CNAC/MAGASIN : UNE MUNICIPALISATION IDÉOLOGIQUE, la FIN d’une AMBITION

Un simple mail de l’élue de secteur, Sonia Yassia (Verts/PG) a annoncé que la réunion  initialement prévue ce lundi 3 juillet au CNAC le Magasin est reportée à la rentrée. En effet la municipalité est empêtrée dans ses contradictions concernant le bouchon de A 480 et doit réunir ses différents clans afin de se mettre d’accord avant le Conseil Municipal du 10 juillet.

 

En 1986 avec le Centre National d’Art Contemporain (CNAC) inauguré par François Léotard et 2000 Grenoblois Alain Carignon donnait une nouvelle ambition à Grenoble.

GRENOBLE DANS LE TOP 12 DES VILLES QUI AIMENT L’ART 

En mars 2014, malgré l’indifférence crasse de la municipalité Destot à l’égard de l’équipement mais grâce à son Directeur entreprenant  et rayonnant, Yves Aupetitallot,  “Beaux-Arts Magazine” plaçait encore Grenoble dans le “top des 12 villes qui aiment l’art…qui ont parié sur (lui) pour se transformer” : “La ville de Grenoble fait partie de ce classement avec ses structures (Il est le plus grand centre d’art de France et le plus innovant : le Magasin fait de nombreux envieux partout en France. .. Les expositions du Magasin, conçues avec les artistes invités créent l’événement. Installée dans une friche industrielle, ses grands volumes autorisent des réalisations monumentales in situ.) ».

LE DIRECTEUR LICENCIÉ ABUSIVEMENT EN OCTOBRE 2015 

Licencié en octobre 2015, le directeur en arrêt maladie avait engagé une procédure prud’homale un mois plus tôt aux chefs d’avertissement infondé et de résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur notamment pour des faits de harcèlement, chefs auxquels sera rajouté celui de licenciement abusif. La procédure est en cours.

L’ABANDON DU PATRIMOINE : UNE TRADITION de la GAUCHE et des VERTS 

Afin d’entourer d’un rideau de fumée  la municipalisation idéologique du secteur culturel appliquée sans nuance par Corinne Bernard Adjointe (Verts/Ades) bornée  à la Culture, la municipalité Piolle a aussi évoqué des retards dans l’entretien du bâtiment. Comme si celui-ci faisait exception dans l’abandon du patrimoine qui caractérise les municipalités qui se succèdent depuis 20 ans auxquelles les Verts/Ades ont participé 13 ans ! ( Tour Perret, Orangerie, Halle st Claire, Boulodrome, ancien Musée place de verdun, piscine couverte de Villeneuve…)

LA RUE : CRÉATION D’ŒUVRES MAJEURES

Et encore s’agissant du Magasin la direction avait obtenu quelques investissements avec la réfection de la verrière (2005) et que l’on sache la municipalité Piolle n’a depuis 3 ans rien accompli d’important pour la Magasin ou pour un autre équipement. Depuis 30 ans  la création d’œuvres monumentales dans l’espace central, “la Rue”,  était mise en oeuvre par des artistes qui y ont souvent réalisé des oeuvres majeures et ce en parfaite connaissance des conditions thermiques de l’espace.

PLUS D’EXPOSITION DEPUIS UN AN 

Aujourd’hui pour masquer  l’absence complète d’expositions depuis plus d’un an en contradiction avec la vocation de l’établissement elle évoque les conditions de sécurité,

Mais les “spécialistes”, qui s’expriment dans le DL sont … des acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire, proches de l’équipe Piolle et pour certains impliqués directement dans les travaux du bâtiment voisin confié à une scop, la Péniche, également dans la même mouvance. Il n’y a pas de petits profits.

TOUJOURS LE DÉVELOPPEMENT ÉCOLOGIQUE et SOCIAL ….

