LA “CAPITALE DES ALPES” BIENTÔT SANS MAISON DE LA MONTAGNE ?

D'ici 2023, la maison de la montagne ne proposera plus d'accueil touristique. La destruction par le système Piolle de tout ce qui faisait la spécificité de la "capitale des alpes" se poursuit.

LA VILLE RAPPELÉE À L'ORDRE PAR LA PRÉFECTURE

Selon le Dauphiné Libéré, c'est la Préfecture qui a rappelé la Mairie à l'ordre par courrier, car la compétence tourisme est exercée par la Métropole depuis 2015. Or, la maison du tourisme est restée sous tutelle municipale, car "les transferts de compétence demandent énormément d'adaptation aux services et de mobilisation aux élus", expliquait le conseiller montagne de Piolle, Pierre Meriaux, en 2017. On voit toute l'efficacité de cette municipalité : 7 ans après, ils n'ont pas été capables d'assurer le transfert de quelques salariés et c'est l'État qui doit sonner le rappel.

BISBILLE AVEC LA MÉTROPOLE

Claus Habfast, conseiller municipal délégué à la montagne, explique que l'information touristique reviendra à la Métropole. Mais la Vice-Présidente en charge du tourisme Mélina Herenger affirme qu'elle n'est "pas au courant" ! Tout ce beau monde siège dans la même majorité métropolitaine et n'a pas été capable de discuter et s'accorder sur un transfert censé être opéré depuis 2015. De quoi faire douter quant à leurs compétences pour mener des projets plus complexes pour le territoire.

Maison de la montagne et office du tourisme partagent les mêmes locaux, mais les élus en charge de l'un et l'autre sont incapables de se parler.

UN AVENIR "EN RÉFLEXION"

C'est le terme pudique choisi par Jean-Benoit Vigny du Dauphiné Libéré pour qualifier l'avenir de la maison de la montagne. À lire les déclarations des uns et des autres, on comprend qu'ils n'ont en fait encore rien prévu. "Elle va recentrer ses activités autour de la culture montagne", "les enjeux nous incitent à devenir des facilitateurs" explique Claus Habfast. Ce qui concrètement ne veut rien dire.

LA BIBLIOTHÈQUE MENACÉE AUSSI

"On souhaite maintenir le fonds documentaire mais peut-être ailleurs" ajoute Claus Habfast. Comprendre : il n'y aura plus de bibliothèque. Sans bibliothèque et sans information touristique, on voit mal ce qu'il restera de la maison de la montagne malgré une concertation avec les usagers promise. Et plus inquiétant, il y a fort à parier que la municipalité n'y voit pas plus clair que nous et conduit l'équipement droit à la déchéance. Grenoble sous Piolle poursuit sa régression à tous les niveaux.

LE DIALOGUE SOCIAL À LA MAISON DE LA MONTAGNE SELON PIERRE MERIAUX

Celui qui est désormais adjoint en charge du personnel et brille par sa capacité à se mettre tous les agents à dos était, lors du précèdent mandat, conseiller en charge de la montagne. À ce titre, il avait déjà brillé par son sens du dialogue social à la maison de la montagne. En 2017, un salarié de la maison de la montagne dénonçait ainsi dans le Dauphiné : « Après quatre ans passés à la Maison de la montagne de Grenoble, Didier Minelli a refusé la prolongation de contrat faite par la Ville pour « trois mois, sans aucune garantie dans l’avenir de transformer ce contrat précaire en un véritable engagement, pérenne, constructif et de confiance mutuelle. Le sentiment de ne pas être respecté, de ne pas être reconnu pour les bons résultats et réalisations initiées par mes soins, l’impossibilité de me projeter dans l’avenir tant au niveau personnel, professionnel qu’économique a naturellement dicté mon choix de refuser ce contrat précaire, juste inacceptable ». Ça n'empêche pas cet ancien inspecteur du travail de faire la leçon à la terre entière.

Pierre Meriaux avec Eric Piolle et Didier Minelli (salarié de la maison de la montagne) qui a claqué la porte.

QUE RESTERA-T-IL APRÈS PIOLLE ?

Avec la maison de la montagne, c'est un nouvel outil de rayonnement du territoire qui est menacé, dans une ville au coeur des Alpes dont la montagne fait partie intégrante de son identité. Cumulé avec la tour Perret dont le plan de financement de la rénovation n'est pas bouclé, l'ancien musée de peinture en ruines et pour lequel la ville n'a pas un seul centime à consacrer, les édifices cultuels décrépis, l'hôtel de ville pas aux normes... On est en droit de se demander ce qu'Eric Piolle laissera debout à la fin de son mandat. Et de s'inquiéter.

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