AVANT UN CONSEIL HISTORIQUE, ERIC PIOLLE TENTE D’ÉTEINDRE L’INCENDIE

Le Conseil Municipal se réunit lundi prochain, le 13 mars, et promet d'être agité tant l'ordre du jour traitera de décisions très lourdes de conséquences pour les Grenoblois.

ERIC PIOLLE TENTE D'ÉTEINDRE L'INCENDIE

La délibération principale sera évidemment celle du vote du budget, avec l'augmentation de +25% (+32% avec la revalorisation des bases) que souhaite imposer Eric Piolle. Celui-ci, sentant bien la fronde monter, prend la parole dans le Dauphiné qui lui accorde une pleine page (édition du 04/02/2023) pour tenter d'éteindre l'incendie.

LE RETOUR DE LA FAUTE À L'ÉTAT !

Notre SuperMenteur local commence tout d'abord par expliquer que cette augmentation serait un "impératif" pour "amplifier les transitions" (encore et toujours ce même élément de langage complètement faux, comme nous l'avons déjà expliqué)... et que ce serait son seul levier car le gouvernement ne donnerait pas assez de sous aux collectivités. Eric Piolle omet de rappeler, comme toujours, que les autres collectivités (toutes soumises au même régime) ne deviennent pas championne de France des grandes villes pour l'impôt, elles. Et qu'il n'a que le levier de l'impôt parce qu'il a mis les finances de Grenoble dans le rouge, a monté la dette à un niveau record et se refuse à engager les réformes de structure nécessaires.

LE "BOUCLIER SOCIAL ET ÉCOLOGIQUE" D'UN SEUL COUP MOINS AMBITIEUX

Il est tout de même intéressant de noter qu'Eric Piolle lui-même revient sur sa fable du "bouclier social et écologique". C'était censé être l'alpha et l'oméga de cette augmentation d'impôts "assumée", la raison qui motivait cette décision. Et pourtant : un quart seulement de l'augmentation sera destinée à ce bouclier, utilisée dans des mesurettes comme la (fausse) gratuité des musées ou une subvention exceptionnelle aux bailleurs sociaux... qui cache en fait une compensation de la hausse de taxe foncière que subiront ces bailleurs par le fait de la décision piollesque, donc l'opération est nulle. La tarification sociale (pour les cantines, musée) n'est budgétée qu'à hauteur de 1.6 millions d'euros : sur un total de +44 millions, on est donc très très loin d'un "bouclier social". La majeure partie de cette augmentation (+17% environ) est bel et bien destinée à éviter la faillite de la ville

PROMESSE RENIÉE : LA RÉÉCRITURE DE L'HISTOIRE

La journaliste Eve Moulinier rappelle tout de même que sa promesse de ne pas augmenter les impôts est reniée. Eric Piolle ne daigne pas admettre qu'il s'est assis sur un engagement, et ose même réécrire l'histoire. Il aurait d'abord "travaillé sur l'efficacité du service public" (!), et maintenant que celui-ci "fonctionne" (les habitants pourront juger à quel point il se porte bien à Grenoble !), il se sent libre de "passer à la vitesse supérieure". En augmentant les impôts donc. Si "l'impôt, ce n'est pas un gros mot", Eric Piolle est une insulte à l'intelligence des Grenoblois.

L'engagement originel. Eric Piolle s'engageait à ne pas augmenter la fiscalité locale.

IL OSE TOUT...

... même les leçons sur les suppressions d'impôts au gouvernement. Pour lui, la suppression de la taxe d'habitation a "accentué les inégalités". Alors qu'il se cache derrière cette même suppression et celle de la redevance audiovisuelle, et le gain de pouvoir d'achat concret qui en découle, pour expliquer que sa hausse de taxe foncière serait compensée par ces décisions gouvernementales. Un argumentaire mensonger, invalidé par la conseillère d'opposition Brigitte Boer qui avait prouvé, calculs à l'appui, que des Grenoblois assujettis à la taxe foncière payeraient plus chers que ce qu'ils ont gagné en n'étant plus redevables de la taxe d'habitation.

LES PROPRIÉTAIRES, TOUS AISÉS ?

Il réutilise d'ailleurs cet argument de faussaire, en considérant que la somme issue de la suppression de la TH "correspondra à celles qu'ils devront verser à la commune". Rien de problématique pour Eric Piolle, qui considère les 38% de propriétaires grenoblois comme "personnes plus aisées". Faisant ainsi fi des propriétaires qui ont hérité d'un bien sans forcément avoir de gros revenus, et de tous ceux, soit l'immense majorité, qui se sont endettés sur des années pour se payer une modeste résidence principale. La grille de lecture simpliste d'Eric Piolle lui évite de se poser trop de questions, et de considérer ces situations qu'il ne veut pas voir.

LE MAIRE DE GRENOBLE CONFIRME QU'IL NE PAYE PAS DE TAXE FONCIÈRE

D'autant plus que lui-même ne payera pas la taxe foncière. Eve Moulinier lui rappelle ce qu'avait révélé Nicolas Pinel, conseiller d'opposition, lors du dernier conseil municipal. Eric Piolle n'est pas propriétaire à Grenoble (il a seulement des biens immobiliers dans son Béarn natal...), il ne subira donc pas les conséquences de sa décision. Facile.

L'ATTAQUE GRATUITE CONTRE LAURENT WAUQUIEZ

Comme si il pouvait se le permettre, et parce qu'il ne peut pas s'empêcher de faire la leçon aux autres, Eric Piolle décoche ensuite une attaque gratuite contre le Président de Région Laurent Wauquiez. Il le considère comme un "roitelet" dont "la signature ne vaut plus grand chose". Plutôt osé de la part de quelqu'un dont les engagements ne valent rien car non respectés. Et particulièrement malvenu, alors que la gestion Wauquiez de la Région est, rapports après rapports, saluée pour son efficacité et sa rigueur budgétaire. Cette attaque gratuite, bêtement méchante, n'arrangera rien aux rapports qu'entretient la ville avec la Région. Après s'être mis à dos la Métropole à cause de sa guerre d'ego avec le Président Christophe Ferrari, c'est décidément comme si Eric Piolle tenait absolument à évoluer seul contre tous.

ZFE : RÉPÉTER UN MENSONGE N'EN FAIT PAS UNE VÉRITÉ

L'entretien se conclut enfin par le sujet de la ZFE. Le donneur de leçons estime "un peu populiste" de dire que la ZFE est antisociale. Ce qui est carrément populiste, c'est pourtant de faire croire que cette mesure bancale résoudra le problème la pollution dans le monde alors que les plus précaires et les classes moyennes payeront le prix fort tandis que les plus riches ne seront pas impactés, et que les vrais sujets pour améliorer la qualité de l'air ne sont pas ou peu traités (rénovation thermique, chauffages polluants...). Mais Eric Piolle n'est plus à une tentative d'enfumage près, et enchaine les contrevérités pour défendre ses positions dogmatiques.

L'avis des lecteurs du Dauphiné en novembre dernier sur la ZFE : 83% contre. Sans doute tous "un peu populistes" ?

UNE INTERVIEW QUI N'ÉTEINDRA PAS LA COLÈRE DES GRENOBLOIS

Bref, cette interview qui sonne comme une nouvelle tentative d'éteindre l'incendie qu'il a allumé ne changera rien. Eric Piolle se défend péniblement mais continue de patauger dans le problème qu'il s'est créé. Aucun média national ne l'a invité pour défendre cette augmentation d'impôts historique et ce taux record en France, comme il l'avait ambitionné pour faire mine d'être à l'avant-garde. Sa pathétique tentative d'allumer un contrefeu en attaquant l'Etat sur la pollution a fait pschit, n'ayant droit qu'à quelques lignes dans un ou deux journaux nationaux avant que plus personne n'en parle. Il est bel et bien bloqué à Grenoble, avec sa mesure impopulaire et son bilan calamiteux sur les bras.

RENDEZ-VOUS LUNDI PROCHAIN DEVANT LE CONSEIL

Et pendant qu'il s'enferme dans sa tour d'ivoire et distille ça et là ses éléments de langage, les Grenoblois subissent. Aux propriétaires, qui s'apprêtent à payer la taxe foncière la plus élevée de France ; aux locataires de logements sociaux, qui subissent l'augmentation des charges et des loyers ; plus généralement à tous les habitants, qui voient la qualité du service public rendu baisser inlassablement à Grenoble : vous pouvez venir manifester devant le conseil municipal lundi 13 mars prochain, à 14h30 (devant l'ancien siège du crédit agricole, 47 Avenue Marcelin Berthelot, arrêts de tram MC2 et Malherbe).

Car il existe des alternatives à cette augmentation d'impôts. La Municipalité Carignon a prouvé par le passé qu'une amélioration de la qualité de vie et de services aux Grenoblois est possible, sans toucher au levier fiscal. L'Opposition, menée par le même Alain Carignon, formulera lundi des propositions d'amendements pour éviter la catastrophe annoncée.

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