Sébastien Fabiani est co-gérant de NA architecture définit ainsi  sa mission “Conscients du monde dans lequel nous évoluons, notre démarche s’inscrit dans le cadre d’un développement soutenable : économique, écologique et social“. Pour la restitution des études dans les locaux du MAGASIN début avril dernier il tenait un “bar éphémère” constitué de cartons d’emballage. (http://www.na-architecture.fr/2017/01/magasin-des-horizons/)

… AU PROFIT DES MÊMES

SILO/ Architecture  de son côté organise évidemment «   des ateliers participatifs, des évènement culturels dans l’espace public qui révèlent des lieux et activent des usages ; des constructions éphémères qui permettent des actions collectives et des préfigurations… Permettre de «faire ensemble» dans un lieu nous semble être un point de départ pour des transformations futures”   (http://www.siloarchitectes.fr/infolab-co-working/
http://www.siloarchitectes.fr/magasin-des-horizons/) et  Cabestan : “…Eco-construire/Éco comme dans « Économie » et « Écologie ». Entreprise durable et responsable,…”  (https://www.cabestan.fr/ )

COPINAGE, HABILLAGE,  CONSANGUINITÉ

Juges et partie. c’est toujours la même histoire de consanguinité, de copinage et d’habillage. L’essence de la municipalité est de n’admettre la participation et le débat qu’entre ceux qui partagent la finalité qu’elle a décrété. Au passage ça n’empêche pas les intérêts sonnants et trébuchants. On a vu ça avec Yann Mongaburu (Verts/Ades) qui ne s’est pas gêné.

DES DISCOURS QUI RÉPÈTENT L’ANTIENNE MUNICIPALE AU MOT PRÉS

Ces proches désignés par la municipalité appliquent à la lettre la municipalisation. Dans NA architectures expliquent : “Lancement de la permanence architecturale au Magasin dans le cadre de l’étude préalable pour l’évolution du centre d’arts et de cultures, en collaboration avec Silo et Cabestan.” – SILO : “Aujourd’hui, la nouvelle équipe du Magasin des Horizons souhaite repenser le lieu, à l’aune des changements opérés dans le quartier, des évolutions des pratiques artistiques et des publics…étude préalable à l’évolution du centre d’art».

UN PLAN STRATÉGIQUE AMBITIEUX A ÉTÉ ABANDONNÉ… 

Alors qu’un plan stratégique ambitieux avait été tracé par la direction précédente qui renforçait son ambition internationale, attirait de nouveaux publics, ouvrait l’équipement sur le quartier, développait un véritable module de co productions avec les artistes, ouverture d’un restaurant  (conseil d’administration du 29/10/13),  la municipalité a licencié le directeur et désigné  à une successeuse éco-féministe compatible avec l’orientation idéologique de l’équipe municipale ce dont se félicite Piolle qui laisse entendre qu’il a fortement pesé pour ce choix.  (https://grenoble-le-changement.fr/2016/10/23/cnacmagasin-a-grenoble-les-figures-masculines-blanches-interdites/ ) Du restaurant on est passé à l’occupation de la petite Halle à …la Scoop la Péniche .

….REMPLACÉ PAR UN MÉNAGE SOCIAL et POLITIQUE 

A compter de son arrivée, en juin 2016, la nouvelle direction a mis en oeuvre un véritable ménage social avec à l’automne dernier un plan de licenciement économique de 4 salariés  qui partent après cinq autres qui avaient accepté une rupture conventionnelle ou avaient tout simplement démissionné. Les fonctions pivots ont été externalisés comme par exemple le traitement social et la comptabilité confiés à un cabinet comptable situé à …la Rochelle.

C.BERNARD (Verts/Ades) : “ACCOMPAGNER LE RENOUVELLEMENT DES ÉQUIPES” 

Ce ménage social, 9 salariés sur 14, s’est fait avec le soutien actif de la Ville de Grenoble, ce que revendique clairement et avec sa maladresse habituelle Corine Bernard qui appelle ça : «  “..accompagner le renouvellement des équipes : Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas, CNAC-Le MAGASIN… » ..  (http://unevillepourtous.fr/?p=7389 ) . On ne peut mieux dire pour purge.

