ÉPIDÉMIE DE CAFARDS À GRENOBLE

Quand ce ne sont pas les rats, ce sont les cafards qui pourrissent la vie des Grenoblois. Dans le Dauphiné Libéré (édition du 17 septembre 2022), plusieurs habitants témoignent de l'enfer qu'ils vivent.

PLACE JEAN MOULIN : LES HABITANTS À BOUT

Place Jean Moulin, les habitants d'un immeuble ont ainsi fait une pétition : depuis de longs mois, les cafards leur font vivre un enfer. Ils en retrouvent dans leur lit, dans leur nourriture, se réveillent en pleine nuit pour les tuer, passent leur temps à chercher des solutions pour limiter leur prolifération. Leur quotidien est miné par la présence de ces blattes.

"Cafards city" : un tag équivoque à l'Arlequin, quartier qui connait aussi ce genre de problèmes.

LE BAILLEUR MINIMISE

Le bailleur de l'immeuble, la SDH, minimise, osant évoquer pudiquement la réapparition de "quelques cafards", niant avoir été alerté avant le mois dernier alors que des habitants affirment prévenir depuis 8 mois, et en mandatant une entreprise qui administre un traitement "surtout préventif"... alors que les cafards infestent déjà les appartements !

MISTRAL : MÊME SITUATION

À Mistral, rue Albert Thomas, même situation pour des locataires du bailleur social ACTIS. Les habitants en viennent à éviter de cuisiner voire à ne plus manger, ne peuvent plus ouvrir un paquet de gâteau sans être obligés de le finir de suite, fustigent là aussi l'inefficacité du traitement préventif et évoquent le poids psychologique d'une vie quotidienne avec de tels nuisibles. 

LA CITÉ "ENCOMBRÉE DE DÉTRITUS"

Le directeur du service proximité d'ACTIS témoigne, confirmant que le problème vient bien de l'hygiène et de l'insalubrité. Et dans une cité "encombrée de détritus", comme le relève Le Dauphiné, tant ACTIS (présidé par Elisa Martin, ancienne première adjointe de Piolle désormais députée NUPES) que la Municipalité sont dépassés, ne parvenant pas à endiguer la saleté, les dépôts de déchets...  L'éclatement des compétences entre ville, métro, bailleur ; la rigidité de l'organisation qui cloisonne les missions des agents et nuit à l'efficacité en empêchant un traitement global et rapide des questions de malpropreté ; et le refus de contrôler les attributions de logements sociaux mènent à cette situation. 

Dépôts sauvages à Mistral : un phénomène endémique dans le quartier.

LA "PRESSION DES DÉLINQUANTS"

Car le directeur proximité d'ACTIS le concède : "on nettoie, on répare, et c'est sali ou cassé immédiatement après". Il évoque le peu d'entreprises qui acceptent d'intervenir à Mistral à cause de la "pression permanente des délinquants". Même Gilles Namur, le zélé adjoint aux espaces publics, admet l'inefficacité de la lutte contre l'insalubrité : "ils nettoient, et c'est jonché de détritus quelques heures plus tard". 

La MDH Anatole France a dû fermer ses portes à cause de cette fameuse "pression des délinquants". Cet été, une association pour autistes a aussi dû fuir son local.

À QUAND DES MESURES ?

Gilles Namur ne cache pas son désarroi, appelle de ses vœux plus de sensibilisation, voire une verbalisation par une "police de l'environnement". En omettant que tant ACTIS, contrôlé par la Municipalité, que la ville elle-même ont tous les moyens pour agir en matière de propreté de l'espace public, de contrôle des attributions de logements sociaux pour éviter de loger des locataires qui dégradent, salissent les espaces communs et leur lieu de vie et ainsi créent les conditions à la prolifération de cafards. Mais aussi pour éviter de loger ces délinquants qui mettent le quartier sous pression. Après 8 ans de mandat, le temps des constats est loin et il serait temps d'oser s'attaquer aux problèmes plutôt que de les fustiger.

Elisa Martin (président d'ACTIS) et Gilles Namur (adjoint aux espaces publics) siègent sur les mêmes bancs : ils ont tous les deux les moyens d'agir mais en 8 ans avec eux aux commandes, la situation n'a fait que se dégrader.

L'INSALUBRITÉ DE LA VILLE MINE LES GRENOBLOIS

La présence de rats dans l'espace public a déjà explosé, posant des questions graves en matière d'hygiène et de santé publique tant ils sont vecteurs de maladies, comme l'a rappelé l'académie de médecine fustigeant les décisions de ne pas fustiger les "surmulots", de la part de ceux qui accordent plus d'importance à cet animal qu'aux habitants. L'état de saleté de Grenoble attire désormais les cafards  dans les immeubles, pourrissant le quotidien d'un peu plus d'habitants. Quel fantastique bilan pour la capitale verte, qui revient des décennies en arrière en matière de salubrité publique.

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