PETITE CHRONIQUE DE L’INSÉCURITÉ DU QUOTIDIEN

Un rapide tour d'horizon des faits divers des derniers jours permet de constater qu'à Grenoble, l'insécurité est toujours aussi prégnante dans le quotidien des Grenoblois.

UN BAR SACCAGÉ

Mercredi, rue Ampère, deux individus ont débarqué en scooter dans un bar pour saccager l'établissement avant de prendre la fuite. Le tout en plein après-midi, devant plusieurs témoins, témoignant bien du sentiment d'impunité totale qui règne en ville.

Rue ampère. Aucun quartier n'est épargné par la violence et les dégradations.

UN VIGILE AGRESSÉ

Lundi, avenue Albert 1er de Belgique, c'est un vigile de supermarché qui a été agressé par une personne prise en flagrant délit de vol à l'étalage. Plutôt que d'obtempérer, il a utilisé du gaz lacrymogène contre l'agent de sécurité. Le monde à l'envers.

HOCHE : LE STREET-ART AU SERVICE DU STUP

À Hoche, où le trafic de stupéfiants gangrène le quartier et pourrit la vie des habitants, les dealers ont bien compris que le street-art plait à la municipalité. Ils se sont donc permis de réaliser une fresque, enfin effacée ce lundi, qui représentait deux personnages de la série "Les Simpson" les yeux rougis par le cannabis, vantait la qualité de leurs produits et donnait leurs prix. Le deal se développe en toute tranquillité à Grenoble : à Mistral, les trafiquants avaient déjà envahi les réseaux sociaux de leur marketing. À Hoche, ils s'approprient un peu plus l'espace public.

La fresque des dealers à Hoche. Photo : Place Gre'net

LES RODÉOS SE POURSUIVENT...

Lundi, un jeune de 16 ans a été interpellé avec deux amis de 13 et 14 ans alors qu'il faisait du rodéo sur le parking d'Alpexpo... au volant d'une voiture volée. Partout, les Grenoblois se plaignent de ces rodéos incessants : sur les Boulevards, sur le Cours, au Village Olympique, à Vigny-Musset, à Mistral... Outre les nuisances sonores notamment la nuit, ils mettent en danger les habitants et notamment les enfants, comme on l'a encore récemment vu avec ce garçon de 5 ans blessé en Seine-Saint-Denis.

Les rodéos urbains, fléau particulièrement présent à Grenoble.

... LES INCENDIES DE VOITURES AUSSI

Les incendies de véhicules se poursuivent aussi. À Vigny-Musset, des habitants excédés ont écrit au Maire récemment pour se plaindre de carcasses restées des semaines. Extrait : "il est inadmissible que la municipalité ait permis par son inaction que les explosions dans ces quartiers soient la norme et que par conséquent cette norme s'étende vers d'autres zones et se produise en pleine journée. A peine quelques heures plus tard, de nouvelles voitures explosaient sur le parking du village olympique, au total au moins de 6 voitures en moins d'une semaine...". Mardi, lors d'une réunion avec les élus organisée par l'union de quartier, l'adjointe de secteur Chloé Pantel a osé affirmer que « les voitures brûlées ne sont pas celles des habitants ». Une réponse d'une déconnexion sidérante qui a suscité un tôlé général dans la salle : non seulement les voitures sont souvent celles d'habitants, mais les feux se propagent aussi aux véhicules garés à côté. 

Les incendies de voitures se poursuivent : ici à Malherbe.

L'ABSENCE DE RÉPONSES DE LA MAIRIE

En face, la Mairie n'a rien à proposer. Quand on lui parle du deal, l'adjoint de secteur Alan Confesson répond qu'il "faudra peut-être un jour relancer le débat sur la légalisation du cannabis". Concernant la situation catastrophique à Hoche, l'adjointe à la "tranquillité publique" Maud Tavel explique qu'elle a eu une réunion du conseil de prévention de la délinquance la semaine dernière et qu'ils ont "fait le constat que le deal sur le parc Hoche s'installait de plus en plus". Encore et toujours des constats. Pour le concret, ils n'ont rien à proposer : la sécurité est leur angle mort idéologique, ils ne parviennent pas à s'y attaquer. Et les Grenoblois payent les pots cassés.

VIGNY-MUSSET : UN COMMERCE QUI POURRIT LA VIE DES RIVERAINS

Lors de la réunion de quartier Vigny-Musset, une autre habitante a soulevé le problème d'un commerce avenue Marie Reynoard qui attire des personnes alcoolisées (le commerce n'a pas de licence pour en vendre) et droguées attroupées autour, agressives avec les habitants et suscitant de nombreuses nuisances sonores. « C’est tout le quartier qui est en train de s’embraser », alerte-t-elle après avoir expliqué qu'il y a quelques jours, il y a eu une bagarre avec des machettes. Une pétition a été lancée et les voisins alertent depuis des années. Réponse de l'adjointe de secteur aux habitants qui signalent que la situation ne s'améliore pas depuis au moins deux ans que le problème est connu : "on ne fait pas rien, on suit les dossiers". Avec le succès qu'on connait, comme pour tous les dossiers qu'ils "suivent".

Le commerce en question était auparavant situé à la Villeneuve... où un incendie volontaire l'avait détruit. Photo : Le Crieur.

À QUAND UN PLAN SÉCURITÉ POUR GRENOBLE ?

Depuis le début du mandat, le Groupe d'Opposition propose régulièrement l'adoption d'un "plan sécurité" pour s'attaquer au problème sous tous les angles avec la mise en place d’un PC opérationnel 24h sur 24 relié à des caméras de vidéoprotection, le renforcement et l’armement de la police municipale, l’assermentation des personnels des bailleurs sociaux sur la base du volontariat afin qu’ils puissent dresser procès-verbal, l’expulsion des HLM des dealers condamnés pour trafic de drogue. Alors qu'il y a urgence à agir, la majorité d'Eric Piolle refuse encore de se saisir de ces propositions.

Lors du dernier conseil municipal, l'intervention d'Alain Carignon, Président du Groupe d'Opposition, pour rappeler à Eric Piolle les propositions en matière de sécurité.
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