CONSEIL MUNICIPAL : ERIC PIOLLE AU PIED DU MUR

Ordre du jour d'un vide sidéral et un Eric Piolle acculé, au pied du mur à une semaine de son procès : c'était le conseil municipal d'hier.

UN ORDRE DU JOUR VIDE MALGRÉ L'ACTUALITÉ CHARGÉE

Après un été de tous les records (chaleur, insécurité, manque d'animations pour les jeunes...), les Grenoblois étaient en droit de s'attendre à un conseil municipal de rentrée qui réponde à ces problématiques. Il n'en a rien été, avec un enchainement de 75 délibérations techniques, creuses, dont aucune ne s'attaque aux maux de Grenoble et pas une n'améliorera la vie quotidienne des habitants.

UN DÉLIBÉRATION SUR LA JEUNESSE QUI BRASSE DU VENT

Seule délibération mise en avant : un projet pour la jeunesse grenobloise à l'horizon 2027. Une quinzaine de pages d'intentions, sans bilan sur ce qui a été fait en 8 ans de mandat, sans objectifs chiffrés, précis, sans ambitions pour la jeunesse. Alain Carignon et Brigitte Boer, élus du Groupe d'Opposition, ont successivement rappelé l'abandon des jeunes Grenoblois : jeunes livrés à eux-même dans les quartiers avec aucune propositions d'animations, ravages du trafic de drogue qui en fait prendre une pente infernale pour un nombre croissant d'entre eux, baisse des subventions aux MJC et structures d'éducation populaire pour tenter de les formater (et les faire entrer dans le moule Piollesque qui ne jure que par "l'accès aux droits" et "l'éco anxiété")... Autant de problèmes très concrets à laquelle cette délibération ne répond évidemment pas.

Tout au long du conseil, le Groupe d'Opposition (Alain Carignon, Chérif Boutafa, Brigitte Boer, Nicolas Pinel, Dominique Spini, Nathalie Béranger) a tenté de faire entendre les préoccupations que lui font remonter les Grenoblois.

15 POLICIERS MUNICIPAUX MOBILISÉS POUR LE CLUQ

Devant le Conseil Municipal, les membres des unions de quartiers protestaient contre la suppression de la subvention de la ville au Comité de Liaison des Unions de Quartier, annoncée en catimini au milieu de l'été pour tenter d'étouffer cette organe de participation citoyenne. Pas moins de 15 policiers municipaux avaient été mobilisés au total pour encadrer cette manifestation pacifique (on est loin d'une manif d'extrême-gauche), témoignant d'un Eric Piolle apeuré qui préfère employer les forces de l'ordre pour se cacher plutôt que pour faire du terrain et oeuvrer pour les Grenoblois. Le Groupe d'Opposition a déposé un amendement pour demander le maintien de la subvention, sans laquelle un emploi est menacé : la majorité municipale l'a refusé.

Le Groupe d'Oppostion est allé à la rencontre du CLUQ et des représentants des unions de quartier devant le conseil municipal.

ALAIN CARIGNON APPUIE LÀ OÙ ÇA FAIT MAL

Alain Carignon, Président du Groupe d'Opposition, a sonné la charge en posant une question orale au Maire en ouverture du conseil. Il a méthodiquement détaillé les problèmes de la ville qui se sont encore aggravés cet été : ilots de chaleur dus à la bétonisation, insécurité, campements et bidonvilles, fake sur les menus végétariens adoptés par seulement 6% des parents, fake sur les énergies renouvelables qui n'alimentent pas Grenoble à 100% (loin de là), tentative de brader Grenoble Habitat à un opérateur privé, enterrement de la participation citoyenne...

