Gilles MARTY, architecte : « UNE MAIRIE PRÊTE à TOUT POUR IMPOSER UN URBANISME STALINIEN »

 

Un internaute nous a fait parvenir la lettre rédigée par Gilles Marty, architecte , à propos de la bétonisation du site Galtier , cours de la Libération à proximité de la cité Mistral.

Il avait tenté -en vain- de sauver une maison art-déco de 1930, un jardin, des arbres, une bio-diversité quitte à ce que celle-ci soit affectée à une crèche ou autre équipement afin que la diversité du quartier soit préservée. Sa fille Gloria, 13 ans,  avait adressé une lettre émouvante et vraie à Eric Piolle lequel avait répondu un « niet » sans appel.

« LORQU’IL S’AGIT de RÉALISER des TABLES de PING PONG NOUS AVONS DROIT à UN BATTAGE MÉDIATIQUE »

Gilles Marty avait déjà démasqué avec pertinence les méthodes mises en place par la municipalité pour tromper les grenoblois en matière de concertation:   » lorsqu’il s’agit de réaliser des tables de ping pong au Parc Paul Mistral, nous avons droit, en tant qu’habitant et contribuable grenoblois à un battage médiatique sans précédent, à une votation citoyenne (rien de moins) et au placardage sur la place Victor Hugo d’un foisonnement de propositions et de projets . Etrangement quand il s’agit d’urbaniser….  » avait il écrit.

V.FRISTOT et M.BOILEAU ÉLUS  (Verts/Ades) APPLIQUENT UNE POLITIQUE à FRONT de TAUREAU

Sa lettre du 7 janvier synthétise la politique à front de taureau qui est conduite à Grenoble par la municipalité Piolle, mise en oeuvre par deux élus Verts/Ades particulièrement dogmatiques, Vincent Fristot et Maryvonne Boileau qui sont aux manettes de la ville pour l’un depuis bientôt 18 ans et pour l’autre depuis bientôt 12 ans au logement ! Ils démultiplient à la folie toutes les évolutions négatives permises par la paresse intellectuelle du couple Destot/Safar qui a dormi 19 ans au détriment de Grenoble, se laissant dicter la doctrine urbaine par ses alliés.

Grenoble, 7 janvier 2018

LETTRE de Gilles MARTY, ARCHITECTE 

« Poursuivant une rocambolesque série de péripéties, Le Dauphiné Libéré nous apprend que Grenoble Habitat assigne au Tribunal de Grande Instance de Grenoble, et pour 2,3 millions d’euros, les familles de riverains qui ont osé poser un recours contre un projet de logements sur le site de l’ancien garage Galtier le long du Cours de la Libération.

« IL FAIT APPEL à la VENDETTA POUR ARRIVER à SES FINS » 

« Après l’ignorance, le mépris, la manipulation, voilà que cet organisme de Logement Social, vêtu de ses oripeaux de bailleur « social », fait maintenant appel à la menace et la « vendetta » pour arriver à ses fins, dans la plus grand mépris de tous les engagements de campagne de nos élus grenoblois.

« Je ne peux donc m’empêcher, en tant qu’ancien occupant des lieux, et par solidarité avec mes anciens voisins, de prendre la plume pour évoquer cette opération urbaine d’une rare absurdité, tout en espérant un sursaut d’intelligence pour en stopper le cours inquiétant.

« GALTIER SE DEVAIT D’ÊTRE UNE OPÉRATION URBAINE EXEMPLAIRE » 

« Reprenons les faits

« Par sa position stratégique à l’angle du Cours Jean Jaurès et de la Rue des Alliés, par sa visibilité et par son ampleur, l’opération Galtier, résultant de la destruction du garage éponyme, se devait d’être une opération urbaine exemplaire en terme d’intelligence architecturale, d’invention sociale, de concertation citoyenne, de qualité des espaces publics et d’écologie urbaine.

« Cependant, ce fut tout l’inverse qui advint…

« PRÉTEXTANT LE SACRO-SAINT PRINCIPE de la DENSIFICATION URBAINE… »

« Prétextant le sacro-saint principe de la « densification urbaine », dont personne ne maîtrise ni les tenants ni les conséquences, tant du point de vue esthétique, social, qu’urbain, la ville valida le Permis de Construire de Grenoble Habitat pour une opération de logements d’une densité extrême et d’une banalité architecturale affligeante, dont la ville de Grenoble à désormais fait sa marque de fabrique.

