Me B.BOULOUD : “Y A-T-Il DES GENS QUE LA JUSTICE VEUT PROTÉGER?”

La série des affaires d'Eric Piolle prend un tour rocambolesque. Mardi à 11 heures deux ténors du barreau grenoblois, Me Bernard Boulloud et Me Thierry Aldeguer, tous deux reconnus dans leur domaine, tenaient conférence de presse pour faire le point.

Le premier demandait avec force : "Y a-t-il des gens que la justice veut protéger ? »,

JOURNALISTES NOMBREUX, ATTENTIFS, INTERROGATIFS

Dans un implacable réquisitoire Me Boulloud rappelait les faits accablants et l'étrange calendrier judiciaire qui s'étale en longueur et se perd dans des méandres. Les journalistes étaient nombreux, attentifs, interrogatifs.

LES JOURNALISTES ONT ATTENDU LA POSITION de E.VAILLANT

Rien n'est sorti de cette conférence de presse dans la journée. Visiblement la presse s'était naturellement tournée vers Eric Vaillant le Procureur de la République de Grenoble avant de publier les éléments développés afin de les confronter.

APRÉS 2 ANS D'ATTENTE LA FUMÉE BLANCHE EN UNE JOURNÉE !

On suppose que le Procureur a répondu qu'il allait enfin faire le point de ces affaires et le soir même, vers 22 h la fumée blanche est sortie du parquet Grenoblois après deux ans d'attente !

CIRCULEZ IL N'Y A RIEN A VOIR

La surprise et l'émotion a été générale puisque la réponse consiste à dire qu'il faut circuler et qu'il n'y a rien à voir....

Dés hier, au nom des parties civiles, Me Bernard Boulloud a répondu par un communiqué qui démontre que le parquet grenoblois ne dispose pas des moyens de bloquer ces dossiers malgré sa décision surprenante. Il explique :

"Quelques heures seulement après notre conférence de presse d’hier matin, le procureur de la république informait la presse qu’il avait pris des réquisitions (dont je n’ai pas encore eu copie) d’irrecevabilité et d’incompétence de cette plainte avec constitution de partie civile.

"UNE ENQUÊTE DIRIGÉE PAR LE PARQUET DE VALENCE"

"En effet, les parties civiles n’auraient préalablement pas obtenu l’autorisation du tribunal administratif pour agir en justice pour défendre les intérêts de la commune d’une part, et d’autre part les faits relatifs à la fête des tuiles font déjà l’objet d’une enquête dirigée par le parquet de Valence.

LE PARQUET DE VALENCE ÉCRIT : "RIEN CHEZ MOI " !

"Les parties civiles font dès lors observer,

- "que le parquet de Valence a répondu (par écrit) le 14 février 2019 au conseil des plaignantes qu’il n’y avait « rien » chez lui et rien à l’instruction ;

PAS DE RÉPONSE PENDANT 3 MOIS

-"qu’entre le 28 mai 2019, date à laquelle le parquet de Grenoble a reçu la plainte avec constitution de partie civile et le 6 septembre 2019, date à laquelle les plaignantes ont saisi le doyen des juges d’instruction de Grenoble, le procureur n’a jamais daigné répondre à leur avocat ;

-"la consignation par les parties civiles ordonnée par le doyen des juges d’instruction le 10 octobre 2019 a été versée le 16 octobre 2019 ;

LA CONFÉRENCE DE PRESSE DÉCLENCHE LE RÉQUISITOIRE

-"que du 17 décembre 2019, date à laquelle il aurait reçu la copie de la plainte du doyen des juges d’instruction au 21 janvier 2020 à 10 heures, le réquisitoire n’était toujours pas remis à l’instruction ;

-"que c’est bien la conférence de presse du 21 janvier 2020 qui a finalement fait réagir le parquet de Grenoble. Dont acte !

"Ce qui stupéfait les plaignantes :

-"c’est l’absence de réponse du parquet entre le 28 mai 2019 et le 16 octobre 2019, date à laquelle il sait -via la presse- que la consignation a été remise à la régie du tribunal de grande instance de Grenoble ;

Nous diffusons la vidéo de l'intervention de Me Bernard Boulloud devant la presse:

"COPIE POUR INFORMATION AU MAIRE DE GRENOBLE...."