LE PROCÈS TABOU DANS UNE SEMAINE

Le Président du Groupe d'Opposition a conclu son intervention en remettant sur la table le sujet du procès du Maire en correctionnelle, la semaine prochaine : "Vous comparaissez en correctionnelle car vous êtes soupçonné de favoritisme dans le cadre de l’attribution de deux marchés de la fête des tuiles, d’un montant total d’environ 300 000 euros, à une association qui a activement participé à votre campagne municipale de 2014 [...] Cette attribution s’est faite sans appel d’offres, sans publicité ni mise en concurrence [...] la majorité municipale  a refusé que ce soit des élus de l’opposition qui soient partie civile dans l’affaire de la fête des tuiles, et a désigné un élu proche de vous, Vincent Fristot, pour représenter la ville et défendre ses intérêts. [...] Le Groupe d’Opposition a sollicité plusieurs fois Monsieur Vincent Fristot pour qu’il rende compte de ses décisions dans ce dossier au Conseil Municipal [...] A la veille du procès, nous n’avons reçu aucune réponse, ni de Monsieur Fristot [...] Il s’agit pour nous d’empêcher un procès inéquitable, car avec la désignation de l’un de vos Adjoints, très proche de vous, comme représentant de la partie civile, le risque est que vous bénéficiez en fait d’un second avocat en défense [...] pourquoi, malgré nos nombreuses demandes, vous-même ou monsieur Vincent Fristot avez-vous refusé de rendre compte au conseil municipal et aux Grenoblois des actions engagées pour représenter la ville partie civile dans le cadre de votre procès ?"

L'intervention d'Alain Carignon en préambule du conseil.

ERIC PIOLLE ÉTEINT

Mis au pied du mur, Eric Piolle a botté en touche, osant expliquer avec sa mauvaise foi habituelle que ce que dénonce l'Opposition serait "des raccourcis, des fake news, des cas particuliers" et parlant sans rougir de "dérive vers la pensée d'extrême-droite". Vieille technique réthorique pour disqualifier ses adversaires, mais qui ne prend évidemment plus : ce que vivent les Grenoblois confirme les constats du Groupe d'Opposition, et c'est au contraire la majorité municipale qui multiplie les fake news et contribue à faire monter les extrêmes en défendant des idées qui dressent les citoyens les uns contre les autres. Incapable d'argumenter sur le fond, Eric Piolle se réfugiera derrière ce genre d'invective tout le reste du conseil.

C'est un Eric Piolle usé et incapable de répondre sur le fond qui a tenu le conseil municipal hier.

VINCENT FRISTOT FORCÉ DE DIRE 3 MOTS

Acculé, à une semaine de l'ouverture de son procès, Eric Piolle a ensuite refusé de répondre à ce propos, préférant donner la parole au représentant de la partie civile, l'adjoint Vincent Fristot, pour qu'il fasse le strict minimum : expliquer que la ville a choisi un avocat et se réservera le droit de demander des dommages intérêts selon le procès. Rien de plus, si ce n'est une gêne palpable sur les bancs de la majorité.

Vincent Fristot, au coeur du clan vert/rouge depuis l'époque Avrillier, est censé défendre les intérêts Grenoblois dans cette affaire...

ALAN CONFESSON : "TAISEZ-VOUS QUAND JE PARLE"

Le conseil s'est poursuivi avec une majorité municipale amorphe, comme à bout de souffle. Seul le Groupe d'Opposition mené par Alain Carignon, pointant toutes les faiblesses de la Municipalité, a réussi à réveiller Eric Piolle de temps en temps, qui n'a évidemment jamais répondu sur le fond mais s'est contenté de petites invectives politiciennes loin d'être au niveau d'un Maire de Grenoble. Dans une funeste tentative de défendre la majorité et son Maire, l'adjoint Alan Confesson (LFI) a même gratifié l'Opposition d'un aussi violent qu'inutile "taisez-vous quand je parle", visiblement excédé que ceux qui représentent les Grenoblois n'ayant pas voté Piolle aient droit à la parole, à défaut d'avoir le droit d'être écouté par une majorité emmurée dans ses certitudes.

LE COUPERET SE RAPPROCHE

Le conseil s'est donc achevé sans qu'aucun avancée, aucun projet concret n'ait été voté pour les Grenoblois. Avec une majorité décidément plus tétanisée que jamais, et un Maire toujours absent, incapable de parler du fond, de Grenoble, mais seulement de répondre à l'Opposition qui l'interpelle sur la vie des Grenoblois, toujours par des dénégations et des attaques infondées. L'étoile Piolle a sévèrement amorcé son implosion : la suite (et fin ?) lundi, avec l'ouverture de son procès.

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