APRÈS GEG, ERIC PIOLLE BRADE GRENOBLE HABITAT

Contre la vente, la façade de Grenoble Habitat a été décorée...

Et de 2. C'est (presque) officiel. Lors du prochain conseil, Eric Piolle fera voter la vente de Grenoble Habitat à la CDC Habitat.

LA TENTATIVE DE BRADERIE...

Voilà des mois et des mois qu'Eric Piolle cherchait à vendre les actions de la ville au sein de Grenoble Habitat, pour désespérément trouver des fonds afin de boucler les budgets municipaux jusqu'aux prochaines élections. Il avait commencé par tenter d'imposer l'achat à la Métropole, inscrivant même dans son budget prévisionnel 2022 une recette attendue complètement fictive (il en espérait alors 45 millions d'euros). Fin de non recevoir claire et nette du Président Christophe Ferrari, qui s'était même permis le luxe de rappeler ses fondamentaux au système Piolle : « On ne met pas Grenoble-Habitat en vente comme des aspirateurs. C’est un bien commun. La gouvernance locale est un talisman entre nous ». Dans la panique, la majorité grenobloise avait alors lancé une procédure pour vendre Grenoble Habitat à qui le veut bien.

... MALGRÉ UNE TRÈS FORTE OPPOSITION

Une grande braderie motivée uniquement par de petites considérations comptables. Et contre laquelle les oppositions de tout bord se sont insurgées, ainsi que la majorité des élus au conseil métropolitain (mettant Eric Piolle en minorité dans sa majorité !), mais aussi les salariés de Grenoble Habitat et de nombreux locataires et habitants indignés du manque de considération pour ce bailleur de proximité depuis 1966. 

Les salariés de Grenoble Habitat ont souvent protesté devant le conseil municipal.

ERIC PIOLLE CÈDE POUR 37 MILLIONS

Eric Piolle n'a écouté personne. Il persiste et signe dans une décision solitaire. Une de plus. Pour 37 millions d'euros, alors qu'il en attendait 45 millions à l'origine (c'est dire la justesse de l'appréciation de la valeur de ces actions). Un montant néanmoins sans commune mesure avec ce que peut représenter le contrôle d'un bailleur social et promoteur immobilier. 

APRÈS GEG ET AVANT LA COMPAGNIE DE CHAUFFAGE

Cette somme s'ajoute à celle perçue pour la vente des actions de GEG à la Métropole lors du précèdent mandat : 30 millions d'euros. Et la vente des actions de la Compagnie de Chauffage, toujours à la Métropole, est elle aussi prévue très prochainement pour 11 millions d'euros. Soit 78 millions d'euros au total pour renflouer les caisses de la ville... mais en bradant des outils majeurs pour notre territoire, sur des sujets pourtant déterminants pour l'avenir (l'habitat, l'énergie), fruit de décennies de travail et d'expérience, que nous ne retrouverons pas de sitôt. 

MALGRÉ LE PACTOLE, GRENOBLE 1ÈRE POUR L'IMPÔT ET RECORD DE DETTE

Et malgré ce pactole qui arrive dans les caisses de la ville, Eric Piolle a réussi à mettre tous les indicateurs dans le rouge. Malgré 78 millions de recettes, il augmente les impôts de +25% pour récupérer encore 44 millions sur le dos des Grenoblois : nous allons ainsi devenir la première des grandes villes pour l'impôt. Et il a porté la dette à un niveau record, 320 millions d'euros. Dette qui nous engage pour plus de 20 ans. La médiocrité de sa gestion ne se voit pas que dans les rues, elle se lit aussi dans les chiffres. 

LA PERTE D'UN OUTIL STRATÉGIQUE

Tout ça pour ça. Nous nous privons du contrôle d'un bailleur historique (créé en 1966), et sabrons donc notre capacité à maitriser la politique d'habitat et de logement dans la Métropole. Un comble pour une Municipalité qui se caractérise par sa volonté de tout contrôler, de tout municipaliser, des commerces du cours Berriat jusqu'aux services associatifs dans les quartiers. 

CDC HABITAT : LES LOCATAIRES PEUVENT ÊTRE INQUIETS

Les locataires peuvent être d'autant plus inquiets que le repreneur est la CDC Habitat, grand groupe filiale de la caisse des dépôts, qui a déjà un parc locatif social à Grenoble. Et c'est peu dire que la CDC ne brille pas par sa gestion : les habitants du 10/20 Galerie de l'Arlequin, à qui on a imposé de partir, arrachés à leur quartier, et qui ont été sommairement relogés, peuvent témoigner de la considération de la CDC pour ses locataires. 

SALUBRITÉ, VÉTUSTÉ, SÉCURITÉ : LES GRANDS CHANTIERS

L'avenir est d'autant plus incertain que la CDC héritera de l'héritage Piolle / Barbara Schuman (qu'il avait placé à la Présidence de GH). La fantomatique Barbara Schuman a brillé par son absence complète d'empathie pour les locataires. Elle n'a rien entrepris pour améliore la salubrité des logements qui en ont besoin, et ils sont nombreux. Par exemple, il y a toujours des cafards dans l'immeuble GH Rue Pierre Sémard malgré une situation maintes fois dénoncées, et ce n'est pas un cas isolé. Et on ne compte plus le nombre d'immeubles dégradés et souillés par les incivilités. Elle n'a rien fait non plus pour s'attaquer aux nombreux logements vétustes et inadaptés que compte GH. 

Le genre de montage qui circule sur les réseaux sociaux.

ALAIN CARIGNON : "NOUS APPELONS D'ORES ET DÉJÀ LES GRENOBLOIS À SE MANIFESTER"

Le Groupe d'Opposition a immédiatement réagi à cette annonce par la voix de son Président, Alain Carignon : "Eric Piolle persiste et signe contre tous. Il vend Grenoble Habitat, un acteur majeur et essentiel du logement depuis 1966, fierté de la ville. Après GEG, créée il y a 150 ans, et la Compagnie de Chauffage, créée en 1960 dont la vente va arriver aussi, cette opération financière témoigne du désastre de sa gestion. Nous ne laisserons évidemment pas faire et nous appelons d’ores et déjà les Grenoblois à se manifester à 14h30, à l’ouverture du Conseil Municipal le lundi 13 mars prochain qui se tient à l’ex siège du Crédit Agricole, au 47 avenue Marcelin Berthelot (arrêts de tram MC2 et Malherbe) afin de stopper ces dérives et la perte des instruments essentiels de la gouvernance locale dans le secteur clef du logement".

Le communiqué complet du groupe d'opposition.

LE 13 MARS S'ANNONCE MOUVEMENTÉ

Le conseil municipal du 13 mars s'annonce donc historique. Avec le vote de la vente de Grenoble Habitat, nous nous apprêtons à perdre un outil stratégique indispensable pour la politique de logement et d'habitat de la ville et de la métropole. Et avec le budget proposé au vote ce jour-là, nous serions propulsés en tête des grandes villes pour les impôts et à un niveau de dette record. Deux délibérations qui pèseront donc pour des décennies sur la ville et ses habitants. S'il y a bien un seul jour dans l'année où les Grenoblois doivent se mobiliser, pour montrer qu'ils refusent d'engager notre ville sur cette pente funeste, c'est celui-là. La mobilisation des citoyens est indispensable pour renforcer l'impact du combat politique de l'opposition... et de l'éventuel combat judiciaire qui s'annonce ensuite pour tenter de ramener Eric Piolle à la raison. 

 

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