ESPACE PUBLIC et PUBLICITÉ : LES TRICHEURS

Il ne s’est trouvé personne au Conseil Municipal de lundi pour dénoncer l’occupation éhontée de l’espace public par la propagande municipale, la dégradation entrainée par l’affichage dit « libre » du fait de l’amoncellent des affiches aux pieds des panneaux  dont la laideur souille la ville. En fin de mandat, tétanisés, les conseillers municipaux semblent vivre dans une bulle : ce sont les derniers que la majorité Rouge/Verts endors encore ! 

La pub Decaux c’est sexiste, notamment “Aubade”, tandis que la pub de la municipalité Piolle évite de choquer les enfants et ne se préoccupe que “de l’épanouissement des jeunes citoyens…”

LA RECETTE DECAUX AURAIT PERMIS DE GARDER OUVERTE LA PISCINE des IRIS 

Selon Eve Moulinier (DL du 5/2/19), à l’issue du débat sur le règlement de la publicité dans la ville,  Eric Piolle aurait  été « bien content de voir que ses oppositions n’étaient plus aussi virulentes qu’avant » (!). 

Il semble que dans une ville exsangue financièrement, incapable de tenir debout son patrimoine, aux impôts les plus élevés de France, la perte de la recette Decaux de 650 000 € par an (x 6  années = 3,9 M€)  soit presque anecdotique pour tout le monde. Rappelons pour avoir un ordre d’idée que cette somme représente à peu près le double de la mise en état de l’ancien Musée de Peinture, la moitié de la réhabilitation de la Tour Perret, elle aurait permis de laisser ouverte la piscine des Iris à Villeneuve et d’empêcher que le gymnase des Trembles ne soit pas inutilisable les jours de pluie ! Mais le conseil Municipal s’en moque.

LES TOTEMS HIDEUX ONT REMPLACÉ LES COLONNE MORRIS 

Le réel ne pénètre plus le bd Jean Pain, même sans protection des CRS  et l’irresponsabilité financière gagne tout le monde.  

Personne, semble t il également,  n’a souligné la qualité d’un choix (!) ayant abouti à remplacer les élégantes colonnes Morris Decaux  par des Totems hideux, qui ne tenaient pas debout, engageant tout de même une dépense de l’ordre de 300 000 € pour rien. Le choix unilatéral du Maire en faveur d’un prestataire pour le mobilier urbain -ces caisses en bois   représentatives de la Roumanie au temps de Ceauscescu-   sans appel d’offres démontre également qu’on peut accepter sans barguigner  les leçons du Grand Timonier et de ses sbires ? 

LA PROPAGANDE MUNICIPALE A ENVAHI L’ESPACE PUBLIC 

Lundi soir la majorité Rouge/Verts faisait ce qu’elle sait faire : causer et se poser en arbitre des élégances sur ces sujets comme sur les autres. Voilà que l’impact négatif « des publicités sur les esprits n’est plus tabou » tandis qu’occuper la place de Verdun pour dénoncer les contrôles de la police au faciès  dans une ville Number One de France pour la délinquance violente est un acte de pédagogie. Ou bien financer une « œuvre «  montrant la police matraquant la République, symbolisée par une femme à terre, ne relève pas de « la pollution visuelle » dénoncée par Lucille Lheureux  (Verts/PG) également très compétente pour parler de l’espace public dont elle est responsable. Sa réussite est telle qu’on peut lui faire confiance sur «le niveau d’exigence à partir de 2020 » auquel elle a appelé. Faut le faire.

LES TOTEMS ONT SOUILLÉ VISUELLEMENT LE PATRIMOINE

Ceux qui ont mis hors d’état  le patrimoine de la ville  comme la souligné avec précision la Chambre Régionale des Comptes sont très sensibles « aux enjeux patrimoniaux » a osé dire aussi l’inénarrable Alan Confesson  (Verts/PG) qui  veut interdire la publicité à proximité des bâtiments remarquables. Parce que ce n’est pas déjà le cas ? On se souvient du superbe Totem de propagande installé devant l’ensemble Musée de l’Evêché et Cathédrale ou encore devant l’église St Louis et aussi dans les parcs qui avaient été à l’abri de la pub’jusqu’à l’arrivée des Verts au pouvoir local !

CONTRE LE CONSUMÉRISME, POUR LES GILETS JAUNES

Ces tartuffes n’ont visiblement été contredits par personne et on comprend pourquoi tout le monde peut se féliciter qu’Alain Carignon ne puisse être le porte-parole des Grenoblois au Conseil Municipal. Les Rouge/Verts peuvent dérouler leurs poncifs sans que les grosses tâches ne viennent modifier leur tableau. La publicité n’est pas la seule à véhiculer des clichés et elle ne résume pas le « consumérisme «  sur lequel la majorité municipale a fait haro en soutenant les gilets jaunes qui réclament du pouvoir d’achat. 

E .PIOLLE VEUT INTERDIRE LA PUBLICITÉ NUMÉRIQUE DANS LES VITRINES 

L’objectif de la municipalité en légiférant sur la publicité est notamment » d’éduquer les enfants » comme si en matière de sexualité et de consommation les panneaux qui demeurent encore étaient la première source d’information des adolescents. Par contre on peut s’inquiéter de confier l’éducation des enfants à la municipalité. D’ailleurs elle demande aussi l’interdiction des publicités numériques dans les vitrines des magasins. Mais pourquoi autorise t-elle encore les magasins ? Ou bien pourquoi n’interdit elle pas tous ceux qui relèvent d’une consommation non agréée par elle ? 

L’ENVIRONNEMENT URBAIN ENLAIDIT PAR LA PUBLICITÉ DES COLLECTIVITÉS

De plus la publicité n’est pas la première cause de cet environnement urbain non maitrisé avec cette multiplicité des panneaux, banderoles,  sans aucune homogénéité produits par la Métro, la ville et toutes les SEM qui développent chacune leur  com’ créant de la laideur dans chaque rue et dans un désordre perturbant y compris pour le piéton. 

Il est tout de même choquant que ceux qui sont à la tête de toutes ces entités n’aient pas trouvé le moyen de mettre de l’ordre, de la qualité, de la beauté dans toutes ces expressions mais prétendent légiférer opportunément sur la publicité devenue un facteur résiduel dans les villes. 

 

E.PIOLLE NE VEUT PAS RÉPONDRE SUR LES FONDAMENTAUX 

En mettant ce “dossier” à l’ordre du jour prioritaire du Conseil Municipal alors qu’il s’agit simplement de donner un avis à la Métro qui doit élaborer la réglementation, Eric Piolle voulait s’accorder un moment de paix en chassant tous les sujets qui fâchent et notamment les manifestants qui lui réclament un référendum sur les démolitions de Villeneuve. En brodant sur le thème de la publicité qui n’a pas bonne presse dans le public, il tente de récupérer le vent, et surtout évite de répondre sur les fondamentaux inquiétants de sa gestion : attractivité, emploi, valeur des biens, insécurité, impôts, ruine financière, bétonisation… Qui ne lui sont pas posés. C’est toujours ça de gagné.

Ce qui peut marcher dans un petit cénacle n’échappe pas  à l’immense majorité des Grenoblois qui gronde de plus en plus et attend de s’exprimer pour mettre fin à cette mascarade. 

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