POURQUOI LE PROCUREUR A FAIT APPEL DU JUGEMENT PIOLLE

Le Procureur Général Christophe Barret qui a fait appel du jugement de Piolle ( image place Gre'Net)

Éric Piolle était quasi heureux d'être " à la disposition de la justice" qui a été si complaisante à son égard. Que ce soit sur les délais d'instruction de son dossier - pourtant très simple et entièrement révélé par la Chambre des Comptes en 2018 - ou sur son procès lui-même à l'occasion duquel, du Procureur censé poursuivre à l'avocat de la partie civile mandaté par Vincent Fristot, censé défendre le contribuable, tout le monde se trouvait sur la même longueur d'ondes

PIOLLE DEVANT LA JUSTICE : C'EST PRESQUE DE " L'ACHARNEMENT JUDICIAIRE" !

Depuis que Christophe Barret, le nouveau Procureur Général de Grenoble a fait appel de la relaxe générale et généreuse prononcée par Nathalie Gouy-Paillier Présidente,  David Debrun et Vanessa Perrocheau juges au Tribunal Correctionnel de Valence, la tonalité est différente. "je ne veux pas parler d'acharnement judiciaire" a déclaré son avocat Me Thomas Fourrey apprenant la décision. Annonçant qu'il ne déboucherait pas le champagne....

LES MÉDIAS ONT ENTONNE LA TONALITÉ DE L'ÉTONNEMENT

Les médias ont entonné  derrière l'air de l'étonnement, ni l'AFP Grenoble, ni la plupart d'entre eux - excepté France 3 Alpes -  ne reprenant le communiqué du groupe d'opposition qui jugeait " saine" cette décision du Parquet par rapport à l'affaire. Un homme de gauche n'est il pas par nature " de bonne foi" comme on le constate avec Adrien Quattenens en ce moment? 

 

LES FAITS DEMEURENT

L'une des vertus de l'appel du Procureur est que les motivations du jugement de première instance ont été publiées.Au préalable le tribunal est bien contraint de rappeler les faits " qui demeurent" comme l'a relevé aussi le groupe d'opposition en se félicitant de cet appel. A savoir que le Chambre Régionale des Comptes avait relevé des "irrégularités " susceptibles de "recevoir une qualification pénale" qu'elle dénonçait en ... 2018 au Parquet. 

DES MARCHÉS PASSÉS MALGRÉ LE REFUS DU SERVICE DES MARCHÉS

Les fameux marchés sans appel d'offres consentis à l'association Fusée qui avait participé à sa campagne électorale. Sous prétexte que la ville achetait un "spectacle" et non pas l'organisation d'un événement, en l'occurrence la fête des Tuiles, la bien nommée. Un contrat passé " malgré le refus du visa du service des marchés " pour le premier marché et en 2016 à nouveau " malgré un avis négatif du service des marchés publics" pour le second marché

Agnés BILLAT, LA PRÉSIDENTE DE PAILLE DE FUSÉES , PROCHE DE LA FRANCE INSOUMISE

Entendant les protagonistes, le Tribunal relève que Agnès Billat, la présidente en titre de " Fusées" , mise en cause pour ce recel de favoritisme " semblait un peu dépassée par la situation et n'avoir que peu de connaissances sur la vie de l'association et la passation des marchés. Elle n'habitait pas dans la région grenobloise et avait donné délégation de signature pour tout ce qui concernait la vie de l'association à Pascal Auclair et Marielle Imbert ".

FUSÉES ACTIVITÉ MODESTE AVANT PIOLLE, EXPLOSE APRÉS

Le tribunal constate aussi que l'Association Fusées avait une activité " modeste"dans les années avant Piolle ( 2012,13,14) et " semblait avoir créé que peu ou pas de spectacle". C'est grâce à Erwan Lecoeur , Directeur de campagne, puis directeur de la com' de Piolle que l'association a eu accès de façon très privilégiée et rapide aux embauches, contrats et financements municipaux dès l'élection de Piolle en mars 2014. 

Gilles ROUSSELOT : UN PROJET CONCURRENT, JAMAIS ENTENDU

Un élément est frappant dans le rendu du jugement: la présence de Gilles Rousselot dans le projet de "Fusées"  et sa disparition ensuite alors que Pascal Auclair prétend l'avoir rémunéré sur la part des subventions de la ville sans " apporter la preuve de ce versement".  Le tribunal ajoutant :" Gilles Rousselot pourtant directement impliqué dans le projet de la fête des Tuiles et signataire du document préparatoire et ayant déposé un projet concurrent à celui de Pascal Auclair, n'a pas été entendu au cours de l'enquête". 

