“CAPITALE VERTE”: L’OPÉRATION DE COM’ SE RETOURNE

 

« On annonce par exemple un atelier couture et sensibilisation le 19 janvier à 14 h 30 au Thé à coudre ; une conférence en ligne “Les petits chercheurs”, le même jour à 15 h 30, pour le jeune public ; un concert improvisé sur les sons de la nature, le 20 janvier à 19 h 30 au Musée ; l’inauguration des nichoirs du Passage du marché, le 22 janvier. De premières dates qui illustrent l’esprit de Capitale verte 2022  qui se veut accessible, citoyenne, participative et novatrice » écrit sans rire - ou pour rire? - Isabelle Calendre (DL du 6/1/22) pour lancer « capitale verte ».

POUR APPLAUDIR PIOLLE LES EMPLOYÉS COMMUNAUX ÉTAIENT PAYÉS EN HEURES SUP'

Après l’inauguration du 15 janvier ou les employés municipaux étaient invités à venir applaudir le Grand Timonier moyennant le paiement de leur présence en heures supplémentaires, ce » programme » aggrave l’impression de remplissage d’une année de communication vide d’actions sérieuses sur l'écologie pour la ville 

 

L'OPPOSITION DEMANDE DES OBJECTIFS CHIFFRÉS, DES INDICATEURS PARTAGÉS

Le groupe d’opposition, en particulier par la voix de Nicolas Pinel , est monté plusieurs fois au créneau pour demander des objectifs chiffrés en matière de lutte contre la pollution, avec des indicateurs à la portée de tous permettant d’associer les citoyens à une véritable marche en avant de la ville. Ce que de son côté le collectif « Grenoble à Cœur » demande aussi : «  Pour qu’elle réussisse, l’écologie grenobloise devrait être caractérisée par des indicateurs mesurables et mesurés qui permettraient d’avancer objectivement. Ce n’est pas le cas actuellement, alors que cette méthode correspondrait bien aux gènes de la ville, dont la culture est fortement scientifique. »

Jusque là Éric Piolle a tout refusé en bloc se contentant de monter une opération de communication avec gros financement publicitaire local.

 

UN LABEL TRÉS PEU CONVOITÉ

Le label « capitale verte » qu’il a déniché, ne donnant pas lieu à une redoutable concurrence, décerné sur dossier par un Commissaire Européen Vert ne suscite à ce jour aucun intérêt hors les murs grenoblois .Grenoble succédant à Lathi (Finlande) dont personne n’a jamais entendu parler, a peu de chances d’être valorisée avec un titre si peu convoité.

É.PIOLLE SPÉCIALISÉ DANS LA RECHERCHE DES LABELS 

Éric Piolle est un spécialiste de la recherche de ce type de récompense. On se souvient qu’il avait même déniché un comité Théodule qui décernait le titre de «  meilleur Maire du monde «  après avoir lui-même accumulé une série de prix dont certains ne lui avaient jamais été attribués ! Rappelons que Grenoble est "amie des ainés, amie des enfants" ... a signé de multiples chartes sur tout et rien.

LE DL NE RETIENT PAS L'OUVERTURE DE CAPITALE VERTE DANS LES TEMPS FORTS 2022

 On comprend que les médias locaux, couverts de publicité à cette occasion, se fassent les porte parole de cette communication. La presse est aussi une industrie avec ses contraintes.  Mais même le DL d'ailleurs, dans ses pages nationales,  ne retient pas le lancement de "Grenoble, capitale verte Européenne" le 15 janvier prochain dans ses "temps forts" de l'année 2022. Il y a des limites à tout. 

En tout cas,  les questions de fond, au lieu d’être enterrées, surgissent avec une acuité encore plus affirmée à l’occasion de cette opération. Les citoyens pourraient devenir plus vigilants et moins «gogoïsables » …

 

"GRENOBLE à COEUR" : COMMENT FAIRE QUE CE NE SOIT PAS SEULEMENT de la COM' ?

Ainsi le collectif « Grenoble à Cœur » qui regroupe Unions de Quartiers, Unions commerciales, citoyens intervient-il avec une pertinence particulière  dans une tribune publiée par le site d’information en ligne Place Gre’Net en posant l’interrogation qui fâche : » comment faire pour que Grenoble capitale verte ne soit pas seulement un événement de com’ » ?

