CAPITALE VERTE : QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS ?

« On en a parlé plusieurs fois en cours, mais concrètement, je ne sais pas trop ce qui était organisé ». Un sentiment partagé par Françoise Flaouenan : « Je n’ai pas participé à des ateliers dans ce cadre, indique-t-elle, mais il y aurait beaucoup de choses à dire pour que l’on améliore la ville ensemble. Notamment aux niveaux des parcs, dans les bus… ». Quant à Pascal Poczekaclo, retraité, ce sont les affiches qui l’ont interpellé. « Et la fois où le Jardin de ville était bloqué, pour une inauguration... J’aurais aimé en savoir davantage sur ce que ça représentait, poursuit-il. Je n’ai pas l’impression que cette année de Capitale verte ait apporté beaucoup de choses à la ville de Grenoble ».

PIOLLE A RATÉ UNE OCCASION HISTORIQUE 

La journaliste Auréliane Mullot Mamczak rapporte dans le DL (21/12/22) les propos des grenoblois au sujet de "capitale verte". Le bilan fait l'unanimité : Piolle a raté une occasion historique de faire avancer Grenoble sur ces sujets. Au départ, il s'agissait d'une opération qui s'inscrivait dans la course aux labels identifiés par son service de com' (ville d'art et d'histoire, amie des ainés, reconnue anti-homophobie, amie des enfants, et ... meilleur Maire du monde). Inconnus, faciles à obtenir ils permettent ensuite une communication interne qui évite de traiter les sujets. Il suffit de dire qu'on est reconnu par une instance dont personne ne connait l'existence et les modalités de décision. 

DE L'ARNAQUE DÈS LE DÉBUT DE L'OPÉRATION 

Seule Isabelle Calendre (DL du 22/12/22) pour qui  le "titre a été remporté avec panache, par une ville pourtant novice", marche à fond. Lahti en Finlande avait aussi du panache ? "Grenoble était choisie par la Commission européenne" rappelle-t-elle aussi. En fait, par un Commissaire Européen Vert sur la base d'un jury qui ne contrôle rien sur place. Il y a déjà de l'arnaque au début de l'opération.

LA RECHERCHE DE LABELS EN TOUS GENRES

"Capitale Verte" s'inscrivait dans cette liste de recherche de labels en tous genres. On a échappé à "meilleur Maire du monde" . Qu'aurait dit la journaliste? Mais une fois obtenu celui-là, Eric Piolle aurait dû changer de braquet et en faire une opportunité. Affecter les crédits à une avancée et tracer des objectifs quantifiables, vérifiables auxquels associer les citoyens. 

LES EMPLOYÉS MUNICIPAUX PAYÉS EN HEURES SUP POUR ASSISTER À LA CÉRÉMONIE

"Quand est-ce qu’on s’attaque au fond ?" a demandé plusieurs fois cette année Nicolas Pinel (UDI/Opposition) au Conseil Municipal sans jamais recevoir de réponse. Il ne s'occupait que de com' et avait envoyé une circulaire aux employés municipaux afin qu'ils assistent à la cérémonie d'ouverture un samedi en étant payés en ... heures supplémentaires. il s'agissait de remplir la salle. C'est dire l'engouement. Finalement avec le Covid elle a été annulée.

CLÔTURE : 500 000 € POUR 400 PERSONNES 

La cérémonie de clôture au Marché de Gros, rue des Alliés, d'un coût de 500 000 €, a rassemblé seulement de l'ordre de 400 personnes, malgré un programme affriolant, ce qui fait cher le prix du participant. Piolle a largement battu Laurent Wauquiez sur le prix des repas sans protestation des élus Verts. 

"GRENOBLE à COEUR" : MANQUENT LES INDICATEURS MESURABLES 

Pourtant de son côté aussi, comme Nicolas Pinel, le collectif « Grenoble à Cœur » demandait : « Pour qu’elle réussisse, l’écologie grenobloise devrait être caractérisée par des indicateurs mesurables et mesurés qui permettraient d’avancer objectivement. Ce n’est pas le cas actuellement, alors que cette méthode correspondrait bien aux gènes de la ville, dont la culture est fortement scientifique. »

Relevant que "pour l’instant, Grenoble a prévu de dépenser 13,4 millions d’euros pour « capitale verte » (tout en empruntant 14 millions en 2022…), dont seulement 17 % d’investissement dans des travaux divers", le reste étant tout com’.

