ACCUEIL DES MIGRANTS : LA TARTUFFERIE DE « L’ARC HUMANISTE »

Parc de l'alliance, les familles s'entassent à nouveau dans des tentes dans des conditions indignes.

Le Conseil municipal de lundi dernier a permis de dévoiler la grande tartufferie de la majorité municipale à propos de la solidarité à Grenoble et de l'accueil des migrants.

DEUX DÉLIBÉRATIONS POUR FAVORISER L'ARRIVÉE DE MIGRANTS

En cause : deux délibérations qui visent à installer un important centre d’accueil des migrants à proximité de l’avenue Alsace Lorraine et de K’ Store : l'accueil des demandeurs d’asile, l’ADA, mais également les associations Méda 38 et Éclat, les unes étant chargées d’appuyer les démarches des demandeurs d’asile, et les associations étant chargées d’aider les demandeurs dont le dossier a été rejeté (en produisant des certificats médicaux, en apportant diverses aides et soutiens).

ALAIN CARIGNON POINTE LES PROBLÈMES QUE VA CRÉER LA MUNICIPALITÉ

Dans une longue intervention, Alain Carignon, Président du Groupe d'Opposition, a énoncé les problèmes que cela créera et la grande hypocrisie de la majorité municipale : "il est évident que cette installation dans ces conditions, avec 500 M2 de surfaces d’accueil pour commencer, dans ce bâtiment important et emblématique, en plein centre-ville, va constituer un nouveau produit d’appel à l’immigration illégale. On a vu ce qu’il en était avec vos autres déclarations irresponsables qui produisent les campements à répétition, les 15 bidonvilles dans la ville, où les familles, les enfants, s’entassent dans des conditions indignes, honteuses [...] Dans ce secteur du centre ville vont donc attendre, défiler, des centaines de malheureux auxquels vous allez donner l’espoir qu’étant rejetés de la demande d’asile ils vont pouvoir rester sur notre territoire. Pour s’abriter de la chaleur ou du froid ils n’auront que l’abri du centre commercial K’Store à côté. Évidemment, vous êtes dans l’incapacité de leur fournir un logement, de les insérer, de leur faire partager notre culture et nos valeurs, de leur fournir un emploi."

L'intervention d'Alain Carignon lors du Conseil municipal, ce lundi 19 septembre.

ANTOINE BACK SE FAIT LA CARICATURE DE LUI-MÊME

Évidemment, il n'en fallait pas plus au porte-parole de la majorité municipale, l'idéologue Antoine Back dont on cherche encore une trace de son bilan comme "adjoint aux Risques, Prospective et résilience territoriale, Évaluation et nouveaux indicateurs, Stratégie alimentaire", pour s'indigner. Il a ressorti tous les poncifs éculés qu'utilise la gauche depuis des décennies pour disqualifier ses adversaires, ne s'interrogeant jamais sur le fond mais multipliant les comparaisons et caricatures pour tenter de décrédibiliser des propos qui visaient juste.

Le tweet d'Antoine Back, à l'image de son intervention : une accumulation de caricatures et de poncifs éculés.

LES DISCOURS FACE À LA RÉALITÉ DE L'ACCUEIL À GRENOBLE

Sauf que ces cris d'orfraies paraissent bien déconnectés de la réalité que vivent les migrants qui arrivent à Grenoble. La ville compte déjà 15 bidonvilles et campements qu'elle ne parvient pas à résorber et elle ne parvient pas à trouver de logements à ces familles. En organisant les associations, en donnant de faux espoirs à la plupart des personnes qui seront insérées dans ces processus administratifs, Eric Piolle pose toutes les conditions pour que ces bidonvilles, ces familles dans la misère se multiplient dans le futur.

PARC DE L'ALLIANCE : UN NOUVEAU CAMPEMENT

Le parc de l'alliance est un cas d'école de l'impasse de cette politique. En novembre dernier, la Municipalité avait fait intervenir la police pour évacuer les familles qui logeaient dans la bibliothèque à cause du froid. Un fiasco : de nombreuses familles avaient refusé de monter dans le bus et s'étaient évanouies dans la nature. En début d'année, de nouvelles tentes s'étaient installées : l'Opposition et l'Union de quartier Foch-Aigle-Libération avaient immédiatement interpellé Éric Piolle pour qu'il ne laisse pas un nouveau camp se développer. Peine perdue : les tentes se sont aujourd'hui multipliées et la Municipalité est bien incapable de reloger les occupants. Comme l'avait souligné le Préfet : "le parc de l’Alliance est un parc municipal, donc il s’agit de la compétence de la mairie".

Le campement aujourd'hui réinstallé parc de l'Alliance.

OCCUPATION PAR LE DAL : L'ART DU "EN MÊME TEMPS"

Autre exemple spectaculaire de cette Municipalité qui soutient les causes de ce qu'elle est incapable de gérer ensuite : le DAL38 (Droit au Logement) occupe l'ancienne école Jean Macé pour loger 84 familles qui ne trouvent pas d'habitation. Réaction de la majorité municipale, dépassée par les évènements : ils portent plainte contre cette occupation... avant que l'élu en charge du logement, le PCF Nicolas Beron-Perez, n'explique que malgré cette plainte n'enlève rien au fait qu'ils soutiennent les revendications du DAL et appellent à manifester en soutien aux mal-logés ! À ce niveau-là, c'est de l'art.

"Vers de nouveaux volets verts ?" interroge le DL en référence aux occupants de l'Abbaye.

PAS DE CONCERT DE LARMES QUAND LA MUNICIPALITÉ COUPAIT LE CHAUFFAGE À L'ABBAYE

On aurait aimé entendre le sermon d'Antoine Back en plein hiver 2021 quand Elisa Martin (présidente d'ACTIS, désormais députée NUPES), Alan Confesson (président de la compagnie de chauffage), Olivier Bertrand (président d'Eaux de Grenoble), Vincent Fristot (président de GEG) coupaient eau, électricité, chauffage aux occupants des logements vides de l'Abbaye. Les objecteurs de consciences, les têtes de gondoles de cet "arc" qui n'a d'humaniste que le nom, sont curieusement restés muets à cette occasion. 

Le donneur de leçons Confesson coupe le chauffage aux plus précaires.

L'HYPOCRISIE DE L'ARC HUMANISTE

La politique des bons sentiments se finit inévitablement par le malheur de certains. En faisant mine de ne pas comprendre que ses discours et ses dispositions créent un appel d'air de personnes qui viendront à Grenoble mais qui n'y trouveront aucun accueil digne, le système Piolle montre toute l'étendue de son cynisme et de son hypocrisie. Cette idéologie créatrice de malheur leur donne peut-être un semblant de bonne conscience, mais elle n'améliore en rien le sort de personnes qui subissent déjà la misère.

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