A.CARIGNON sur J.D’ORMESSON:  » UNE TRACE dans les COEURS »

DÉMOCRATIE LOCALE : les GRENOBLOIS DÉSERTENT les PARODIES
SAMEDI 16h : RUÉE au CENTRE VILLE

 » Il évoquait légèrement,avec une gaité rare,  des idées profondes » témoigne l’ancien Ministre Alain Carignon qui a eu le privilège de le connaitre. «  Mais comme tout les grands fauves, il était un bloc. De subtilité, d’intelligence, de culture, de contradictions, d’élégance, mais un bloc: pas de différence entre  l’homme privé et l’homme public comme tous les hommes authentiques que j’ai rencontré » 

L’ACADÉMICIEN ARISTOCRATE, NOUVEL ICÔNE des BRANCHÉS 

« Roger Stéphane , un autre écrivain oublié que j’ai bien connu disait à propos de Malraux dont il était très proche, » il n’y a pas d’André » . Avec D’ormesson on pouvait peut être dire « Jean » mais tout était D’ormesson. Devenu populaire sur le tard ,  l’Académicien aristocrate,  nouvelle icône des branchés, a promené avec délectation son regard pétillant de malice, d’intelligence et de séduction sur nos écrans , répondant à tout sur tout.  Les médias gauchisants  oubliant qu’il conseillait de lire Proust et Flaubert   » en essayant d’éviter Sartre « … 

IL NOUS A ÉMERVEILLÉS de SON ÉTONNEMENT D’ÊTRE LA 

« Par l’écrit et par la parole il nous a émerveillés de son étonnement naïf d’être là plutôt que de ne pas être. Son bonheur contagieux teinté de mélancolie dans ses derniers livres ( » le temps s’en va,  le temps s’en va « Ronsard) a irrigué la littérature, les émissions et  les journaux auxquels il a collaboré. 

Rendons hommage au passage à la belle  tradition du « Figaro » de placer des écrivains de grande qualité à sa tête. Le lecteur évite ainsi les éditos aboyeurs, abêtissants , sans recul, sans culture, sans hiérarchisation  qui suivent la meute du jour dans une chasse à courre contre l’homme ou  la phrase traquée du moment, lot de l’essentiel de la presse.  

DU HAUT du FIGARO, IL NE CEDA RIEN à MITTERRAND 

 Jean D’ormesson régna sur « Le Figaro  » après tant d’autres grandes plumes tel Alain Peyrefitte , à partir de 1974 et tiendra une rubrique jusqu’en 1983, intervenant ensuite régulièrement. On lui doit le premier éditorial féroce contre F.Mitterrand après son élection en 1981. Il ferraillera toujours contre lui malgré toutes les tentatives du nouveau Président pour le séduire. Finalement François Mitterrand rendra les armes.  C’est avec Jean D’ormesson  qu’il prendra son dernier petit déjeuner avant de quitter l’Elysée. N’était ce pas un clin d’oeil appuyé à cette vieille droite élégante et cultivée , qui ne s’en laisse pas conter, qui porte la permanence des choses à laquelle,  au fond de lui, Mitterrand appartenait ? 

«  J’AI PEUR de MOURIR SOUS HOLLANDE… » 

Sur Hollande il faut conserver «Il n’est pas homme d’État, j’ai peur de mourir pendant son quinquennat et la pensée que Hollande puisse me rendre hommage me terrifie»…

En  disant  « presque rien sur presque tout » le trait de  Jean D’ormesson visait toujours juste. Convaincu et tolérant, aimé par les Français qui ont compris  qu’il n’y a jamais rien eu de bas dans l’expression de ses opinions, il a toujours conservé – teintée d’humour- une certaine hauteur dans le débat et n’a jamais participé à une intrigue. 

UNE TRACE DANS LES COEURS 

Comme il le reconnaissait lui-même  » on ne sait si on est un grand écrivain seulement 20 ou 30 ans après la mort.  » On ne peut donc savoir ce que la postérité retiendra  de l’oeuvre de Jean D’Ormesson. Mais notre époque à la certitude de perdre l’un de ses observateurs les plus avisés , les plus fins et les plus généreux. En partageant ses connaissances avec tant de disponibilité , il a réussi ce à quoi il aspirait profondément: « laisser derrière soi une rumeur qui fait qu’on n’a pas pensé exclusivement à soi mais aussi aux autres » .  

A l’heure du mystère de la mort, n’est ce pas l’essentiel , cette trace invisible, telle celle d’un oiseau dans le ciel, qui s’inscrit  dans les coeurs? 

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