INTERPELLATION CITOYENNE : L’ABSENCE DE RÉSULTATS CONFIRMÉE

La Municipalité organisait récemment une réunion bilan après un an de mise en place du nouveau dispositif "d'interpellation citoyenne". Bilan : l'usine à gaz ne permet pas d'obtenir de résultats concrets. Comme c'était prévisible.

UNE USINE À GAZ POUR ÉLOIGNER LE CITOYEN DE LA DÉCISION

Le dispositif mis en place par la Municipalité pour permettre aux Grenoblois d'espérer obtenir des réponses à leurs problèmes a tout de l'usine à gaz. Pour interpeller les élus, il faut 50 signatures de pétitions qui donnent droit à 3 réunions pour discuter du problème. Avec 1000 signatures, les pétitionnaires ont droit à un atelier avec 25 citoyens tirés au sort. Enfin, à 8000 signatures (évidemment impossibles à atteindre), le Maire propose au conseil municipal l'organisation d'une "consultation citoyenne" (il peut donc faire refuser la demande par ses élus), et si le conseil l'autorise, la proposition des pétitionnaires soumise au vote des Grenoblois doit obtenir un vote favorable de 10% des habitants... soit 16 000 voix, autant que le nombre d'électeurs qui ont élu Eric Piolle !

L'usine à gaz créée pour la "participation citoyenne" vise à bloquer l'expression des grenoblois

10 DEMANDES EN UN AN

L'ambition d'Eric Piolle est claire : empêcher les habitants de lui imposer des sujets qui le gênent, mais faire vivre une fable de participation citoyenne pour sa communication. Avec l'usine à gaz qu'il a mis sur pied, il fait d'une pierre deux coups. Mais personne n'est dupe : en un an, seulement 10 personnes ont eu recours à l'interpellation citoyenne... la pétition la plus avancée étant celle de l'alliance citoyenne pour l'autorisation du burkini (2300 signatures) !

L'interdiction du burkini a beau avoir été confirmée par le conseil d'état, la pétition de l'alliance citoyenne est toujours sur le site officiel de la ville.

"CE QU'ON VEUT, C'EST UN RÉSULTAT"

"On fait des réunions (...) ce qu'on veut, c'est un résultat", résume à merveille l'un des participants dans le Dauphiné Libéré du 16 juillet. La Municipalité Piolle a un penchant particulier pour la réunionite aiguë, mais aussi les créations de comités théodules, signatures de chartes et autres adhésions à des forums obscurs. Tout plutôt qu'agir.

En Piollie, l'initiative est souvent belle et les discours toujours mirifiques. Tout est dans le "mais"...

EFFETS DES MESURES SANITAIRES : "UNE VOLONTÉ MUNICIPALE DE NE PAS FAIRE L'ENQUÊTE"

D'autres participants qui souhaitaient le lancement d'une enquête sur l'impact des mesures sanitaires dans les écoles pensent "qu'il y avait une volonté municipale de ne pas faire cette enquête. On doute de leur sincérité". La Municipalité se cache en effet derrière un problème de compétence, plutôt que de renseigner les habitants voir les aider à trouver les bons interlocuteurs.

PARC BACHELARD : "DÉCUS DU CONSTAT D'IMPUISSANCE DE LA MAIRIE"

Parc Bachelard, les habitants sont excédés des nuisances. Ils ont tenté d'utiliser le dispositif d'interpellation. Verdict : "déçus du constat d'impuissance de la Mairie (...) on est effarés. Il y a des dégradations de biens publics, mais rien n'est fait (...) la médiation a réglé des choses accessoires, pas le problème de fond". Un bon résumé de la participation citoyenne à Grenoble : on consulte pour la couleur de tel ou tel mobilier, pas pour les vrais projets et nuisances. Et bien évidemment, il n'y a aucun suivi des demandes après les réunions. Tout s'arrête, comme si le problème n'existait plus.

À Washington, des habitants pour qui la Municipalité Piolle refuse la concertation. Citoyens trop "indépendants" pour eux ?

DES PÉTITIONNAIRES MAJORITAIREMENT FAVORABLES À PIOLLE

Toujours dans le même article du Dauphiné, on découvre qu'un chercheur a effectué une étude sur le dispositif et déterminé que les pétitionnaires ont majoritairement entre 30 et 45 ans, sont intéressés par la politique et "majoritairement favorables à Éric Piolle". Le prototype du "citoyen professionnel", celui qui suit assidument la vie municipale et a le temps de se préoccuper des moindres dispositifs. Bien loin des vrais gens qui, eux, voudraient simplement des réponses à leurs courriers, mails, appels à la Mairie. Éric Piolle a baptisé son groupe d'élus "Grenoble en commun" : ils sembleraient que certains ont plus en commun que d'autres, complètement exclus.

UNE VOLONTÉ D'ÉCARTER LES GRENOBLOIS

Ce dispositif usine à gaz n'a donc que pour objet d'éloigner le citoyen de la décision politique. Dans une Mairie normale, un citoyen qui rencontre un problème écrit à ses élus et obtient une réponse. Pas à Grenoble, où les habitants n'obtiennent souvent pas de réponses à leurs courriers et ne sont consultés sur aucun sujet d'envergure. Ils se voient ainsi obligés de passer par le dispositif pour demander que la Mairie assure ses missions les plus simples : exemple avec la pétition "plus de propreté au quartier Berriat/Saint-Bruno" (79 signataires).

Les habitants désespérés de l'inaction des élus tentent d'utiliser le dispositif pour avoir des solutions à leurs problèmes quotidiens.

LES CITOYENS MANIPULÉS POUR LA COMM DE PIOLLE

Avec le temps, la Municipalité Piolle est devenue experte en manipulation des citoyens pour leur faire porter des choix qui n'émanent que des élus. On se rappelle de la farce des "conseils citoyens indépendants" lors du précèdent mandat, dont le rapporteur en conseil municipal avait été... celui qui fut ensuite responsable des élections pour EELV, le parti politique du Maire. Lors du dernier conseil municipal, à l'occasion de la présentation de la délibération-cadre sur la culture, deux habitants sont intervenus pour rendre compte des "ateliers citoyens" sur la culture. Ateliers auxquels ont participé 22 personnes seulement, et dont l'un des participants choisi pour parler au conseil a finalement refusé car la Municipalité ne tenait aucun compte des aspirations des Grenoblois mais voulait simplement faire lire sa feuille de route. 

A droite, Guillaume Laget, citoyen "indépendant" chargé des négociations d'EELV pour les élections départementales.

LA MASCARADE NE FONCTIONNE PLUS

Rien de nouveau sous le soleil du système Piolle, qui prône la transparence et la participation à longueur de journée mais, dans les faits, verrouille tout de façon opaque et clanique. Preuve en est : pour obtenir la communication d'une simple étude sur la rénovation de l'ancien musée de peinture, Alain Carignon (Président du Groupe d'Opposition), a dû saisir officiellement la CADA (Commission d'Accès aux Documents Administratifs). Cette mascarade ne trompe plus personne.

 

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