LA GUERRE PIOLLE/FERRARI POUR GEG VA JUSQUE DEVANT LE TRIBUNAL

En juillet dernier, la métropole désignait de nouveaux représentants au sein du fournisseur d'énergie GEG. Des désignations qui n'ont pas fini de diviser ce qu'il reste de la majorité métropolitaine.

Place Vaucanson GEG ( Président V.Fristot Verts/Ades)

C. FERRARI REMPLACE LES ÉLUS D'ERIC PIOLLE À GEG...

La délibération votée en juillet consistait en effet à remplacer les cinq élus représentant la Métropole au sein de GEG, jusqu'ici désignés par Eric Piolle et la ville de Grenoble, par d'autres élus. Le Président Christophe Ferrari (PS repenti) déplorait "un manque de confiance" et avait ainsi proposé Guy Soto, Maxence Alloto, Lionel Picollet, Hassen Bouzeghoub et Nicolas Beron-Perez.

... PAR SES OPPOSANTS

La volonté de Ferrari était alors assez claire. Humilier Eric Piolle non seulement en le privant de ses représentants mais en plus en lui imposant des opposants en remplacement : Maxence Alloto et Lionel Picollet, élus grenoblois tous deux exclus de la majorité, et Hassen Bouzeghoub, élu d'opposition PS. Pour la forme, il nomme tout de même un adjoint de Grenoble en la personne de Nicolas Béron-Perez... mais celui-ci est PCF, donc il ne siège pas dans le groupe Vert/LFI de Piolle à la métropole.

LES CRIS D'OFRAIES DES ÉLUS VERTS/LFI

Forcément, les élus de ce dernier groupe étaient montés au créneau pour s'indigner de cette décision. Alan Confesson, Christine Garnier, Anne-Sophie Olmos, élus parmi les plus sectaires du système Piolle, avaient pris la parole tour à tour, chacun rivalisant d'hypocrisie, invoquant la liberté de vote des élus et déplorant des "pressions" de C. Ferrari alors qu'eux même ne laissent pas place à la simple émission d'un doute sur les bancs de leur majorité au conseil municipal...

GRENOBLE VEND LES BIJOUX DE FAMILLE MAIS VEUT LES CONTRÔLER !

Alan Confesson (LFI) s'était également élevé contre une soi-disant volonté de la métropole de spolier la ville de Grenoble de ses outils stratégiques. Il y a de quoi tomber de sa chaise : pour boucler son budget bien en peine du fait de sa gestion (déjà !), c'est Eric Piolle qui avait décidé de vendre GEG à la métro dès 2018 pour 30 millions d'euros (10 millions immédiatement puis 1 million par an). Dès lors, il est tout à fait logique que la collectivité acheteuse choisisse ses représentants.

LA DÉLIBÉRATION EST ADOPTÉE : 1 PARTOUT, BALLE AU CENTRE

La délibération de désignation des nouveaux représentants avait finalement été adoptée, sans les élus Verts/LFI qui avaient quitté la salle pour marquer leur désaccord (comme lors du conseil métropolitain de septembre pour le sujet des arbres). Ferrari tenait là une petite revanche après avoir échoué, le matin même, à démettre de ses fonctions le Vice-Président aux déchets, Lionel Coiffard (Vert/LFI). 1 partout, balle au centre au terme d'une journée où la métropole s'était à nouveau déchirée.

Le Vice-Président Vert/LFI Lionel Coiffard avait vu son siège sauvé le matin même, le conseil métropolitain ne votant pas la délibération de retrait de ses fonctions.

LE TRIBUNAL REJETTE LA REQUÊTE

Mais les bisbilles de la majorité se sont cette fois-ci poursuivies sur le terrain juridique, la ville de Grenoble déposant un référé pour contester la désignation de la délibération. Nouveau camouflet : cette semaine, la métropole a annoncé par voie de communiqué que le tribunal administratif a "rejeté la requête de la Ville de Grenoble qui datait du 7 septembre 2023 et qui demandait au tribunal de suspendre l’exécution de la délibération N° 10 du conseil métropolitain du 7 juillet 2023 par laquelle Grenoble Alpes Métropole avait procédé à la désignation de nouveaux représentants au sein de la société d’économie mixte “Gaz Électricité de Grenoble”.

LA MÉSENTENTE POUR DES OUTILS STRATÉGIQUES MAJEURS

C'est un autre épisode de cette guerre interne à la majorité métropolitaine qui éclate à chaque fois sur des sujets stratégiques pour la collectivité. Après GEG et donc la question de l'énergie en juillet, c'est autour du statut de Grenoble-Habitat et de la politique de logement qu'a encore explosé le conseil métropolitain vendredi 29 septembre. La "majorité" n'en a plus que le nom, incapable de s'accorder sur des questions aussi essentielles pour définir une feuille de route politique.

LA GUERRE MÉTROPOLITAINE S'ÉTEND SUR LE TERRAIN JURIDIQUE

Et les méthodes piollistes sont de plus en plus dérangeantes. Les élus du groupe Vert/LFI ne se contentent plus de torpiller la métropole politiquement, en restant dans une majorité contre laquelle ils ne cessent de s'élever et qu'ils tentent de mettre en défaut à chaque sujet. Ils s'attaquent également à leurs "collègues" sur le terrain juridique pour tenter de gagner devant les juges les batailles qu'ils perdent dans l'hémicycle. Avant ce recours contre les représentants de GEG, on se souvient de Yann Mongaburu (EELV), le candidat perdant de Piolle à la présidence de la métro, ne digérant pas sa défaite et se rendant chez le procureur pour balancer Christophe Ferrari sur l'utilisation de sa voiture de service à des fins personnelles. Alors même que le sujet ne l'a pas gêné pendant 6 ans de gestion de la métro ensemble !

Les séances du conseil métropolitain sont désormais sans cesse agitées par des suspensions de séances à n'en plus finir, les groupes de la "majorité" ne parvenant plus à s'entendre.

LA GOUVERNANCE DE LA MÉTROPOLE N'EST PAS TENABLE

Cette gouvernance n'est évidemment pas tenable. Dès lundi matin, après un énième conseil métropolitain catastrophique, le coprésident du groupe d'opposition Alain Carignon appelait par courrier l'ensemble des présidents de groupe (hormis le groupe Verts/LFI) "à faire passer l’intérêt du territoire au premier plan, à se libérer des chaînes politiciennes pour construire un nouvel exécutif d’abord représentatif des communes de notre territoire et de constituer des majorités de projets pour le faire avancer ensemble".

D'AUTRES GROUPES REJOIGNENT LA PROPOSITION D'A. CARIGNON

Dans le Dauphiné de cette semaine, le Sénateur LR et élu métropolitain Michel Savin explique également qu'il faudrait "changer la gouvernance de la Métropole" et que "le choix d’une majorité de projets, comme cela existe dans de nombreuses métropoles" est possible. Le groupe centriste est sur la même longueur d'ondes selon le quotidien.

CHRISTOPHE FERRARI PEUT ENCORE FAIRE LE CHOIX DU COURAGE 

La proposition d'Alain Carignon fait donc du chemin. Il n'appartient qu'au Président Christophe Ferrari de s'en saisir et d'ainsi faire le choix du courage et de l'intérêt général. Face à l'agenda politique du groupe Vert/LFI piolliste qui voudrait tous les pouvoirs et par ses méthodes paralyse la métropole, une autre voie est possible. Celle d'une gouvernance apaisée, qui permettre de retrouver un peu de sérénité dans les débats et à notre territoire d'avancer.

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