-"c’est, le 25 octobre 2019, la notification de classement sans suite adressée à leur conseil par le procureur, soit 9 jours après la consignation précitée et Page 2 sur 2 près d’un mois et demi après le dépôt de la plainte entre les mains du doyen, avec bien curieusement copie pour information au maire de Grenoble (?).

LE CLASSEMENT SANS SUITE : SEULEMENT LE CRÉDIT AGRICOLE

-"Dans cette notification de classement sans suite il n’est pas fait état d’une quelconque irrecevabilité de la plainte du 28 mai 2019. Le classement sans suite ne concernait que le volet « Crédit Agricole » ne relevant selon lui d’aucune qualification pénale ;

-"le volet « Fête des tuiles » faisant quant à lui l’objet d’une enquête dirigée par le parquet de Valence.

LE DOYEN DES JUGES EST SEUL COMPÉTENT POUR STATUER

"A titre liminaire, rappelons donc que,

-"le doyen des juges d’instruction est seul compétent pour statuer sur la recevabilité d’une plainte avec constitution de partie civile ;

-"le procureur de la république ne donne qu’un avis. Et c’est justement cet avis que nous attendions depuis des mois ;

-"le doyen des juges d’instruction peut passer outre les réquisitions du parquet ; ce d’autant plus qu’un des faits invoqués par les plaignantes est de nature criminelle.

POURQUOI LE DOYEN DES JUGES PAS SAISI DEPUIS JUIN 2018 ?

-"Au-delà, mes clientes se posent notamment les questions suivantes : - Pourquoi, depuis juin 2018, le parquet n’a-t-il toujours pas lui-même saisi le doyen des juges d’instruction (que ce soit celui de Valence ou de Grenoble) ? Qu’attend-t-il exactement ? Cela éviterait bien évidemment aux plaignantes d’attendre l’écoulement du délai de deux mois suivant une requête au conseil municipal de Grenoble puis encore les délais d’intervention du tribunal administratif.

"PRENDRE SON TEMPS AVEC CETTE AFFAIRE ?"

-"À moins que l’on veuille délibérément prendre son temps avec cette affaire ?

-"La Chambre Régionale des Comptes -dont les magistrats sont particulièrement aguerris en matière de finances publiques- aurait-elle alors rendu des conclusions hâtives, non fondées en fait et en droit ?

LA VILLE DE GRENOBLE PARTIE CIVILE ?

-"Enfin et surtout, pourquoi la ville de Grenoble ne s’est-elle pas encore constituée partie civile dans cette affaire ? Va-t-elle le faire et dans quel délai ?

Tous ceux qui suivent les dossiers judiciaires s'étranglent de constater le fonctionnement de la justice à l'égard de la gravité des faits établis par les juges financiers.

Le GAM : "DU FOUTAGE DE GUEULE"

Ainsi pour le Groupe d'Analyse Métropolitain (GAM) qui produit aussi son analyse il ne s'agit de rien moins que "du foutage de gueule".

Mais ces opérations de retardement ne changent évidemment rien au fond qui demeure et auquel Eric Piolle, d'une manière ou d'une autre ne pourra échapper.

UNE HAIE SUPPLÉMENTAIRE EST FRANCHIE

Ce qui est au premier abord une manoeuvre pour gagner du temps est aussi un éclaircissement : une haie supplémentaire est franchie pour établir la vérité sur les affaires : le Procureur a été contraint de répondre.

E.PIOLLE : LES PROCHAINES ANNÉES AVEC CETTE PROCÉDURE

Vouloir enjamber l'élection municipale n'est pas un bon calcul : réélu ou opposant il vivra les prochaines années avec le déroulement des procédures et leurs inéluctable conclusion.

LE FLÉAU DE LA JUSTICE SE RAPPROCHE INÉLUCTABLEMENT

En cas de réélection il placerait Grenoble en otage avec toutes les conséquences qu'on imagine. Bref la série connait des rebondissements, comme toutes les bonnes séries. Mais à chacun d'eux le fléau de la justice se rapproche inéluctablement.

Demain l'intervention de Me Thierry Aldeguer sur les liens entre Raise Parner, Eric Piolle et les subventions des collectivités locales

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