Relevant que » pour l’instant, Grenoble a prévu de dépenser 13,4 millions d’euros pour « capitale verte » (tout en empruntant 14 millions en 2022…), dont seulement 17 % d’investissement dans des travaux divers », le reste étant tout com’ .

POURQUOI GRENOBLE N'A T-ELLE QU'UNE SEULE STATION DE MESURE DE LA POLLUTION ?

Le collectif rappelle que des villes capitale verte, comme Lisbonne, ont par exemple profité de l’opportunité pour « investir dans la constitution d’un réseau de 658 capteurs et 80 stations de mesures de la qualité de l’air, des nuisances sonores et des microclimats urbains. » Et de demander : » pourquoi Grenoble n’a‑t-elle qu’une seule station de mesure « urbaine trafic » (terminologie Atmo) ? Clermont-Ferrand, par exemple, en a trois pour une population nettement inférieure. À ce manque, s’ajoute la honte de l’absence d’étude d’impact environnemental de « Cœur de Ville Cœur de Métropole » (CVCM) ( fermeture de Grenoble NDLR). Aussi l’évolution de la pollution au NO2 dans les rues de Grenoble est-elle vue au travers de calculs virtuels, bien plus que connue par de vrais chiffres mesurés. Avec toutes les erreurs que cela implique. Ces manques sont-ils satisfaisants pour une « capitale verte »?

 

 

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE BOUCHONS SUR LA POLLUTION ?

Grenoble à Cœur enfonce le clou : « Quelles sont les conséquences de la non-fluidité du trafic sur la pollution ? Négatives écrit le Cerema : « les émissions sont importantes à très faible vitesse (jusqu’à 30 km/h environ), ce qui signifie que les situations de congestion du trafic routier sont très pénalisantes du point de vue de la qualité de l’air.»

GRENOBLE 4 ÈME VILLE LA PLUS CONGESTIONNÉE de FRANCE 

« Pourquoi ne sont-elles toujours pas évaluées à Grenoble, alors que c’est d’évidence nécessaire ? En effet, selon Inrix, Grenoble est la 5e ville la plus embouteillée de France alors qu’elle était 10e en 2016. « CVCM » a accru la congestion de 13% montre le « Inrix Congestion Index », passé de 3,8 en 2016 à 4,3 en 2017. TomTom, autre société experte en analyse du trafic, a classé Grenoble en n°4 des villes les plus congestionnées en 2018, 2019 et 2020 !

POURQUOI Éric PIOLLE REFUSE T-IL DE RÉPONDRE à CES QUESTIONS ?

« Quels sont précisément les taux de congestion sur les axes les plus empruntés ? Avec quelles conséquences sur la qualité de l’air, pour les usagers et pour les riverains ? Des équipements gagneraient à être mis en place pour que cela soit mesuré, accompagnés de moyens internet permettant au citoyen d’accéder aux chiffres en toute transparence. »

Ces questions sont souvent posées par Alain Carignon au nom du groupe d’opposition en particulier au moment des décisions d’urbanisation en bordure des axes pollués et ne reçoivent jamais de réponses. Pourquoi ?

 

LES POLLUANTS DANGEREUX POUR LA SANTÉ N'ONT PAS BAISSÉ PENDANT LE CONFINEMENT

Même problématique concernant le chauffage au bois et le chauffage urbain à propos desquels la cécité municipale est particulièrement grave pour la santé publique : « Le trafic est principalement émetteur de NO2, le chauffage au bois essentiellement de particules fines PM2,5. Leur concentration dans l’air n’a pas baissé pendant le confinement, et elles sont le polluant à l’origine des problèmes de santé et de mortalité prématurée les plus importants. Quel est l’impact sanitaire de la pollution de l’air ? Grenoble à Cœur a interrogé Santé publique France.

DES ÉMISSIONS POLLUANTES PLUS CANCÉRIGÈNES 

« Sur la base des chiffres publiés dans le n°34 du magazine municipal, il se calcule facilement que la « Zone faibles émissions » réduira les PM2,5 de 4 %, ce qui est minuscule en comparaison des 61 % qu’émet le chauffage au bois à Grenoble. C’est plus dérisoire encore en tenant compte des multiples publications qui indiquent que les émissions polluantes sont plus cancérigènes avec le bois qu’avec les carburants.

