Alsace-Lorraine du fait de la décision d'Eric Piolle refusant KFC -, de l'état lamentable des chaussées qui contraint à conserver les yeux rivés au sol pour ne pas chuter, de la malpropreté ambiante avec les poubelles qui débordent, les détritus amassés dans les carrés de "végétalisation", de l'insécurité endémique,  produisent ce résultat.

LA SUPPRESSION DU STATIONNEMENT CONTINUE

Evidemment la problématique des déplacements et du stationnement est majeure. À aucun moment le paramètre commercial n'est introduit dans les réflexions sur le sujet. Les décisions de suppression de parkings et de places de stationnement s'accumulent : déjà 1200 places de moins en 10 ans de mandature Rouge/Verte. Auxquelles il faudra ajouter 86 places qui vont disparaitre rue Mallifaud, autour de 100 place Valentin Haüy, environ 90 Place de Metz / Rue de Strasbourg, une cinquantaine Cours de la Libération... 

LA COHABITATION DES MODES DE DÉPLACEMENTS PAS ORGANISÉE

Le peu qui demeure devient payant à un tarif prohibitif, le plus élevé des grandes villes. Et la municipalité a recruté 25 agents supplémentaires pour verbaliser !

Bien entendu la question de fond des accès n'est pas posée de manière réfléchie. La cohabitation des modes de déplacements n'est pas organisée. L'interdiction totale de la voiture - même propre- est une aberration : il est des moments où elle est indispensable.

ON NE VIENT PAS DE LOIN FAIRE SES COURSES EN VÉLO

Si les villes ne peuvent et ne doivent plus servir au transit des voitures - aller de Meylan à Pont de Claix ou de Meylan à Voiron en passant par Grenoble - il est évident qu'une partie de la clientèle ne viendra pas en vélo faire des courses, prendre un verre, aller diner au restaurant, depuis Montbonnot ou St-Ismier. Le parking du Musée de près de 1000 places réalisé par la municipalité Carignon - auquel s'opposaient déjà le PS, le PC et les élus Verts/Ades - est typiquement le parking de dissuasion qui permet d'accéder au centre historique de la ville.

IL MANQUE 1500 PLACES DE STATIONNEMENT POUR LA ZFE

En supprimant le parking de l'esplanade qui permettait à tout le nord de la Métropole et même plus loin de venir stationner pour consommer ou travailler à Grenoble, la municipalité Piolle veut fermer un accès vital. Alors que, selon Sylvain Laval, le Vice Président de la Métropole aux déplacements, dans le cadre de la ZFE, il manque 1500 places de stationnement.

RIDEAUX BAISSÉS : DÉSOLATION, INSÉCURITÉ, PERTE D'ANIMATION

Le cumul de ces décisions désordonnées, prises pour afficher des dogmes sans prendre aucunement en compte une quelconque réalité, une quelconque diversité de la ville, aboutit au désastre que nous voyons de nos yeux.

ALAIN CARIGNON ET L'OPPOSITION PROPOSENT UNE REQUALIFICATION de la VILLE

Ces rideaux baissés, ce sont plus de désolation, plus d'insécurité, plus de paupérisation, moins de convivialité et de qualité de vie, moins de recettes. Dans ce dossier aussi le silence des acteurs comme la Chambre de Commerce et d'Industrie est pesant. Les propositions globales et précises répétées d'Alain Carignon et du groupe d'opposition municipale de requalification de la ville pour stopper cette spirale infernale ne sont pas prises en compte. Leur mise en oeuvre est maintenant urgente.

10 ANS DE GESTION ROUGE/VERTS QUI HANDICAPENT GRENOBLE

La visibilité des conséquences d'une politique municipale n'aura jamais été aussi exposée : il suffit de 10 ans de gestion pour abattre la vitalité d'une ville et l'handicaper lourdement sur tous les plans et d'abord financier.

Forts de ce constat, les grenoblois doivent désormais paraphraser Kennedy et se demander ce qu'ils peuvent faire pour l'avenir de Grenoble.

50 Comments

Laisser un commentaire

"LES INFORMÉS" : LES COULISSES DE LA VIE GRENOBLOISE !

X