LA MÉTRO REJETTE SES EAUX USÉES DANS L’ISÈRE

La station d'épuration de la métro, "Aquapole", au Fontanil. Source photo : ATEMIA

Une pièce a cassé à la station d'épuration Aquapole, gérée par la métropole et située au Fontanil. Conséquence : l'eau usée collectée est rejetée dans l'Isère sans être complètement traitée.

UNE PIÈCE CASSÉE PAS ENCORE REMPLACÉE

Dans la nuit de vendredi à samedi, une pièce de la station s'est donc cassé, soudée à 6m de profondeur. Pour l'instant, personne n'est capable de pronostiquer le délai de remplacement... notamment car la pièce de rechange n'est toujours pas fabriquée ! Alors qu'on serait en droit d'espérer un minimum de prévoyance pour des équipements aussi stratégiques, la Métropole explique qu'elle va "rapidement entrer dans la phase de recherche des causes de cette casse"... Un temps de retard.

AQUAPOLE REJETTE SES EAUX DANS L'ISÈRE

Pendant ce temps, l'eau collectée par la station, qui s'occupe de 200 000 m3 par jour, ne peut être traitée qu'à moitié. Ce qui signifie que l'eau est rejetée dans l'Isère après avoir subi un pré traitement qui retire seulement les plus gros déchets (lingettes...), mais pas le reste. En conséquence, la métro a édicté de nouvelles consignes pour le public : pas de baignade, pas de pêche, pas d'activités nautiques en aval de Saint-Egrève. Ce qui permet d'imaginer à quel point les eaux rejetées sont saines.

Capture d'écran du site de la Métro : non, les eaux ne sont plus "restituées propres"...

LA COMMUNICATION QUI ENDORT...

Pourtant, le communiqué de la Métropole se veut le plus rassurant du monde et minore un maximum l'évènement. Notons déjà que l'incident s'est produit dans la nuit de vendredi à samedi, mais la métro a attendu hier après-midi pour s'exprimer. Elle explique n'avoir relevé "aucun constat de mortalité piscicole anormale", qu'elle organisera un suivi de la pollution, que cette pollution ne sera peut-être même pas visible...

... À L'IMAGE DE L'INCENDIE RUE DES ALLIÉS

Des propos miroirs à ceux d'Eric Piolle et de Christophe Ferrari, lorsque l'incendie du camp de la rue des alliés avait généré un énorme nuage de fumée noir et que de nombreux habitants s'inquiétaient de la pollution potentielle générée. Malgré de la suie inquiétante sur les voitures des Grenoblois, le Président de la Métropole avait aussitôt annoncé que « la concentration en particules est restée stable dans la Métropole ». Sauf que les mesures de qualité de l'air de l'organisme ATMO ont bien révélé une augmentation de la pollution de l'air juste après l'incendie ! De quoi douter de ce nouveau "circulez y'a rien à voir" qui émane des mêmes...

Les mesures de qualité de l'air d'ATMO : dégradation subite dès l'incendie !

COMME UN AIR D'ATHANOR...

Cette situation n'est pas sans rappeler celle d'Athanor qui, en raison d'un dysfonctionnement fin 2020, avait dû incinérer pendant au moins deux mois des déchets pourtant triés ! Une situation qui avait écoeuré bon nombre d'agents, et complètement lunaire à l'heure où l'on rabâche aux habitants de faire des efforts. Avec Aquapole, c'est un nouvel équipement métropolitain qui dysfonctionne et créé un problème environnemental. Il y a décidément un problème de gestion dans cette institution, et ce n'est pas la guerre des gangs au sein de la majorité qui améliorera quoi que ce soit.

Un terrain à côté d'Athanor, propriété de la métropole, est également le théâtre depuis des mois de brûlages de câbles, une activité très polluante et nocive, malgré les interpellations des riverains et d'Alain Carignon (président du groupe d'opposition).

"L'OUTIL NE PEUT PAS TOUT GÉRER"

Énième exemple de la mauvaise gestion de la majorité métropolitaine Piolle/Ferrari. Dans le Dauphiné Libéré, un agent de la métropole explique que "l'outil ne peut pas tout gérer" pour justifier le fait qu'en cas de fortes précipitations (de "situations exceptionnelles"), les eaux usées sont rejetées dans l'Isère ! L'équipement, qui a pourtant subi de gros travaux de modernisation entre 2010 et 2016, n'est donc pas capable d'absorber toutes les eaux usées de la Métropole. Les mêmes élus qui font des leçons sur la responsabilité individuelle de chacun pour lutter contre la pollution ne sont toujours pas capables d'assurer que leurs équipements ne rejettent rien de polluant dans l'Isère. Lunaire.

L'INSUPPORTABLE DÉCALAGE ENTRE DISCOURS ET GESTION

Chaque semaine, de nouveaux exemples pointent ce terrible décalage entre les discours pompeux de la majorité, des élus du système Piolle en particulier, et la médiocrité de leur gestion quotidienne. Ces élus sont ainsi capables de rester 4h dans une salle à s'extasier des propositions pour le climat émanant de citoyens tirés au sort (qui ne seront sans doute jamais appliquées), quand dans le même temps ils sont absolument démunis quand il s'agit d'agir concrètement contre la pollution, à commencer contre celle émanant de ses propres équipements. Mais les hommes politiques se jugent bien à l'aune de leurs résultats... inexistants en l'occurence.

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