« De fait, le chauffage au bois est donc l’ennemi n°1 des poumons des Grenoblois. La priorité devrait être de réduire son impact sanitaire. Il faudrait pour commencer travailler à réellement l’évaluer. »

 

LE CHAUFFAGE URBAIN CONSOMME 100 000 TONNES D'ARBRES PAR AN

S’agissant du chauffage urbain le collectif « Grenoble à cœur » affirme « qu’il consomme 100 000 tonnes d’arbres par an, auxquelles s’ajoutent désormais les 85 000 tonnes de la nouvelle centrale Biomax. Vivants, ces arbres captaient du CO2. Brûlés, ils en émettent 63 % de plus que le gaz, selon un rapport de l’office fédéral suisse de l’environnement. Concernant la pollution, Greenpeace Canada accuse le bois d’être pire que le charbon.

« Quelle est l’empreinte carbone réelle du chauffage urbain grenoblois et quelle est sa responsabilité dans la pollution de l’air? 

UNE BAISSE DE LA CLIENTÈLE ET DU CHIFFRE D'AFFAIRES EN VILLE...

Mais contrairement aux cocoricos d’Éric Piolle en la matière et à l’enfumage des « 15 mesures pour la vitalité du cœur de ville » le collectif revient aussi sur la réalité commerciale de la ville : « Au centre-ville, « CVCM » a fait que « du jour au lendemain nous avons constaté une baisse de clientèle et du chiffre d’affaires. Des commerçants ont dû baisser le rideau ou déménager à cause de la baisse de fréquentation et l’impossibilité pour leurs clients de venir chercher la marchandise. » a confirmé l’ex-président de Label Ville. 

 

... EN FAVEUR DES CENTRES COMMERCIAUX DE LA PÉRIPHÉRIE

« En périphérie, des centres commerciaux s’agrandissent et même se créent ! L’adjoint au commerce a défendu l’agrandissement de Grand’Place et la majorité municipale a refusé de demander l’arrêt de Neyrpic, validant ainsi ce que le promoteur a clairement annoncé : « Nous visons en premier lieu les habitants de la vallée du Grésivaudan, car ils ont aujourd’hui du mal à accéder à l’hyper-centre ».

QUEL EST L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU TRANSFERT DES COMMERCES?

« Est-ce cela une « capitale verte » ? Quel est l’impact environnemental du transfert des commerces vers la périphérie ? La nécessité d’une étude sérieuse, qui aurait dû être faite avant « CVCM », s’impose désormais. Ainsi que l’investissement dans des parkings-relais, qui pourraient être connectés au centre-ville par des navettes zéro émissions. »

"GRENOBLE à COEUR" FAIT DES PROPOSITIONS CONCRÉTES 

Les demandes rappelées encore récemment par le groupe d’opposition avec ses 10 mesures pour rétablir la vitalité du cœur de ville rencontrent donc bien un écho partagé. Les propositions se multiplient donc avec les initiatives citoyennes dans ces domaines. «  Grenoble à Cœur » résume les siennes : « stations Atmo, équipements de mesure fine de la congestion avec évaluation des diverses conséquences, incidence sur la santé du chauffage au bois et réduction de celle-ci, « béton de bois », impact environnemental du transfert des commerces vers la périphérie, parkings-relais et navettes. Ainsi que la publication des données sur un site internet, afin que la population et les élus de Grenoble et d’ailleurs puissent en tirer des enseignements »

LES CITOYENS VEULENT SE FAIRE ENTENDRE

On est loin, très loin de la politique de la municipalité toute de virtualités, de babillage, de labellisation d’initiatives évidemment sympathiques , mais aucunement à la hauteur des défis que Grenoble doit affronter. Plus on avance, plus l’épisode tel qu’il est engagé apparaît vide , pauvre et superficiel. Pas certain qu’Eric Piolle parvienne à tenir un an avec un tel programme. Il se pourrait que les citoyens préoccupés de faire avancer Grenoble au plan écologique s'expriment de plus en plus fort.

 

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