TAXES FONCIÈRES : LE MATRAQUAGE GRENOBLOIS

Des villes de sa catégorie (plus de 100 000 habitants) Grenoble est dans la tête pour le taux de taxe foncière.  Surtout largement devant les villes comparables (Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Nantes). Mais ce nouveau record d’Éric Piolle est atténué dans la présentation de statistiques au plan national qui mélangent des villes de catégories différentes et au plan local par une présentation Métropolitaine des taux et des augmentations.

UN FLOU "ARTISTIQUE" QUI GOMME LA RÉALITÉ

Même  le Président de  l’UNPI 38, la chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de l’Isère, Jérôme Aubreton s’y laisse prendre : « elle est dans le top 3 des grandes villes les plus chères de France » répond-il à Jean Benoit Vigny dans le DL (24/10/21). Lequel journaliste dans sa question relève aussi que « les taxes sont historiquement hautes à Grenoble, ça ne date pas d’aujourd’hui ».

LE COCHON DE PAYANT DE PROPRIÉTAIRE 

Ce qui amène Jérôme Aubreton à reconnaître qu’« une fois qu’une collectivité a un budget de fonctionnement, revenir en arrière c’est compliqué». Le tour est joué. Le cochon de payant de propriétaire pressuré de tous les côtés, sommé d’assumer la « mixité sociale «  sous peine d’être un affreux réactionnaire égoïste qui ne veut pas prendre en charge la misère du monde, doit aussi accepter selon Jérôme Aubreton « la préservation de l’environnement sans ambiguïtés, la réglementation environnementale (qui) demande à monter en qualité et ça se paye par l’investissement et le financement ».

L'EXPLOSION DES DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT

Comment oserait-il ce propriétaire poser la question de savoir mais pourquoi donc pour des services qui ne s’améliorent pas le budget de fonctionnement de la ville de Grenoble est passé de 43 % sous Carignon à … 57 % avec Piolle ? Pourquoi la Chambre des Comptes dénonce une augmentation des effectifs de 10 % à la Métropole en sus des effectifs transférés de communes, une absence de mutualisation catastrophique et la construction d’un siège pharaonique de près de 100 Millions d’€ totalement hors du temps ?

DÉGRADATION DE LA VALEUR DES BIENS 

Minoritaire dans une ville qui ne compte que 40 % de propriétaires plutôt modestes dans l’ensemble (au lieu de 50 % dans la moyenne des villes) celui-ci voit également la valeur de son bien se dégrader du fait de la politique de la ville (densification, insécurité, malpropreté…) Même dans le logement social le phénomène est grave. 

 

+ 34 % DE LA TAXE D'HABITATION POUR CERTAINS LOGEMENTS

Pourchassés par tous les bouts : ceux qui ont un logement vacant pour une raison ou une autre subiront une majoration de + 34 % de leur taxe d’habitation soit en moyenne + 160  € par an pour chacun…en a décidé le dernier Conseil Municipal sans que ça les fasse beaucoup tousser. Le groupe d’opposition par la voix d’Alain Carignon avait demandé par amendement que « les problèmes d’insécurité, de délinquance d’insalubrité, de pollution, de densification ou d’absence d’espaces de respiration  du quartier considéré « puissent être pris en compte pour que les propriétaires qui ne peuvent pas louer soient exonérés de cette sur-taxation.

 Leur syndicat est étonnamment silencieux sur ces questions,  source des problèmes 

UNE ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION NON PROTÉGÉE

On dirait qu’on a atteint un point de non-retour : les propriétaires grenoblois sont une espèce en voie de disparition mais qui n’a aucun droit d’être protégée par personne. Les divergences d’intérêt entre promoteurs qui veulent construire, agents immobiliers qui ont besoin de transactions aboutit à en faire une chair à canon abattue sans ménagements. Alors que l’intérêt des uns et des autres serait d’exiger une qualité de vie, des constructions qui prennent en compte les attentes d’espaces de respiration indispensables, afin de relever le niveau de tous. Une stratégie gagnant/gagnant au lieu de perdant/perdant. 

LA RÉVOLTE GRONDE CHEZ LES PROPRIÉTAIRES DE BASE

Outre le mercantilisme à très court terme pour survivre, la culture dominante imposée avec leurs gros sabots par les Rouge/Verts grenoblois écrase tous ceux qui pourraient leur résister. La révolte qui gronde à la base chez tous les propriétaires spoliés d’une manière ou d’une autre attend de pouvoir s’incarner.  A propos des taxes foncières Jérôme Aubreton reconnaît à minima « qu’on atteint un seuil d’intolérance, de non-retour, il n’est plus possible de les augmenter. »

Ce n’est qu’un élément -certes essentiel- de la chasse au propriétaire qui est la marque de la politique grenobloise et Métropolitaine : elle mériterait d’être combattue avec des moyens en rapport avec la menace qui pèse sur lui.  Celle de l’extinction.

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