IL EST MIS FIN à L’ÉCOLE du MAGASIN 

Il est mis fin à l’Ecole du MAGASIN créée en 1986 et qui a formé plus d’une centaine de professionnels à travers le monde qui change complètement de paradigme pour devenir un lieu de débats militants (http://www.magasin-cnac.org/page/formations ), placé sous l’autorité de Peggy Pierrot, activiste afro-féministe et anti-colonialiste (http://www.massimadi-bxl.be/fr/component/ohanah/colloque-les-identites-lgbt-noires-a-l-epreuve-des-dominations?Itemid=).

UNE ASSOCIATION POUR DÉFENDRE les ARCHIVES

Inquiets de la disparition de l’Ecole et alertés par des rumeurs de destruction de ses archives les anciens élèves ont créé en mars de cette année une association (http://www.journalofficiel.gouv.fr/publications/assoc/pdf/2017/0015/JOAFE_PDF_Unitaire_20170015_01983.pdf)

pour :”…veiller à la conservation et à l’accès de l’ensemble des archives physique et numériques des projets des projets des 25 sessions de l’école du magasin-CNAC, Grenoble ; travailler à la valorisation des archives des 25 sessions de l’école du magasin ; garantir la mémoire de l’histoire de l’école dumagasin… ».

LES “CONCERTATIONS CITOYENNES” COUVRENT la MARCHANDISE 

Bien entendu ces mesures brutales et ces marche arrière sont toujours couvertes par des “concertations citoyennes «  . Les Grenoblois connaissent la méthode. Je décide et on en parle avec ceux qui sont d’accord. Au Magasin ça s’appelle ” “Venez ré-inventer ce lieu avec nous !

Un peu comme à l’esplanade après la décision de construire 920 logements «  le projet commence avec vous ». Ou bien au centre ville on peut peut être discuter de l’emplacement des bacs à fleurs (et encore) une fois prise  la décision de fermer la ville.

LES CONCLUSIONS des CONCERTATIONS SONT CONNUES

Au Magasin les participants  quoique désignés comme les “personnels, habitants et voisins…les usagers…” sont  à l’identique des  « concertations” déployées par la Ville, impliqués directement dans sa politique ou dans sa mouvance idéologique (http://url.snd43.ch/visu-7536A232-450A-494B-AD32-20591CCD32E7-40042751-1013160-19012017.html).

Les conclusions de ces “concertations citoyennes” sont évidemment déjà connues et mises en oeuvre. Le CNAC devient lui aussi un « tiers lieu » comme la bibliothèque de l’Alliance ou la Chaufferie l’ont été au mépris de l’objet, de l’histoire et des professionnels de ces lieux.

LA MUNICIPALISATION VA JUSQUE DANS LES APPELLATIONS 

D’ailleurs la municipalité va si loin dans la main mise idéologique quelle calque même l’appellation du magasin sur celle de l’Adjointe «  aux cultures ». Il devient lui aussi « centre des arts et des cultures » pour mimer l’exécutif municipal. On ne peut mieux montrer l’asservissement.

Le MAGASIN PERD SON RAYONNEMENT et SON ATTRACTIVITÉ 

Le futur MAGASIN perd le socle de son activité, de son rayonnement de son attractivité, de son originalité à savoir  les espaces d’exposition exceptionnels de son espace central “la Rue » qui a justifié sa création.

Ils sont réduits drastiquement de 2000 à 275 m2   au profit d’espaces de convivialité, d’un fablab, d’une salle polyvalente,  d’un atelier d’artisans créateurs, d’un jardin et d’un espace libre de 500m2 chacun.

En réalité  derrière les mots et à cause d’une grossière  main-mise municipale, l’institution MAGASIN- Centre National d’art contemporain – qui a contribué avec d’autres à l’image internationale prospective de Grenoble est en tant que tel en cours de disparition.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas le seul instrument de rayonnement de la ville a mourir étouffé par le dogmatisme municipal qu’il ne faut pas s’en alarmer.

 

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