Waly DIA, humoriste : « LES TALENTS LOCAUX, ON NE LES AIDE PAS… »

CENTRE VILLE : UNE NOUVELLE PÉTITION de PROTESTATION
MARCHÉ de NOËL : O.BERTRAND (Verts/Ades) ANNONCE et SE DÉMENT

Le théâtre est venu envahir l’hôtel de ville. Les Musiciens du Louvre ont organisé de multiples protestations. Le Festival du Cirque s’est transporté à Voiron. Les bibliothécaires et le usagers sont vent debout contre la trahison de l’engagement de maintenir et développer le réseau de bibliothèques. MC2 était en grève ces jours derniers et des grenoblois venant y assister ont été privés de concert. Le rétrécissement du CNAC/Magasin sur une frange politique dogmatique vient encore de faire l’objet d’un article critique de Nicolas Bourriaud dans le dernier numéro de « Beaux Arts Magazine ». Le  » Ciel », la salle des musiques d’aujourd’hui créée par la municipalité Carignon, était menacée…

C.BERNARD (Verts/Ades) APPLIQUE LES CONSIGNES AVEC UN STAKHANOVISME BORNÉ

Le secteur culturel est à la dérive depuis que Corinne Bernard l’Adjointe (Verts/Ades) applique avec un stakhanovisme borné les consignes du clan au pouvoir de fermer les portes et les fenêtres à tout ce qui ne leur ressemble pas. Ici aussi les habillages des faux « comités de suivi » et autres bavardages ont sauté en éclat.

Avec un franc parler et une fraicheur qui font plaisir l’humoriste Waly DIA, d’origine grenobloise, ajoute son témoignage vécu à cette litanie. Sa franchise éclaire crûment la monstruosité de cette bureaucratie Stalinienne mise en place pour étouffer toutes les initiatives non agréées et mettre au pas les acteurs du monde culturel.

W.DIA : A GRENOBLE « IL Y A TROP DE FRUSTRATIONS, LES GENS SONT TROP MALMENÉS » 

Dans le DL (24/12/17) il  rappelle son lien avec Grenoble: « Je suis parti à 20 ans pour Nantes, mais ma famille vit toujours là-bas. J’y ai encore énormément d’amis. Mon kif, ce serait d’arriver à organiser un festival d’humour à Grenoble parce qu’on n’a pas grand-chose. Parfois, le public grenoblois a mauvaise réputation à travers la France… Quand on connaît l’histoire de cette ville, il y a trop de frustration, les gens sont trop malmenés et ils expriment ça sur les gens de l’extérieur. » 

Pour lui  « à Grenoble, il y a des choses à faire avec le ski. Ça pourrait être une alternative au Marrakech du rire. Eux ils ont les riads, nous on a les montagnes (rires). On peut y arriver. »

« JE NE ME SUIS PRIS QUE DES PORTES » 

Waly Dia explique : « J’ai appelé des salles de 200-300 places à Grenoble en leur disant que c’était ma ville, qu’il y avait quelque chose à faire… Je ne me suis pris que des portes ! J’ai même appelé la mairie, où j’avais travaillé, pour essayer d’avoir le théâtre municipal par exemple. Impossible ! Et lorsque le spectacle a marché, ils m’ont tous rappelé. Mais là, par principe, j’ai refusé : c’était trop facile. J’ai donc joué à Gières, à Saint-Martin-d’Hères, mais pas encore à Grenoble, à part avec le Jamel Comedy Club. »

« LES TALENTS LOCAUX ON NE LES AIDE PAS, AUCUN SOUTIEN, ZÉRO » 

Très déçu il raconte:  « Le problème, c’est que même les talents locaux, on ne les aide pas. Il n’y a aucun soutien. Zéro ! Et j’en ai fait les frais. Je voulais simplement jouer dans ma ville, avec des gens qui me connaissent… Je comprends que les salles puissent avoir peur, mais il faut essayer. À la Maison de la culture, il y a une salle de 200 places, juste à côté du Village olympique, où j’habitais. Et ils ne prennent pas un mec qui habitait à côté ? En revanche, ils vont choisir un mec en slip qui danse devant des grandes portes par exemple… C’est leur définition de la culture, ce n’est pas celle de la population. »