GRENOBLE N'A PAS INVESTI DANS LES STATIONS DE MESURES DE LA QUALITÉ DE L'AIR 

Un collectif qui rappelait aussi que des villes capitale verte, comme Lisbonne, ont par exemple profité de l’opportunité pour « investir dans la constitution d’un réseau de 658 capteurs et 80 stations de mesures de la qualité de l’air, des nuisances sonores et des microclimats urbains. » Et de demander : "pourquoi Grenoble n’a‑t-elle qu’une seule station de mesure « urbaine trafic » (terminologie Atmo) ? Clermont-Ferrand, par exemple, en a trois pour une population nettement inférieure. À ce manque, s’ajoute la honte de l’absence d’étude d’impact environnemental de « Cœur de Ville Cœur de Métropole » (CVCM) (fermeture de Grenoble, NDLR). Aussi l’évolution de la pollution au NO2 dans les rues de Grenoble est-elle vue au travers de calculs virtuels, bien plus que connue par de vrais chiffres mesurés. Avec toutes les erreurs que cela implique. Ces manques sont-ils satisfaisants pour une « capitale verte » ?

UNE COM' QUI N'A PAS DÉPASSÉ LES MURS DE LA VILLE

Pas d'objectifs, pas de résultats quantifiables, une com qui n'a pas dépassé les murs de la ville et n'a pas servi à redresser son image à l'extérieur. "Une grande occasion manquée, un grand gâchis" pour le groupe d'opposition. 

L'ÉCLAIRAGE D'UNE SCÈNE PAR DEUX CYCLISTES QUI PÉDALENT

Ce n'est pas la lecture d'Isabelle Calendre (DL du 22/12/22) qui a trouvé très satisfaisant un "restaurant participatif" , l'association "Bon sang" qui "veut lutter contre le tabou des règles" avec notamment son "atelier se concentrant sur la couture, via la confection de serviettes ou culottes jetables" et encore la compagnie Scalène qui a décidé de mettre l'artistique au service des thèmes municipaux. Notamment «l'éclairage de la scène était fourni par l’énergie produite par… deux cyclistes qui pédalaient ! Et la représentation était suivie d’une discussion avec un chercheur ». On imagine la couleur politique du "chercheur". Ils sont enthousiastes et bénéficient d'une page du DL. Il est évident que de telles initiatives -sympathiques- sont à la hauteur d'une capitale verte Européenne. Du début à la fin, Piolle aura entubé. 

"NOUS SOMMES DEVENUS LA PREMIÈRE GRANDE VILLE POUR LES ILOTS DE CHALEUR"

Car à la fin de cette année "Grenoble n’est ni plus propre ni moins polluée. La part modale des transports en commun continue de stagner au même niveau que depuis l’élection d’Eric Piolle en 2014. La Métropole figure toujours parmi les pires élèves de France pour la gestion des déchets et le tri sélectif. Nous sommes devenus cette année selon le CNRS la première des grandes villes de France pour la création d'îlots de chaleur et la bétonisation se poursuit" notent Alain Carignon et le groupe d'opposition.

VOTE DES GRENOBLOIS : 90% DE DÉCUS !

Le Dauphiné Libéré (DL du 23/12/22) a proposé aux Grenoblois de voter tout au long de la semaine dernière, afin de voir si ils estiment que capitale verte est un succès ou une déception. Le résultat est sans appel : 89.6% de "déception" contre seulement 10.4% de "succès" sur un échantillon de 1068 personnes. 

MAUD TAVEL (Verts/LFI) : LES GRENOBLOIS NE PEUVENT PAS COMPRENDRE

Leurs propos sont sans appel. Il faut le sectarisme de Maud Tavel pour oser répondre à Ganaëlle Melis, dans le même DL, qui l'interroge tout de même sur les revendications des habitants (propreté, tags, espaces verts, bétonnage...): «  on peut regretter que tout le monde n’ait pas compris à quoi exactement servait ce titre (...) nous allons continuer à agir de la manière la plus large possible ». On s'explique pourquoi Piolle voudrait qu'elle lui succède : elle pense comme lui que les Grenoblois ne sont pas à sa hauteur, ne peuvent pas comprendre.

L'OR DE GRENOBLE : DU PLOMB COLLÉ A NOS SEMELLES

Sur le fond, Eric Piolle aura réussi à prouver son incontestable talent en 2022 : transformer l'or de Grenoble, cette pépite qu'on devrait nous envier, en plomb collé à nos semelles.Nos souliers qui affrontent un espace public dégradé, pas entretenu, sale, troué et cabossé.  Avec des espaces de respiration réduits. Quel bilan ! 

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