DÉPLACEMENTS : Y.MONGABURU ÉTRILLÉ PAR LA COMMISSION D’ENQUÊTE

Le rapport de la Commission d’enquête sur le Plan de Déplacement Urbain est une sorte de supplice chinois pour Yann Mongaburu le “Président” (Hamon/Ades) du SMTC. Pratiquer la langue de béton avec constance en avalant des boas à un rythme soutenu est une sorte d’exploit!

C’est peu dire que la commission d’enquête “est peu convaincue que ce plan s’attaque radicalement à la pollution de l’air” comme le note le site d’information Place Gre’Net. La commission observe “un budget contraint et des investissements lourds reportés après 2030″.

LA MUNICIPALITÉ PROMET TOUT POUR 2030…

A travers ces remarques on retrouve toute la duplicité et l’opacité des annonces de la municipalité Piolle qui promet tout pour 2030… afin de faire oublier ses 120 engagements pour 2020. Ça rejoint sa campagne électorale sur fonds publics qui doit démarrer jusqu’aux élections :”ateliers 2030″. Tout est com’ et marketing.

ENQUÊTEURS : “DES DÉLAIS DIFFICILEMENT ACCEPTABLES”

« Au regard des enjeux environnementaux […], déclare la commission, ces délais sont difficilement acceptables. »

Le compte n’y est pas, martèle la commission d’enquête. Un budget en adéquation avec les enjeux environnementaux, poursuit-elle, aurait permis de “tendre plus rapidement vers l’objectif de 47 % de réduction des émissions de GES [gaz à effets de serre, ndlr] que le SMTC s’est fixé à partir du Paec [plan air énergie climat, ndlr] de Grenoble-Alpes Métropole”.

Y.MONGABURU ( Hamon/Ades) SE TIENT ÉLOIGNÉ des USAGERS

Côté méthode Mongaburu la commission n’est pas plus tendre : «L’enquête publique a mis en évidence une certaine distance entre le SMTC et les usagers», taclent les rapporteurs. Ajoutant la leçon que la majorité ne veut jamais entendre : « Afin d’éviter au maximum des dysfonctionnements à venir, la commission suggère que ces comités soient plus nombreux et couvrent «tout le territoire de la métropole à des échelles pertinentes ». Quant à leur composition, il serait bon que les comités rassemblent systématiquement des élus locaux, les usagers, les associations locales, Grenoble-Alpes Métropole, etc. Ce qui n’a pas été le cas.

PREMIÉRE MUNICIPALITÉ IMMOBILE SUR LE TRAM

On le sait cette municipalité sera la première depuis les années 80 à ne pas ajouter un km de ligne de tram à son bilan ! Dans ses recommandations, la commission d’enquête « s’inquiète de la faible ambition du PDU en matière d’extension du réseau de tramway ». Il convient, selon elle, que « la problématique d’extension du réseau de tramway soit réétudiée, et mise en regard, en termes de montants d’investissement… avec d’autres investissements lourds (métrocâble) d’ici 2030 ».

LE CÂBLE EST OUEST SÉVÉREMENT JUGÉ

Car cette dépense absurde au regard de son intérêt pour les déplacements d’un câble entre St Martin le Vinoux et Sassenage est sévèrement jugée aussi par la commission d’enquête : Elle incite le SMTC à « ré-analyser » ce projet d’infrastructure, en partenariat avec les associations représentatives des usagers. Une façon polie de demander à la Métro de revoir sa copie. Car le flux des véhicules (120 000 /jour) vient de Voreppe, Nord/sud, pas Est ouest !

LA PÉNALISATION DES PLUS PAUVRES

Pas de chance pour les khmers verts la commission est également inquiète des mesures brutales qui vont pénaliser les plus pauvres que nous avons si souvent dénoncées ici. Elle propose que la zone à faible émission (ZFE) soit étendue progressivement « afin de ne pas pénaliser les personnes à revenus modestes et les petites entreprises ».

Elle critique le choix du SMTC d’écarter la solution du trolleybus pour remplacer les bus diesel.

CONDAMNATION DU TARIF de STATIONNEMENT RÉSIDENT

Elle remue aussi le couteau dans la plaie sur le stationnement résident. On le sait Eric Piolle avait récusé le résultat de la votation citoyenne à l’occasion de laquelle 66 % des Grenoblois avaient voté contre le matraquage des résidents. Il a fallu que le tribunal administratif le condamne à rembourser 4 600 d’entre eux pour le calmer. la commission d’enquête invite le SMTC à revoir les tarifs de stationnement résidents. Il est « nécessaire […] afin de faciliter le changement de comportement des habitants [et de] les inciter à utiliser leur voiture le moins possible, de leur permettre [en contrepartie] de la garer à un coût socialement acceptable ».

PRÉS DE 25 000 MÉNAGES SANS STATIONNEMENT

Ce thème du stationnement fait l’objet de deux recommandations de la part de la commission d’enquête publique. Le PDU s’empare, selon elle, peu de cette problématique qui touche tout particulièrement les citadins. « Les actions du PDU pour le stationnement longue durée des véhicules des 23 300 ménages de Grenoble ne possédant ni garage, ni place privative ne sont pas à la hauteur du problème », regrette-t-elle. Encore la commission ne prend pas en compte la bétonisation intensive qui se poursuit avec un nombre de place de parking par logement construit de plus en plus faible.

Produisant d’ores et déjà des tensions considérables dans les quartiers type Presqu’île et demain esplanade.

LES TER ET RER A LA TRAINE

Côté RER à la grenobloise, malgré les rodomontades de Yann Mongaburu, l’agglomération n’avance pas. Les TER Moirans/Gières ont été lancés par les municipalités Carignon dans les années 80 ou la Métropole prenait de l’avance et depuis lors aucune avancée décisive n’a été obtenue.

PAS DE TER RAPIDES ET FRÉQUENTS ENTRE GRENOBLE ET LYON

On parle de la future halte ferroviaire de Domène entre Grenoble et Chambéry pour … 2023 mais bien entendu rien n’est possible entre Moirans et Lyon puisque l’ancienne voie est paralysée par le passage des TGV, l’agglomération n’ayant jamais demandé -à fortiori obtenu- une ligne à grande vitesse permettant de libérer la ligne ancienne pour des TER rapides et fréquents. Aucune réserve foncière pour cette ligne n’est même prévue dans le Plan D’Urbanisme (PLUI) de l’agglo pour les 20 prochaines années. Quand on vous dit que nous avons les phares de l’humanité comme élus locaux.

DEPUIS 1987 LES ÉLUS N’ONT PAS SU ÉLABORER UN PDU

Au final la commission d’enquête donne un avis favorable -malgré ces réserves- et il ne pouvait en être autrement. Depuis 1987, date à laquelle le Plan de Déplacements avait été adopté sous l’autorité d’Alain Carignon, la Métropole phare a été dans l’incapacité d’en adopter un ! 30 ans après il est difficile aux commissaires enquêteurs de rendre encore inapplicable cette version. D’autant qu’elle berce plus de mots qu’elle n’engage d’actions concrètes au service des déplacements et de la protection de la planète.

Source : article PDU 2030 : Yann Mongaburu réagit à l’avis favorable mais nuancé de la commission d’enquête | Place Gre’net– Place Gre’net

Soutenez le collectif : partagez cet article et faites découvrir le site à vos proches !

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *