ACTIS : LE MATRAQUAGE DES LOCATAIRES

Dans le Dauphiné Libéré (24/02/23), le bailleur social ACTIS "craint une année compliquée". Et complique donc en retour la vie des locataires.

LOGEMENTS : BIEN EN DEÇA DES OBJECTIFS

En 2022, ACTIS a construit 176 nouveaux logements... un chiffre bien loin des 900 logements programmés pour être construits dans la Métropole. "Nous sommes quasi sûrs de ne pas pouvoir l'atteindre" explique le Président Pierre Bejjaji (élu à la métropole dans le groupe d'Eric Piolle, il a succédé à ce dernier et à Elisa Martin à la tête d'ACTIS, qui reste sous tutelle des rouges/verts). Tant mieux pour le cadre de vie des métropolitains, et pour la lutte contre les îlots de chaleur aggravés par ces politiques de bétonisation intensive menées tambour battant : l'incapacité chronique des rouges/verts locaux à atteindre leurs objectifs ralentit au moins un peu le phénomène.

Ici rue Joseph Bouchayer. Les constructions d'ACTIS ne contentent personne : ni les voisins qui voient l'équilibre de leur quartier bouleversé et leur cadre de vie perdre en qualité, ni les mouvances d'extrême-gauche qui voient en ACTIS un "bailleur-expulseur" (!) alors qu'à peu près rien n'est fait pour expulser les dealers et autres locataires qui créent des nuisances.

LOGEMENTS VACANTS : LA LANGUE DE BOIS DE S. DUPORT-ROSAND

Une volonté de bétonisation d'autant moins compréhensible qu'ACTIS compte dans son parc de nombreux logements vacants. Le directeur Stéphane Duport-Rosand les estime à environ 200 à la fin de chaque mois. Et pourtant, malgré cette disponibilité, le nombre de demandeurs de logement ne baisse pas. S. Duport-Rosand admet "des difficultés à louer dans certains quartiers" et que "le deal pourrit la vie des locataires". C'est le moins qu'on puisse dire. Mistral, l'Alma, le Lys Rouge ("où les immeubles du bailleur sont régulièrement squattés" rappelle le DL) sont cités. Le directeur se livre alors à un bel exercice de langue de bois : "nous avons besoin d'un travail en collaboration avec l'État, la police, la justice"... oubliant curieusement l'immense responsabilité de la ville ! La Municipalité Piolle a en effet toutes les cartes en mains pour requalifier ces quartiers, s'attaquer aux occupations de l'espace public en l'aménageant, intervenir pour la sécurité des habitants, assurer le minimum de propreté et de tranquillité. Mais rien n'est fait. Et Stéphane Duport-Rosand n'ose pas mordre la main d'Eric Piolle et d'Elisa Martin, qui ont été ses présidents avant l'actuel. 

Au lys rouge, le Groupe d'Opposition présidé par Alain Carignon était venu constater le nombre de logements vacants et l'état de vétusté du parc géré par ACTIS.

+40 EUROS DE CHARGES POUR LES LOCATAIRES...

À ces problèmes s'ajoute maintenant le matraquage des locataires. Pour faire face aux coûts de l'énergie, le bailleur fait le choix de faire subir aux locataires, qui ne roulent pas sur l'or par définition, une augmentation des charges de 40 euros en moyenne. Hausse qui s'ajoutera donc à l'inflation générale que subissent tous les français. Et qui intervient après une première augmentation en septembre dernier, justifiée elle aussi par les prix de l'énergie. Une locataire d'un T3 a fait le calcul : elle subirait une augmentation de +600 euros sur 2023 avec ces hausses ! Un véritable matraquage.

... ET UNE HAUSSE DES LOYERS !

Et comme si ça ne suffisait pas, les loyers augmenteront de +3.5% ! Pierre Bejjaji justifie cela en expliquant que les APL augmenteront d'autant. On sent bien la patte de son camarade Piolle, qui justifie son augmentation de taxe foncière par le fait que la taxe d'habitation a été supprimée. Les rouges/verts, qui critiquent le gouvernement pour tout, se cachent derrière ses décisions qui font gagner du pouvoir d'achat pour immédiatement s'engouffrer dans la brèche et ponctionner les habitants. Locataires d'ACTIS et Grenoblois propriétaires sont ainsi traités de la même manière : comme des vaches à laits bonnes à payer pour équilibrer ici le budget de la ville, là le budget d'un bailleur.

LA FAUTE À L'ÉTAT, PARTOUT, TOUT LE TEMPS

Encore une fois à la manière d'un Eric Piolle, le Président et le directeur d'ACTIS rejettent pourtant toute responsabilité de cette situation sur l'État. Déplorant des "ressources amputées", un "flou" pour les boucliers tarifaires, osant même réclamer une baisse de la TVA. À l'État de baisser les impôts pour permettre à nos médiocres gestionnaires locaux de dépenser !

POUR QUEL NIVEAU DE SERVICE ?

Les locataires qui voient les loyers et charges exploser sont en droit de se poser la même question que les contribuables grenoblois avec la hausse de taxe foncière : une augmentation des coûts, mais pour quel niveau de service en face ? Car rien ne s'améliorera dans le parc et ACTIS boucle simplement son budget : les logements vétustes, les problèmes de salubrité sont toujours légion. Et la variable d'ajustement est toujours le locataire. Au Lys Rouge, en plein hiver, les locataires ont subi un "chauffage" à 15 degrés voire moins pendant plusieurs jours ! Mais il faudra payer plus même si ce genre d'aberrations se poursuit.

Rue Charles Rivail, la propreté d'un immeuble ACTIS

TAXE FONCIÈRE : "UN GROS IMPACT POUR ACTIS"

Générant 2 millions de surcoût pour le bailleur, l'augmentation de +32% de la taxe foncière à Grenoble aura "un gros impact pour ACTIS" avoue Pierre Bejjaji. Mais Eric Piolle triche, et explique "compenser" cette hausse grâce à des sommes... allouées à la rénovation thermique. Des montants fléchés pour les travaux censés compenser l'explosion de la taxe foncière : un tour de passe-passe pour faire croire au chaland que le Maire agit.

IL N'Y A PAS DE BOUCLIER SOCIAL

La fable du bouclier social Grenoblois ne tient décidément pas debout. D'abord parce que les propriétaires qui subiront la hausse de la taxe foncière sont dans leur immense majorité de petits propriétaires de la classe moyenne qui se sont endettés pour acheter leur logement. Mais aussi parce que même les locataires de logements sociaux d'un bailleur présidé par les rouges/verts, par définition de condition modeste, vont subir le matraquage. Les locataires d'ACTIS, mais aussi de Grenoble-Habitat qui peuvent être inquiets de la vente de la ville à la CDC, peuvent aussi venir manifester le lundi 13 mars à 14h30 devant le conseil municipal (47 avenue Marcelin Berthelot, devant l'ancien crédit agricole, arrêts de tram MC2 et Malherbe) pour dire non à cette dérive et pour rappeler à la majorité municipale que non, les habitants ne sont pas bons qu'à payer et subir. Et mériteraient la considération de ceux qui s'autoproclament "humanistes".

 

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