« IL FALLAIT SACRIFIER UN des RARES TÉMOINS de L’HISTOIRE ARCHITECTURALE ART-DÉCO GRENOBLOISE » 

« De plus, pour que cette opération soit commercialement rentable, il fallait sacrifier la belle maison des années 1930 et son joli jardin que nous occupions, adjacente au terrain Galtier, un des rares témoins de l’histoire architecturale art-déco grenobloise du Cours Jean Jaurès. Cette maison, comme bien d’autres, fut donc sacrifiée suivant une politique de destruction systématique du patrimoine, menée par une mairie qui fait ainsi, plus qu’aucune autre, le jeu des promoteurs 

« IL FALLAIT ABATTRE de GRANDS ARBRES de 70 ANS d’ÂGE, ANÉANTIR LA BIO-DIVERSITÉ » 

« Il fallait aussi abattre de grands arbres de soixante-dix ans d’âge et anéantir la biodiversité que ce jardin abritait depuis des décennies, faune et flore. On se prend à chantonner le petit air de Jacques Dutronc « De grâce, de grâce, Monsieur le promoteur… » qui en soixante ans n’a rien perdu de son actualité à Grenoble.

« J’AURAIS TANT AIMÉ VOIR NOTRE MAIRE de GRENOBLE ABATTRE LUI-MÊME TOUS CES BEAUX ARBRES »

« J’aurais tant aimé voir notre maire de Grenoble abattre lui même à la tronçonneuse tous ces beaux arbres et les découper de ses propres mains. Ça aurait eut du panache ! C’eut été au moins le signe que nos élus sont capables d’assumer leurs convictions et de payer le prix fort de leurs idées radicales. Car quel est le prix réel d’un arbre de 70 ans en pleine santé dans une ville bétonnée comme Grenoble ? Certainement des dizaines de milliers d’euros en terme écologique.

« LES BULLDOZERS FIRENT TRÈS VITE DANS L’ESPOIR de FAIRE DISPARAÎTRE UNE ESPÈCE PROTÉGÉE » 

« Comme des familles de hérissons peuplaient le terrain, les bulldozers firent très vite pour raser la maison et le jardin dans l’espoir de faire disparaître à jamais toute trace de vie de cette espèce protégée par une directive européenne qui en interdit la destruction, le déplacement et en préserve intégralement l’habitat. Là, on ne peut que tirer son « chapeau » à cette grande mairie écologique qui piétine allègrement la réglementation européenne de protection des espèces en danger. Donald Trump ne devrait pas tarder à féliciter notre mairie d’un « tweet » pour cette action courageuse…

SDF DANS des ALGECOS: « UNE VENGEANCE, UNE PRESSION CONTRE CEUX QUI ONT DÉPOSÉ UN RECOURS »

« Après avoir, à l’époque, publiquement suggéré de nous déloger de notre maison pour y accueillir des émigrés en situation irrégulière (quel tact…), voilà que la Directrice de Grenoble Habitat (1) projette maintenant de loger une quarantaine de SDF dans des Algécos sur le terrain de la maison détruite, juste sous les fenêtres de mes ex-voisins. Un esprit mal tourné pourrait y voir une sorte de vengeance, voire une forme de pression psychologique à l’encontre de mes ex-voisins qui ont eut l’outrecuidance de déposer un recours contre ce projet urbain ultra-dense, conçu suivant un plan d’ensemble n’ayant ni queue ni tête, sans aucune étude urbaine préalable digne de ce nom.

« PROPOSONS AU MAIRE de GRENOBLE d’ACCUEILLIR UNE CINQUANTAINE de SDF AU PIED de CHEZ LUI.. » 

« Un esprit critique se demanderait forcément pourquoi on leur impose une telle cohabitation sans qu’aucune concertation n’ait été organisée auprès du voisinage. Qui connaît bien ce quartier, proche de la Cité Mistral, sait que son équilibre est précaire, fait d’un mélange fragile de milieux sociaux très différents qui cohabitent.

 

« Un esprit facétieux ferait une contre proposition : proposons donc à la Madame la Directrice de Grenoble Habitat et à Monsieur le Maire de Grenoble d’accueillir, eux aussi, au pied de chez eux une cinquantaine de SDF chacun, histoire de prouver leur compassion par leur engagement personnel.

« UNE MAIRIE PRÊTE à TOUT POUR IMPOSER UN URBANISME STALINIEN » 

« On le voit bien, tout ici est mené ne dépit du bons sens et au mépris de tous les engagements de campagne de nos élus, respect de tous, concertation citoyenne, écologie urbaine, innovation sociale, écoute et enrichissement réciproque… par une mairie frappée d’une amnésie totale et prête à tout pour imposer son urbanisme stalinien.

