CAPITALE VERTE : LE VRAI BILAN À MI-PARCOURS

L'opération "capitale verte" fait sa pub, avec une pleine page dans le Dauphiné Libéré du 24 juillet... malgré l'absence palpable de résultats depuis le début.

ATELIER DE COUTURE OU FORUM...

"Le plus intéressant, c'est cette diversité de propositions : on peut ainsi passer d'un atelier de couture de protection périodiques lavables au Forum international pour le bien-vivre" explique ainsi Guillaume Thieriot, directeur de l'agence Grenoble capitale verte créée pour l'occasion. Les deux exemples qu'il cite donc comme vitrine sont un atelier de couture et un énième forum : la planète est sauvée.

Le "forum" mis en avant dans le cadre de capitale verte par le directeur de l'agence existait depuis bien avant la labellisation...

16 PERSONNES POUR L'OPÉRATION COMMUNICATION DE L'ANNÉE

16 personnes travaillent à plein-temps sur le label. Le directeur ne s'en cache pas : "le plus gros pôle de travail de l'agence reste celui de la communication", avec un graphiste, un vidéaste, un attaché de presse, des chargés de comm'... Des propos qui confirment les doutes qu'avait soulevé Nicolas Pinel, conseiller municipal d'opposition, il y a plus d'un an, et que l'Opposition a souvent rappelé depuis : le label capitale verte sert malheureusement à communiquer, pas à faire avancer concrètement Grenoble. 

"CAPITALE VERTE N'A PAS AUTANT TOUCHÉ LE GRAND PUBLIC QU'ATTENDU"

... reconnait tout de même le directeur de l'agence. Donc les millions d'euros de dépenses, principalement pour communiquer, n'ont pas touché les Grenoblois (en effet, qui a entendu parler des 600 évènements revendiqués par l'Agence ?). Alors que ce simple constat suffit à acter l'échec de l'opération, ça n'entame pas son autosatisfaction : "la dynamique de territoire, elle, est un vrai succès", "une dynamique collective capitale verte est née". Une dynamique qu'un petit microcosme doit être le seul à voir, les habitants en étant exclus : ils osent tout.

Conscient que les Grenoblois se fichent de son opération, la municipalité avait proposé de rémunérer les agents de la ville en heures supplémentaires pour avoir du monde à la cérémonie d'ouverture...

POLLUTION : AUCUNE AVANCÉE CONCRÈTE

Pendant qu'une poignée d'élus s'autocongratulent, personne n'est capable de donner une seule avancée concrète que nous avons obtenu en matière de préservation de l'environnement. Et pour cause : Eric Piolle et ce label n'ont permis aucun progrès notable : le compte n'y est pas pour la pollution de l'air, pas plus qu'en matière de propreté de la ville. Les dépôts sauvages de déchets se multiplient, les poubelles débordent, les rats se multiplient faisant courir un risque sanitaire aux Grenoblois comme le note l'Académie de médecine. 

Même en matière de tri des déchets, la capitale verte a un temps de retard.

GRENOBLE CAPITALE GRISE

Et pendant ce temps, la bétonisation de la ville se poursuit à vitesse grand V dans tous les quartiers, avec un double effet : la disparition des espaces verts dans une ville déjà en queue de peloton des grandes villes pour le nombre de mètres carrés de végétalisation par habitant, et une densification extrême créatrice d'îlots de chaleur. Un comble à l'heure de l'urgence climatique, une triste ironie pour une ville qui se revendique capitale verte. Interrogé sur ces problèmes, Eric Piolle balaye d'un revers de main : "c'est un discours que l'on entend dans toutes les villes. J'ai l'habitude". Comme d'habitude, il n'a rien à répondre, à proposer, et renvoie la balle ailleurs : en omettant que Grenoble est bien plus que d'autres la cible de ces critiques, et que les autres villes qui en font les frais sont quasiment toutes gérées par... la gauche et les écologistes.

La "capitale verte" reste la lanterne rouge des villes vertes

L'OPPOSITION DEMANDE DES OBJECTIFS ET DES INDICATEURS

Pour que cette opération serve finalement à quelque chose, l'Opposition par la voix d'Alain Carignon avait demandé des objectifs, refusés par la majorité municipale : "Eric Piolle a refusé toutes nos propositions de fixer des objectifs dans ces domaines avec des indicateurs partagés qui auraient pu être suivis par les grenoblois et engagé leur participation. Alors que d’autres villes ont profité de ce label pour améliorer leur situation, par exemple par la pose de capteurs de qualité de l’air, Grenoble n’a rien programmé et rien obtenu. Elle se contente de labelliser des micro initiatives dont certaines se seraient peut être déroulées même sans l’année capitale verte. Elle attend toujours les crédits d’Etat qu’elle consacre quasi exclusivement à une com’ interne qui ne convainc aucun Grenoblois, alors qu’elle aurait dû se saisir de cette opportunité pour changer l’image de la ville à l’échelle Nationale et Internationale."

L'Opposition alerte depuis des mois sur l'arnaque que constitue ce label.

"L'IMAGE DE CAPITALE VERTE N'EST PAS AUSSI FORTE QU'ON L'AURAIT SOUHAITÉ"

... se désole finalement Maud Tavel, qui représente la majorité municipale dans cette opération. Peut-être parce que personne ne voit en quoi Grenoble est plus "verte" qu'avant ? Le label est finalement à l'image du reste de l'action municipale : beaucoup de communication. Mais cette fois, les Grenoblois n'ont pas gobé l'arnaque. 

 

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