« C’EST LA SEULE VILLE DE FRANCE QUI TOURNE COMME ÇA »

Ajoutant : »C’est que c’est une minorité qui décide. À Grenoble, il y a une capacité de dingue, c’est une ville jeune. Il y a plein de choses à construire, mais ces “décideurs”, ce n’est pas leur truc… alors que partout c’est leur truc : à Montpellier, à Lyon, à Bordeaux, à Paris, à Nantes mais pas chez nous… C’est la seule ville de France qui tourne comme ça. Prenons aussi l’exemple du Stade des Alpes. Il y avait tout pour rentabiliser ce stade. À une époque, il y avait même les Black Eyed Peas qui voulaient venir mais comme ça ne leur parlait pas, à ces décideurs, ils ne l’ont pas fait ! Ils ont dit : “J’aime pas”. Et il y a des milliards d’exemples comme ça. On s’est fait squeezer un nombre de trucs hallucinant. On paye des impôts locaux, mettez-nous des artistes qu’on aime, qui sont populaires ! »

« J’AI DÉCOUVERT QU’IL Y AVAIT ÇA PARTOUT MAIS PAS CHEZ NOUS »

Waly Dia détaille les ratés de la municipalité :  «  je vais d’abord faire une tournée de rodage dans des cafés-théâtres mais je ne pourrai pas aller à Grenoble car il n’y en a pas. Ça me déprime… J’ai aussi envie de créer ça ici. On pourrait avoir plein de nouveaux talents et même les plus grands comme Jamel ou Franck Dubosc, qui viendraient tester leur spectacle ici. Les cafés-théâtres, c’est une chance d’avoir des artistes émergents et confirmés mais à Grenoble, nous sommes privés de ça. Quand je suis arrivé à Nantes, j’ai vu Florence Foresti et Patrick Timsit tester leur spectacle dans une petite salle de 150 places. J’ai trouvé ça hallucinant et j’ai découvert qu’il y avait ça partout, mais pas chez nous ! « .

MUNICIPALITv PIOLLE : LA GLACIATION CULTURELLE 

Peut être l’inimitable Corinne Bernard qui avait jugé qu’un an de manifestations des bibliothécaires et des usagers signifiait que « les grenoblois ont mis la lecture publique dans l’agenda politique  » (!) jugera t elle maintenant,  après sa terrible interview,  que Waly Dia a mis « l’humour dans le calendrier politique »…. 

La municipalité Piolle fait entrer Grenoble dans une période de glaciation culturelle. Tous les artistes et créateurs qui ont connu cette période regrettent le temps de l’extraordinaire vitalité culturelle créatrice de la municipalité Carignon : théâtres, musées, soutien aux créateurs, aux artistes.

D.BERRAMDAME: « LE SEUL MAIRE de GRENOBLE….  C’EST Alain CARIGNON… »

Comme l’a rappelé Diden Berramdame en quittant la direction de son Théâtre : « Le seul maire de Grenoble qui se soit vérita­blement intéressé à Sainte­ Marie­ d’en­ Bas, qui l’ait do­té des moyens nécessaires et qui ait suivi mes spectacles, c’est Alain Carignon ! A croire que la gauche, pour qui j’ai toujours voté, a perdu le sens de la culture « (DL du 12/7/15).

Cette accumulation qui fait régresser la ville doit connaitre une fin. Le travail des collectifs de citoyens autour d’Alain Carignon aboutit à dégager de nouvelles ressources pour donner libre court au foisonnement culturel diversifié qui fait la richesse de Grenoble. Comme le dit Waly Dia « on pourrait avoir plein de nouveaux talents ». Ils existent en effet. A la place d’un mur, il faudrait simplement leur ouvrir des portes.

 

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