LA FUITE DES COMMERCES GRENOBLOIS SE POURSUIT

commerce grenoble h&m
H&M, à l'angle du boulevard Gambetta et de la rue Berthe de Boissieux. Un nouveau commerce qui quitte Grenoble.

Le départ annoncé d'H&M de la Caserne de Bonne est un nouveau signal fort du manque d'attractivité de Grenoble, et de ses conséquences pour les commerces.

NOUVEAU COUP DUR POUR LA CASERNE DE BONNE

"Votre magasin H&M va fermer ses portes le 10 décembre 2022" : voilà la pancarte affichée sur l'enseigne située caserne de bonne. Une nouvelle enseigne qui déserte le centre de Grenoble. Et un échec supplémentaire pour la galerie commerciale de la caserne de Bonne, qui perd l'un de ses commerces tête d'affiche.

LA MONTAGNE QUI A ACCOUCHÉ D'UNE SOURIS

Quelle désillusion que ce nouveau quartier de la caserne de bonne. On se rappelle des ambitions de Michel Destot, qui voyait là un nouveau centre-ville. Piètre résultat. Le Dauphiné Libéré (27/11/22) ne peut que reconnaitre que le taux de vacance de la galerie commerciale est "assez grand". Doux euphémisme : elle ne tient que grâce à quelques enseignes fortes : Décathlon, Monoprix... et H&M, jusqu'au 10 décembre ! Qu'arrivera-t-il le jour où Monoprix et Décathlon plient bagage ? Le reste du quartier est également bien loin du rêve annoncé : les riverains dénoncent les nuisances régulières sur l'esplanade, les locataires des logements sociaux sont confrontés, comme ailleurs, à de multiples problèmes dans les bâtiments et au manque de réponses de leur bailleur...

L'esplanade de la caserne de bonne, fontaine à sec, est également un îlot de chaleur insupportable l'été.

NEYRPIC : UN COUP DE POIGNARD SUPPLÉMENTAIRE

L'ouverture prochain du centre commercial Neyrpic qui se profile à Saint-Martin d'Hères sera un coup de poignard supplémentaire pour les commerçants Grenoblois. Bien sûr, les élus d'Eric Piolle ont beau jeu de clamer leur opposition à ce projet. Mais l'histoire retiendra qu'ils ont été incapables de l'empêcher. Et ce alors qu'ils font partie de la majorité métropolitaine qui l'a validé ! Comment faire avancer une ville avec d'aussi piètres défenseurs de ses intérêts ?

LE DISCOURS OFFICIEL RIDICULISÉ

Au vu de ce départ, de l'arrivée de Neyrpic, mais aussi du nombre ahurissant de locaux commerciaux vacants que chacun peut voir en se baladant en ville, on a du mal à comprendre les autosatisfecits de la Municipalité, portés par l'adjoint au commerce Maxence Alloto, osant affirmer que le nombre de rideaux baissés a chuté. Il faut ne jamais parcourir la ville et ne parler à aucun commerçant pour oser l'affirmer. Dans les quartiers périphériques, les commerces ont fermé les uns après les autres (la dernière boulangerie à l'Arlequin a fermé il y a tout juste un an par exemple). Cours Berriat, autrefois formidable artère commerciale, la ville a décidé d'acheter les locaux et de les louer à des prix qui n'ont rien à voir avec le marché pour faire face à la vacance commerciale. Une énième tentative de municipalisation, comme les élus de la majorité s'y appliquent dans tous les domaines. Et dans le centre, on ne peut que constater un nombre affolant de rideaux baissés et de vitrines vides. 

Locaux vacants rue Montorge, en plein centre-ville

LES PROPOSITIONS DE L'OPPOSITION

Fin 2021, la Municipalité proposait "15 mesures pour la vitalité du coeur de ville en 2022". Une opération de comm' et de fausses idées purement cosmétiques, comme d'habitude. 2022 touche à sa fin, et le moins qu'on puisse dire, c'est que le coeur de ville n'a pas retrouvé davantage de vitalité. Le Groupe d'Opposition, présidé par Alain Carignon, avait pourtant fait 15 contre-propositions concrètes pour enfin sortir Grenoble de l'ornière. Lutte contre l'insécurité, pour la propreté de la ville, pour son accessibilité... Le système Piolle est évidemment resté sourd à ces idées.

Les 15 propositions du Groupe d'Opposition pour la vitalité commerciale de Grenoble.

LE CERCLE VICIEUX DU MANQUE D'ATTRACTIVITÉ

Le départ fracassant d'H&M soulève une question de fond ô combien problématique, que la Municipalité refuse de voir depuis 8 ans. Celle de la perte d'attractivité de la ville, cercle vicieux catastrophique pour Grenoble. Tant que nous tutoierons les sommets de l'insécurité, tant que le cadre de vie sera repoussant (saleté, tags, bétonisation), tant que l'accessibilité sera une contrainte (manque de transports, de parkings, prix du stationnement), les commerces seront à la peine car les clients extérieurs à Grenoble ne s'y rendront plus. Et plus les clients désertent, plus les commerces ferment, moins il y a de personnes susceptibles de se rendre à Grenoble pour consommer. Sans la volonté politique de s'attaquer à ce sujet, le déclin se poursuivra.

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