PIOLLE ABSENT, LA MAJORITÉ MUSELÉE DÉFEND L’AUGMENTATION D’IMPÔTS

Le Conseil municipal se réunissait hier, avec à l'ordre du jour le débat explosif sur l'augmentation des impôts souhaitée par la majorité municipale.

LE MAIRE ABSENT, LA MAJORITÉ MUSELÉE

Eric Piolle lui-même était absent pour ne pas avoir à assumer ce débat et ses responsabilités. Dans une ambiance pesante, c'est donc la première adjointe Isabelle Peters qui a eu à animer la séance. La majorité a été encore plus silencieuse que d'habitude, ayant visiblement reçu des consignes pour ne pas faire de vagues. Quelques adjoints zélés ont ainsi défendu coûte que coûte les décisions du système, et les autres ont attendu que le conseil se passe sans s'exprimer. Les rangs de cette majorité se vidant au fur et à mesure de la soirée, mettant même en danger le quorum requis.

La première adjointe présidait le conseil en l'absence de Piolle, récitant les éléments de langage préparés par le cabinet.

L'OPPOSITION CARTONNE L'AUGMENTATION D'IMPÔTS

Le groupe d'opposition (Alain Carignon, Nathalie Béranger, Brigitte Boer, Chérif Boutafa, Nicolas Pinel, Dominique Spini) a été en première ligne pour combattre l'augmentation de la taxe foncière de 20 à 30% voulue par Eric Piolle. Dès l'ouverture du conseil, le Président de groupe Alain Carignon a sonné la charge : "En 2014, en pleine campagne, vous vantiez un “projet ambitieux et sans augmentation d’impôts”. Nous voyons désormais bien l’augmentation. Mais 8 ans après, nous n’avons toujours pas vu l’ambition. Car la réalité, c’est que cette augmentation vise à faire tenir votre budget quelques temps supplémentaires. Elle n’est au service d’aucun projet pour les Grenoblois. Depuis 8 ans, vous vous contentez d’une gestion à la petite semaine, où vous avez pour seule ambition de tenter chaque année de garder la tête hors de l’eau [...] Que personne ne soit dupe : cette augmentation d’impôts ne s’accompagnera d’aucune amélioration pour la vie quotidienne des Grenoblois. La ville ne sera évidemment pas plus propre, les habitants ne s’y sentiront pas davantage en sécurité. Les Grenoblois n’auront pas accès à davantage de services".

L'intervention d'Alain Carignon en ouverture du conseil

FLAGRANT DÉLIT DE MENSONGE DE LA MAJORITÉ

La majorité, par la voix de Vincent Fristot notamment, a eu deux principaux arguments pour justifier cette augmentation : ce serait la faute du contexte national, et de l'État qui ne fait pas assez pour aider les collectivités. Un argument vite balayé : Grenoble est pour l'instant la seule collectivité à vouloir autant augmenter les impôts, prouvant bien qu'il y a un problème strictement local avec ce budget. La majorité municipale a par ailleurs essayé de noyer le poisson en affirmant qu'Eric Piolle s'était engagé à ne pas augmenter les impôts en 2014, mais que pour sa réélection en 2020, il n'avait rien promis de tel. Une fake news vite enterrée : en plein conseil, les groupes d'opposition ont ressorti l'extrait du débat de France Bleu Isère de 2020 où le candidat Piolle promet clairement qu'il n'augmentera pas les impôts. Un gros mensonge révélé qui a jeté un froid glacial dans les rangs de la majorité.

Le groupe d'opposition hier, qui a relayé la colère des grenoblois et porté la fronde contre l'augmentation d'impôts voulue par la majorité.

ERIC PIOLLE PROCÈDE AUX VENTES DU SIÈCLE...

En plus de l'augmentation programmée des impôts, la majorité municipale acte la poursuite du démantèlement de fleurons grenoblois, en essayant de vendre les bijoux de famille. Les actions de la ville à GEG avaient déjà été vendues lors du précèdent mandat. Eric Piolle essaye désormais de vendre Grenoble Habitat : en juillet, parce que la métropole refusait toujours d'acheter ses actions, il a repoussé la recette attendue à 2023. Même scénario hier avec la compagnie de chauffage : les discussions avec la Métropole sont au point mort, et la recette attendue de la vente des actions est décalée aussi. Alain Carignon a bien rappelé que ces opérations constituent les "ventes du siècle", tant ces outils étaient structurants et avaient apporté à la ville.

La vente des actions des bijoux de famille inquiète les personnels des structures concernées et les usagers. Ici des manifestants pour Grenoble Habitat en juin.

...ET PORTE L'EMPRUNT À UN NIVEAU RECORD...

Le décalage de ces recettes conduit la majorité à souscrire de nouveaux emprunts pour boucler son budget, portant le total des sommes empruntées en 2022 à plus de 40 millions d'euros. Un record, qui montre toute la médiocrité de Piolle : en 2014, il avait fait un emprunt massif pour soi-disant couvrir les frais de la gestion Destot. Cet emprunt n'atteignait pas le montant emprunté cette année : on peut aisément en conclure que les frais de la gestion Piolle sont encore bien pire.

... POUR RIEN

Mais c'est peut-être le pire, cette augmentation massive des impôts, ces "ventes du siècle" dont on serait à minima en droit d'attendre un investissement exceptionnel en retour, l'emprunt record... ne serviront à rien d'autre que boucler péniblement les budgets pour éviter la tutelle. Les Grenoblois ne verront aucune amélioration de leur ville. Aucun grand projet ne verra le jour, les travaux étant par ailleurs repoussés à des dates inconnues fautes de moyens. Le système Piolle plonge les finances dans le rouge et fait trinquer les Grenoblois pour simplement garder la tête hors de l'eau. Un immense gâchis.

L'augmentation des impôts explosait déjà sous Destot ; Piolle va aggraver le phénomène. Pour rien.

LES GRENOBLOIS PAYENT LA MAUVAISE GESTION ROUGE/VERTE

Les Grenoblois payent donc la double peine : non seulement ils payeront plus d'impôts, sans aucune amélioration des services en contrepartie. Mais les générations futures auront en plus à supporter le poids écrasant de la dette. C'est l'effet double lame, qui résulte directement de 27 ans de gestion catastrophique, au cours desquelles les amis d'Eric Piolle aux commandes, dont certains sont encore élus aujourd'hui (notamment l'adjoint aux finances qui a défendu l'augmentation d'impôts hier, Vincent Fristot), ont brûlé la chandelle des deux bouts. Non content d'avoir dégradé la ville, ils l'auront ruiné. Le vote du budget aura lieu en mars : l'Opposition a renouvelé son appel aux Grenoblois à se mobiliser pour éviter la hausse programmée.

 

 

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