BOUCHONS GRENOBLOIS : A QUI LA FAUTE?

« Deux décennies que notre agglomération connait des problèmes de congestion, rien n’a été fait jusqu’à présent,  il n’y avait même pas une étude engagée » a lancé Eric Piolle (Verts/PG) au Conseil Municipal du 10 juillet à propos de l’élargissement de A 480 (St Egrève/Pont de Claix) et de l’échangeur du Rondeau.

Vincent Fristot (Verts/Ades), lui,  s’affirmait  heureux de « sortir de l’ornière un vieux dossier » tandis que Yann Mongaburu (Verts/Ades) toujours excessif dans le faux  ( « certains ont la mémoire courte !« ) et qui a visiblement démâté se félicitait lui-même à la 3 ème personne, se hissant du col comme 3 ème personnage de l’agglo : « qui a en juin 2014 a lancé les études sinon le Maire de Grenoble, le Président de la Métro et… le Président du SMTC ». 

DES PERDREAUX de L’ANNÉE ARRIVENT AU POUVOIR de L’AGGLO

A les entendre on croyait des perdreaux de l’année arrivant au pouvoir de l’agglomération. Le Président de la Métro, Christophe Ferrari (PS) – tout beau , tout nouveau- faisant comme s’il n’était pas auparavant Vice Président aux Finances de Marc Baïetto (PS) depuis 2008.

JUSQU’EN 2008 L’AGGLOMÉRATION  DIRIGÉE par UNE COALITION PS/PC/VERTS/ADES…

Mais qui donc n’a rien fait depuis deux décennies ? Le même Vincent Fristot déjà élu dans la majorité PS/Verts/Ades de M.Destot en 1995 avait donc laissé le dossier dans l’ornière ? Son compère Raymond Avrillier (Verts/Ades), le parrain de l’actuelle municipalité,   alors Adjoint au Maire, Vice-Président de la Métro, Claire Kirkyacharian (Verts/Ades) déjà élue elle aussi en 1995 et actuellement… Première Vice Présidente de la Métro. Pierre Kermen ( Verts/Ades) élu jusqu’en 2008 à de postes clefs (Adjoint à l’urbanisme) casé aujourd’hui par E.Piolle Directeur Général de la SEM Innovia ..

… ELLE AVAIT REFUSÉ TOUS LES ÉLARGISSEMENTS 

Jusqu’en 2008 cette agglomération qui n’avait engagé « aucune étude » était dirigée par une coalition d’élus  PS/PC/Verts/Ades.

Ces élus ont siégé dans la majorité de Didier Migaud, Président PS de la Métro de 1995 à 2010 et ont volontairement laissé les dossiers de contournements de l’agglomération « dans l’ornière ». Ils ont bloqué la rocade Nord, arrêté Grenoble-Sisteron au Col du Fau, et refusé tous les élargissements afin de ne pas créer « d’aspirateurs à voitures »  (Y.Mongaburu). Ils ont empêché qu’aucun dossier de financement de contournement de l’agglomération ne soit déposé pour un contrat de plan Etat/Région.

J.WIART (Verts/PG) INQUIET « DU RISQUE D’AUGMENTATION DU TRAFIC DU à la FLUIDITÉ » 

Le 10 juillet encore, au Conseil Municipal qui émettait les réserves sur A 480 afin que ce dossier y demeure, dans l’ornière, un dogmatique, Jacques Wiard (Verts/PG) s’inquiétait toujours sans rire  du « risque de l’augmentation du trafic du à l’augmentation de la fluidité ».

Le même au passage qui refuse l’étude d’impact pour fermer Grenoble mais jugeait « défaillante » celle qui a été réalisée pour élargir A 480.  Ils osent tout.

LES ÉLUS PS SE SONT INCLINÉS  DEVANT LA MENACE des VERTS 

C’est la pression de la minorité verte menaçant Didier Migaud, Michel Destot, André Vallini (avant qu’il ne soit à l’abri au Sénat) qui ont imposé ces blocages et empêché toute avancée. Au passage les Maires communistes de St Martin d’Hères, Echirolles (mention spéciale à Renzo Sulli)  Fontaine qui siégeaient également dans l’exécutif de la Métro portent une lourde responsabilité devant leurs populations victimes de la pollution due aux bouchons qui se sont créés.

Aujourd’hui dans une double sémantique totalement contradictoire, ils voudraient se poser en sauveurs d’un dossier qu’ils n’ont jamais traité alors que leur principal allié, celui dont ils dépendent pour leurs postes, la municipalité Grenobloise, fait tout pour le bloquer.

GRENOBLE ÉMET UN AVIS DÉFAVORABLE AU LANCEMENT de la DUP …

Car après ces envolées lyriques, MM Piolle, Fristot, Mongaburu, Wiart ont développé tous les freins qu’ils posent à l’enquête publique qui engage l’élargissement de A 480. D’ailleurs Vincent Fristot a été clair au Conseil Municipal: « la ville de Grenoble émet un avis défavorable dans le cas ou ses réserves ne sont pas levées ». Comme elles ne peuvent pas l’être, relevant d’impossibilités techniques (Catane) ou juridiques (la vitesse est limitée à 70 km/h par arrêté préfectoral) cet avis négatif demeurera.

