AUJOURD’HUI, LE CONSEIL MUNICIPAL DU VIDE

Le conseil municipal se réunit cet après-midi à 15h, avec un ordre du jour très maigre comparé aux enjeux de la ville.

UN CONSEIL QUI NE RÉVOLUTIONNERA RIEN

86 délibérations sont prévues, la plupart d'entre elles étant très classiques, plutôt techniques et récurrentes. On retrouve dans les délibérations plus politiques, mises en avant par la majorité, des déclarations d'intention qui ne changeront rien au quotidien des Grenoblois et ne s'attaquent aucunement aux problèmes auxquels est confrontée Grenoble.

Source SaccageGrenoble.

UNE INSTANCE DEVENUE CHAMBRE D'ENREGISTREMENT...

Sous les Rouge/Verts, le conseil municipal est devenu une sorte de chambre d'enregistrement qui se réunit par simple obligation légale. Les remarques et interventions des oppositions n'étant jamais écoutées, encore moins prises en compte. Tout est ficelé en amont par le système Piolle qui fixe qui parle, à quel moment, et rédige les interventions.

... ET OUTIL DE COMM' DE LA MAJORITÉ

Ils ont en fait transformé ce qui devrait être le lieu de l'expression démocratique grenobloise, une vraie instance de débat où l'on s'écoute et l'on s'entend, en outil supplémentaire au service de la comm' du Maire et de la majorité, avec des délibérations mise en avant en fonction de ce qui est jugé bon pour leur image.

LA VILLE SE JOINT AU "DIESEL GATE"...

Ainsi les Grenoblois découvriront en début de conseil municipal, avec le rendu-acte des décisions du Maire (celles qu'il prend sans consulter personne et doit juste présenter au conseil), qu'il a signé un arrêté pour que la ville soit autorisée à se joindre en justice à l'affaire du "diesel gate" (soupçons de techniques frauduleuses des constructeurs auto pour réduire leurs émissions). Une procédure confiée à un cabinet d'avocat parisien, coûteuse pour les deniers publics, et inutile pour les Grenoblois ! Comme si cette affaire internationale avait besoin de Grenoble pour aboutir. Mais tout pour la comm'...

... ET MULTIPLIE LES PROCÉDURES

À chaque conseil, on ne compte également plus le nombre de procédures juridiques engagées contre des Grenoblois et des agents de la ville, témoignage de l'incapacité du Maire à régler les conflits par le dialogue comme il l'a déjà maintes fois prouvé. Cette manie du contentieux coûte forcément à la ville, mais aussi aux particuliers avec qui la ville est en instance qui, eux, ne voient pas leurs frais pris en charge par la collectivité. L'ordre du jour de ce 25 mars ne fait pas exception, avec par exemple une procédure en appel contre l'association des commerçants de l'Arlequin... 

L'affaire du Restaurant du Musée "le 5" tenu par Pierre Pavy, qui a dû jeter l'éponge face à une municipalité incapable de s'entendre pour organiser des travaux, est symptomatique de la brutalité du système Piolle qui préfère les tribunaux au dialogue.

LE VERBIAGE POUR LA "DÉMOCRATIE LOCALE"

La première délibération étudiée après le rendu-acte aura trait à "l'évaluation des dispositifs de démocratie locale". Vous pouvez sans peine imaginer le verbiage du document, et sa déconnexion eu égard à ce qu'il se passe réellement en matière de participation citoyenne : encore cette semaine, l'adjoint Gilles Namur (Verts/LFI) a confirmé qu'il comptait remettre sur la table un projet d'autoroute à vélo pourtant rejeté par les habitants et commerçants au profit d'un autre. La "démocratie locale", ça ne vaut que pour l'intitulé des délibérations à Grenoble.

55 pages de verbiage.

CONTRAT DE VILLE ET PROGRAMME DE L'HABITAT : POUR QUE RIEN NE CHANGE

Le contrat de ville, qui ne réinvente rien et reconduit des subventions, et l'avis de la ville sur le Programme Local de l'Habitat, porté par la métropole, seront ensuite étudiés. Rien de neuf sous le soleil puisque ce dernier entérine la même idéologie à l'oeuvre en matière de logement : densification folle et course au nombre de logements sociaux. Sans qu'à aucun moment les élus Verts/LFI ne s'interrogent sur le bilan de cette politique qu'ils pilotent depuis 30 ans à Grenoble.

Quartier Flaubert, l'étendard de l'urbanisme vert. 1500 logements, 50% de social, un très faible nombre de propriétaires occupants, des locaux commerciaux qui ne trouvent pas preneurs et déjà des soucis d'incivilités et dégradations.

UN "PLAN" MUNICIPAL DE SANTÉ... QUI N'EN EST PAS UN

La délibération la plus abondamment commentée par la majorité sera sans nul doute le "plan municipal de santé"... qui n'a en fait rien d'un plan, mais s'apparente à un document-catalogue de différentes mesures relevant d'autres politiques publiques déjà vues et revues en conseil, ou de déclarations d'intentions qui n'emportent aucun effet concret. Il rejoindra aussitôt la liste des multiples "délibérations-cadres" et autres "stratégies" oubliées aussitôt qu'elles sont présentées et dont on entendra plus parler.

UNE JOURNÉE DU "MATRIMOINE"...

Clou du spectacle : la dernière délibération mise en avant visera à "l’organisation d’une journée d’étude sur le sujet du matrimoine dans la Révolution française" (c'est à dire l'héritage des femmes en opposition au patrimoine, concept jugé trop patriarcal). Évidemment une priorité majeure qu'il fallait absolument faire figurer parmi les premières délibérations tant elle était attendue par les Grenoblois. Elle sera présentée par Jérôme Soldeville, l'un des élus les plus idéologues et sectaires

Jérôme Soldeville pose ici tranquillement à côté d'un mannequin à l'effigie du Président de la République brûlé par les manifestants. L'élu est en charge de "la mémoire"..

LE RÉEL N'A PAS SA PLACE AU CONSEIL

Voilà pour le menu proposé par la majorité. Un vide abyssal dont on pourrait à la limite se contenter si les maux de la ville étaient traités en parallèle. Mais la majorité ne proposera rien dans ce conseil pour les incivilités et l'insécurité (après la fusillade lundi en pleine journée qui a fait deux victimes sur un Cours Berriat bondé), rien pour rectifier la politique de logement, pour améliorer la cohabitation des modes de déplacements, la propreté de la ville, rien sur la politique de suppression du stationnement qui a conduit les habitants à se mobiliser rue de Strasbourg, rien sur le projet solitaire de chronovélo sur le Cours Berriat vivement contesté avec un blocage du tram vendredi pour protester...

Avec la majorité Rouge/Verte, le réel, la vie quotidienne des Grenoblois n'a pas sa place au conseil municipal. Comme à chaque conseil, il faudra compter sur le groupe d'opposition d'Alain Carignon pour tenter de l'inviter à l'ordre du jour.

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