UN BÉBÉ AVRILLIER OUBLIÉ AU CENTRE DU DISPOSITIF: Olivier BERTRAND ( Verts/Ades) 

Un autre bébé Avrillier, au centre du dispositif a également été totalement ignoré par l'enquête: Olivier Bertrand, Adjoint chargé de l'animation . Il avait pourtant reconnu son implication dans le DL ( 9/6/18): "Nous avons lancé un appel à idées. Deux projets ont alors émergé, l’un de Pascal Auclair et l’autre, très différent, de Gilles Rousselot. Ensuite,  nous avons retenu un candidat, Pascal Auclair" .Ce " spectacle" ou cette " organisation d'un événement" souffrait donc bien la mise en concurrence puisque plusieurs candidats y prétendaient alors même qu'aucune publicité n'avait été faite, l'affaire avec Fusées étant entendue.  

PIOLLE IMPOSE TOUT... SAUF FUSÉES 

Le Tribunal Correctionnel de Valence s'est donc prononcé dans un flou artistique complet, avec un dossier partiel et peut être partial. Lui-même en rajoutant dans la bienveillance puisqu'il a jugé qu'Eric Piolle fait valoir " à juste titre" que le marché était " de faible importance dans lequel il s'est peu impliqué" . Le Procureur Laurent de Caigny n'a en effet aucunement investigué sur les liens de campagne entre Eric Piolle et les dirigeants de Fusées. Le même Piolle qui reconnait avoir " imposé la présence du défilé de Afrikaner Impact et le choix du cours Jean Jaurès" pour la fête des Tuiles, mais pas du tout s'être occupé de Fusées. Chez qui il faisait l'une de ses dernières réunions de campagne électorale. Le Tribunal établit donc logiquement (!) que " la mauvaise foi de Piolle n'est pas démontrée..." 

E.LECOEUR N'AVAIT AUCUNE ACCOINTANCES AVEC FUSÉES...

D'ailleurs il estime aussi que Erwan Lecoeur qui a recruté immédiatement des responsables de Fusées à la Mairie dés l'élection de Piolle, puis leur a confié la fête des Tuiles, après avoir travaillé avec eux pendant la campagne électorale puisqu'ils ont facturé des collages d'affiches, " n'avait aucune accointances particulières avec Pascal Auclair ou avec l'association Fusées, ni aucun motif particulier pour les favoriser" . Pas belle la vie ?  Vous en connaissez, vous, des tribunaux comme ça? 

Vincent FRISTOT( Verts/Ades)  PILIER DU SYSTÉME AVRILLIER, PARTIE CIVILE 

Ajoutons pour faire bonne mesure que les mis en cause n'étaient pas poursuivis non plus pour les emplois des salariés de Fusées par la Mairie , ce qui aboutissait à une prise en charge de la masse salariale. Enfin, Eric Piolle avait désigné son Adjoint, le mystérieux et discipliné Vincent Fristot, pilier du système Avrillier,  pour représenter la partie civile, c'est à dire défendre les intérêts du contribuable grenoblois éventuellement lésé. La boucle était bouclée. 

L'AFFAIRE SERA-T -ELLE ENFIN JUGÉE CONTRADICTOIREMENT ?

Une "décision saine" en effet que cette affaire soit enfin jugée contradictoirement. Eric Piolle acceptera -t-il enfin que la ville soit véritablement partie civile, c'est à dire par l'intermédiaire d'un élu indépendant de lui? Me Thierry Aldeguer, avocat du groupe d'opposition pourra -t-il être partie civile? Tous les protagonistes non entendus jusque là , les confrontations qui n'ont pas eu lieu entre les affirmations des uns et des autres pourront elles se dérouler ?

LES GRENOBLOIS ONT LE DROIT DE SAVOIR  

Tout l'enjeu de l'instance d'Appel relève de ces questions. Les Grenoblois ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé et pourquoi une association très proche de lui et de la majorité municipale a bénéficié de l'ordre de 300 000 € de marchés sans appel d'offres. 

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