… ET ALIMENTE LA MACHINE AUX RECOURS 

Mais il s’agissait aussi d’alimenter la machine à recours permettant de bloquer le dossier. Raymond Avrillier en a déposé un à propos de l’autorisation donnée par le Ministre des Finances aux sociétés d’autoroutes de réaliser ces travaux. Ainsi alors que la municipalité Piolle votait le protocole d’accord avec l’AREA pour ces travaux son parrain en attaquait l’essence.

GRENOBLE : 5 ème et 7 ème BOUCHONS NATIONAUX 

Cette duplicité dans les positions démontre une adaptation dans la forme tandis que le fond ne varie pas. Nos Rouge/Verts grenoblois préfèrent que Grenoble subisse les 5 ème et 7 ème bouchons Nationaux (le Rondeau et A 480) qui sont les deux premières sources de la pollution automobile de l’agglomération, que les populations riveraines en soient victimes, plutôt que de céder au dogme.

ENGAGEMENT N°54 : « METTRE FIN à L’ÉLARGISSEMENT de A 480 » 

Sauf que ce grand écart établit aussi leur faiblesse politique. Il prouve qu’ils ne peuvent plus s’opposer frontalement, sans biaiser, sans tricher aux réalités des déplacements et de la pollution.  Faut il en effet que celles-ci soient fortes pour que leur engagement N°54 , à savoir « nous mettrons fin aux projets d’élargissement de A 480″ soit officiellement et publiquement trahi par la signature du protocole avec l’AREA.

Guy THUSCHER : « L’ÉLARGISSEMENT des ROUTES, C’EST PAS LA COP 21 »

D’ailleurs Guy Tuscher, membre de la liste Piolle qui a quitté la majorité n’a pas manqué de remuer le couteau dans la plaie au Conseil Municipal en rappelant qu’on pouvait difficilement estimer que ces crédits de 300 Millions d’€ pour l’élargissement des routes répondent aux objectifs de la COP 21! Insistant sur la prolongation de la concession à Area, l’augmentation du tarif des péages, la clause de stabilité fiscale consentie à Area et les bénéfices des actionnaires. N’en jetez plus ! La tête des autruches était dans le rouge.

LA MUNICIPALITÉ PIOLLE PERD SUR LES DEUX TABLEAUX 

En voulant jouer l’un et l’autre, le pour et le contre, la municipalité perd sur les deux tableaux. Elle n’est audible par aucun des deux camps. Le « révolutionnaire » Alan Confesson (Verts/PG) venant pleurer sur les propriétaires dont « la valeur des biens va se déprécier » à cause des nuisances engendrées par l’élargissement n’aura pas été le plus mauvais moment comique de la soirée du Conseil Municipal du 10 juillet. Comique si ce n’était dramatique pour ceux qui ont été spoliés jusque là par une baisse régulière du prix des logements.Dus à une ville dégradée, paupérisée, polluée par les bouchons  et… inaccessible.

3 % DES DÉPLACEMENTS DOMICILE-TRAVAIL PAR CO-VOITURAGE   

D’autant qu’en rappelant les chiffres du co-voiturage (3 % des déplacements domicile-travail) les 1,06 personnes par voiture qui est le taux moyen de remplissage, Jacques Wiart se faisait Hara-Kiri lui-même. On sait que les potentialités de développement de ces modes de déplacement  sont le « nouveau pétrole » de Christophe Ferrari qui joue au zélé de Piolle.

REMPLISSAGE des VOITURES : « DES RESSOURCES CRUCIALES » (C.FERRARI PS) 

Lors d’un débat récent de la Métro  (DL du 1/7/17) les élus ont identifié  en effet «  un certain nombre de ressources inexploitées ou sous­ exploitées qui apparais­sent cruciales au regard des enjeux de la transition écono­mique et écologique.” Les places de voitures vides, voilà un exemple de “ressources sous­ exploitées” cité par Christophe Ferrari,. «Il y a plus de places vides dans les voitures des particuliers que dans les transports en commun », a abondé Klaus Habfast, vice­ président et rapporteur »(!).  

Quelle nouvelle !

DES QUARTIERS CONSTRUITS SOUS DES SOUFFLERIES à POLLUTION

Mais il faudra un peu de temps malgré les mesures coercitives, les obligations et les fermetures.  Or les bouchons nationaux sont là. La pollution aussi. Les quartiers construits en bordure de A 480, de la Rocade Sud l’ont été sous des souffleries à pollution et les conséquences sur la santé des populations concernées sont élevées.

A Bouchayer-Viallet, l’école ou le gymnase Vallier ce n’est pas en 2022, après d’éventuel travaux favorisant la fluidité de A480 que les usagers seront victimes de la pollution. C’est maintenant. A cause de l’étranglement.

LE RISQUE d’UN DOSSIER ENCALMINÉ QUELQUES TEMPS ENCORE 

Au vu de l’histoire locale à laquelle les Rouge/Verts Grenoblois participent depuis maintenant  22 ans dont 16 années  aux responsabilités clefs dans l’exécutif de la Métro, des différentes manipulation judiciaires (recours) et des acrobaties sémantiques pour exprimer tout et son contraire, il est à craindre que ce grand dossier de développement et d’attractivité, essentiel pour l’emploi, ne soit encore encalminé quelques temps.

La faute aux mêmes.

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