A.SEMBAT: « CE VIDE SIDÉRAL, MÉTAPHORE de CE QUI SE PASSE DANS LA TÊTE de NOS ÉLUS » 

« Quelques pensées me sont toutefois venues pour comprendre les ressorts profonds de leurs actions, en observant simplement qui se déroule à Grenoble sous nos yeux.

« Quand j’observe le désert que sont devenus des Boulevard Agutte-Sembat et Edouard Rey, transformés en autoroutes à vélos sans vélos, je me dis que ce vide sidéral, balayé par les courants d’air, ne peut être que la métaphore de ce qui se passe dans la tête de nos élus.

« LE BEAU C’EST BOURGEOIS, INUTILE ET ÇA COÛTE CHER… »

« Quand j’observe la médiocrité de tout ce qui se crée et se bâti aujourd’hui dans l’espace urbain à Grenoble, architectures dans les quartiers historiques, mobilier urbain, aménagements temporaires, espaces verts… je ne peux m’empêcher de croire que le « laid » est leur matrice de pensée, car le beau c’est bourgeois, c’est inutile et ça coûte cher.

« GRENOBLE VA SUBIR LA PAUPÉRISATION de SAINT ETIENNE »

« Quand je vois à quelle vitesse la ville de Grenoble se dégrade du point de vue patrimonial, commercial et économique, au profit de cités régionales beaucoup plus attractives, je suis persuadé qu’ils ne voient pas venir la paupérisation urbaine que Grenoble va tôt ou tard subir, comme Saint-Etienne l’a subie, s’ils restent sur leur trajectoire inepte.

« ILS ONT PLUS D’UN SIÈCLE de RETARD POUR PENSER LA VILLE »

« Quand je me rends compte que ces décideurs ne raisonnent qu’en chiffres (le nombre de logements sociaux à construire, la densité à maintenir, la rentabilité de telle ou telle opération…), et qu’en flux (piéton, vélos, voitures…) je comprends que leur matrice est celles des économistes du XIXeme siècle et qu’ils ont plus d’un siècle de retard pour penser notre ville.

« J’AURAIS AIMÉ QUE CETTE BIODIVERSITÉ SOIT PROTÉGÉE, ÉTENDUE à D’AUTRES ESPACES VERTS »

« J’aurais aimé voir cette belle maison art-déco préservée et restaurée pour être réhabilitée en crèche ou en centre social.
J’aurais aimé que cette biodiversité, paisiblement installée là depuis des décennies, soit protégée, étendue à d’autres espaces verts, afin de la faire fructifier et de l’enrichir.

« J’aurais aimé que de belles architectures innovantes et de qualité s’incarnent dans ce contexte urbain privilégié
Nous aurions tous aimé que les habitants du quartier puissent activement participer à la réinvention de leur environnement

« Mais j’ai compris, de cette expérience absurde, qu’ils étaient totalement dénués d’une qualité essentielle et vitale : L’IMAGINATION.

« Et je ne suis pas loin de croire, qu’en en étant privés, ils la détestent, tout autant qu’ils méprisent le beau et méconnaissent l’histoire. »

Gilles Marty

(1) Ce type de décision est prise par les politiques, en l’occurrence Maryvonne Boileau Présidente de Grenoble-Habitat qui demande à sa directrice générale de faire paravent pour affronter le mécontentement

TIRER à NOUVEAU GRENOBLE VERS LE HAUT, VERS LA QUALITÉ DE VIE 

Sur tous les tons, par tous les arguments, de toutes les strates de la société grenobloise, la politique dogmatique est condamnée. Le désir de tirer à nouveau Grenoble vers le haut, vers la qualité de vie,  de retrouver de l’attractivité, une ville diverse et aérée telle qu’Alain Carignon et les collectifs de citoyens qui travaillent avec lui le proposent se manifeste.

Il est souhaitable que, dans le respect des convictions de chacun, tous apportent leur expertise et leur contribution afin de définir ensemble cet avenir commun qui permette à Grenoble de se comparer à nouveau à ses vraies concurrentes, plutôt qu’à Saint Etienne.

LES TÉMOIGNAGES CITOYENS QUI S’ACCUMULENT DISENT TOUS la MÊME CHOSE de l’AVENIR de GRENOBLE

Il faut organiser une alternance en se rappelant que la dernière municipalité d’ouverture a été celle d’Alain Carignon qui regroupait majoritairement la société civile, un groupe de la nouvelle gauche et des élus de droite . C’est à nouveau cet élan qu’il incarne. Les témoignages citoyens qui s’accumulent disent tous la même chose de l’analyse et du devenir de Grenoble. Ils doivent s’additionner afin d’engager le débat avec les grenoblois.

F.T

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